Les neurosciences sont l’un des domaines de la recherche biomédicale qui avancent le plus rapidement, comme le démontre un rapport publié par le Wellcome Trust sur ce sujet en 1999. Cela n’est pas étranger au vieillissement des populations dans les pays occidentaux, où l’OMS prédit que le poids des maladies associées aux désordres du système nerveux ne fait que s’alourdir, aussi bien en termes humains et qu’économiques. Au Royaume-Uni en 1990, les maladies mentales à elles seules coûtaient au gouvernement britannique environ 6,1 milliards de livres (environ 8 milliards d’euros), soit 25 % de la totalité des dépenses dues aux arrêts maladies et aux handicaps.
Les neurosciences s’intéressent à l’étude du système nerveux au sens large (le système nerveux central (SNC, cerveau et moelle épinière) et le système nerveux périphérique, SNP) : structure, fonction, évolution, développement, génétique, biochimie, physiologie, pharmacologie, informatique, modélisation mathématique et pathologie entre autres. Alors que ce domaine appartenait aux sciences biologiques, les avancées technologiques de ces dernières années ont quelque peu modifié la donne, et l’on retrouve aujourd’hui les neurosciences indissociables de disciplines telles que les sciences cognitives et la neuropsychologie, l’informatique, les statistiques, la physique ou la médecine.
L’essor des techniques empiriques, telles que la génétique ou la biochimie, utilisées par les scientifiques pour mener leurs travaux, permet ainsi l’étude comportementale et moléculaire de cellules nerveuses individuelles ; les progrès effectués dans les techniques d’électrophysiologie, d’imagerie ou de modélisation permettent, quant à eux, leur étude physiologique sensorielle et motrice. Les progrès effectués dans la connaissance et la compréhension des cellules nerveuses, en particulier du SNC, couplés au vieillissement de la population britannique et à l’augmentation du nombre de personnes âgées sujettes à des troubles neurologiques, a fait des neurosciences un domaine de recherche prioritaire. Ce domaine, qui couvrait jusqu’alors principalement la recherche fondamentale, s’est fortement élargi pour englober une large part de la recherche clinique. Il s’agit cependant d’un domaine si large et varié qu’il n’existe pas de stratégie britannique unique en la matière. On retrouve en revanche des textes législatifs, stratégies, plans d’actions et réseaux spécialisés en santé mentale ou visant des maladies particulières.
Ce dossier se penchera tout particulièrement sur la cadre institutionnel de la recherche en santé, sur les acteurs de la recherche publique en neurosciences et les financements mis à disposition, avant de dresser une liste (non exhaustive) des thématiques de recherche en neurosciences étudiées dans les centres d’excellence britanniques.
Dossier rédigé par DR Claire Mouchot