Un récent sondage, effectué auprès du corps médical, montre une forte inquiétude sur le bon déroulement de la modernisation technologique du système de santé britannique. Malgré des efforts de communication pour le National Programme for IT (programme national pour les technologies de l’information et de la communication, NPfIT) de la National Health Service (Agence national de la santé, NHS), les médecins accueillent mal cette transition.
Il est important de rappeler les principaux objectifs du projet NPfIT qui coûtera entre 30 et 45 milliards d’euros. Le plus grand projet civil mondial en STIC permettra aux 50 millions de patients du Royaume-Uni d’avoir un enregistrement électronique de leur suivi médical, de prendre rendez-vous à distance dans n’importe quel hôpital par le Choose and Book (Choisir et s’Inscrire) et d’installer une nouvelle infrastructure IT au sein des structures hospitalières.
Le sondage commandé par la société Medix, a concerné un échantillon de 1 329 médecins soit un peu moins de 2% des praticiens au Royaume-Uni. Seulement 1% des personnes interrogées qualifient leur niveau de satisfaction du NPfIT comme bon ou excellent ; par contre 75% des médecins généralistes et 63% des spécialistes considèrent leur niveau de satisfaction comme passable ou médiocre. Les médecins d’infrastructures hospitalières appuient en général plus le NPfIT que les médecins libéraux. Seuls 45% des premiers restent convaincus de l’intérêt du programme alors qu’ils étaient 75% il y a deux ans. Un précédent sondage effectué il y a 3 ans que pour 47% des médecins, le NPfIT était une bonne utilisation des ressources financières de la NHS ; ils ne sont plus que 17% aujourd’hui à approuver cet investissement. Un peu moins de la moitié pense que ce programme est une priorité pour la NHS, et seulement 5% sont satisfaits par la consultation personnelle d’information sur le NPfIT. Toutefois ce tableau n’est pas que négatif car une forte majorité des médecins pense qu’à long terme cette modernisation améliorera la qualité des soins tout particulièrement dans le milieu hospitalier. Un autre point important où la NHS devra redoubler d’effort de communication est la sécurité et la confidentialité sur les informations médicales des patients. Les médecins des hôpitaux sont à 70% contre 46% pour les médecins généralistes, à considérer que la sauvegarde nationale des données médicales affaiblira la confidentialité personnelle du patient. Un autre sujet qui inquiète surtout les médecins libéraux est le coût de la modernisation du matériel pour accéder au NPfIT ainsi que la formation nécessaire pour sa bonne utilisation.
Auteur : Yacine Touati
Sources : Computer Weekly, press release, 10/01/06, www.computerweekly.com
Medix, rapport téléchargeable, www.medix-uk.com