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La participation britannique à la mission Venus Express

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La sonde Venus Express et ses sept instruments embarqués - source : ESA

Le 9 novembre 2005, la mission Venus Express de l’Agence Spatiale Européenne (ESA pour European Space Agency) a été lancée avec succès du pas de tir de Baïkonur (Kazakhstan) à bord d’une fusée russe Soyuz. Au préalable, le lancement avait été repoussé par deux fois, tout d’abord du fait d’un problème lié au booster de la fusée soviétique, puis du fait d’une contamination découverte dans le carénage de la fusée contenant l’engin européen.

Après avoir voyagé cinq mois pour atteindre Vénus, la sonde Venus Express restera environ 500 jours en orbite autour de la planète afin de l’étudier. L’engin devrait fournir une étude détaillée de la structure, de la chimie et de la dynamique de l’atmosphère de Vénus : cette atmosphère est caractérisée par des températures et des pressions extrêmement élevées ainsi que par un très important effet de serre.

Des scientifiques britanniques des Universités d’Oxford et de Sheffield, d’Imperial College, du laboratoire Rutherford Appleton (du conseil de recherche CCLRC) ainsi que du laboratoire Mullard Space Science Laboratory de University College London (UCL) sont impliqués dans la mission, quoiqu’aucun ne soit leader sur l’un des sept instruments scientifiques embarqués. Ainsi, les chercheurs d’Oxford ont participé à la planification de la mission et aux opérations scientifiques. Le Mullard Space Science Laboratory et le Rutherford Appleton Laboratory ont tous deux joué un rôle dans la construction puis dans l’opération de ASPERA-4, un analyseur plasma qui sera chargé d’étudier les interactions entre les vents solaires et l’atmosphère. Pour la première fois sur Vénus, ASPERA-4 mesurera de façon détaillée le flux de particules quittant l’atmosphère de la planète ainsi que les particules composant le vent solaire.

Les scientifiques d’Imperial College et de l’université de Sheffield ont, quant à eux, participé à la conception et à la construction du magnétomètre. Cet instrument étudiera comment les vents solaires interagissent avec l’atmosphère de Vénus pour donner à cette planète non magnétique un champ magnétique induit. Ces deux instruments sont complétés par :

- la caméra VMC (pour Venus Monitoring Camera) qui imagera la planète dans l’infrarouge, l’ultraviolet et le visible ;
- VeRa (pour Venus Radio Experiment) qui utilisera la liaison radio entre la sonde et la terre pour étudier l’ionosphère de Vénus mais également la densité, la température et la pression prévalant dans l’atmosphère de la planète (de 35-40 à 100 km de la surface) ainsi que les propriétés électriques et les irrégularités de la surface ;
- le spectromètre UV et InfraRouge SPICAV qui recherchera les petites quantité d’eau que les chercheurs s’attendent à trouver dans l’atmosphère de Vénus ainsi que les composés soufrés et l’oxygène moléculaire ;
- le spectromètre visible-IR VIRTIS étudiera la composition de l’atmosphère entre la surface et 40 km d’altitude ;
- le spectromètre planétaire à transformée de Fourier (le PFS pour Planetary Fourier Spectrometer) mesurera avec une grande résolution la température de l’atmosphère entre les altitudes de 55 à 100 km et recherchera l’activité volcanique de surface.

Les instruments SPICAV, PFS, ASPERA-4, VIRTIS et VeRa ont déjà été utilisés dans le passé, soit pour la mission Mars Express soit pour la mission Rosetta.

L’industrie britannique est également impliquée via le groupe EADS Astrium, le contractant principal pour la sonde, le système de propulsion ayant été conçu, construit et testé à Stevenage, site britannique de la compagnie. Par ailleurs, la société britannique SciSys Ltd a fourni le logiciel de contrôle de la mission.


Sources : PPARC, 10/11/05 et 17/10/05 ; ESA ; Imperial College, 17/10/05

Auteur : Dr Anne Prost