La coopération franco-britannique de défense

La France et le Royaume-Uni partagent une tradition de coopération séculaire, qui repose sur la volonté commune de deux puissances régionales à vocation internationale, possédant des systèmes de défense comparables, d’unir leurs forces pour faire face aux nouvelles menaces et aux défis en matière de défense et sécurité. A la fois membres permanents du Conseil de Sécurité, puissances nucléaires au sein de l’Union Européenne et membres fondateurs de l’Alliance Atlantique, les deux nations reconnaissent donc que tout ce qui affecte les intérêts vitaux de l’une affecte également ceux de sa partenaire. Elles travaillent activement à l’établissement d’une identité européenne de défense, et au maintien d’un fort lien transatlantique.

Un moteur franco britannique pour l’Europe de la Défense

L’esprit de Saint-Malo.

La signature de la déclaration de Saint-Malo en décembre 1998 par le Président Jacques Chirac et le Premier Ministre britannique Tony Blair marque une étape importante de la construction européenne. En se déclarant favorables à la création d’une capacité politique et militaire autonome pour l’Union Européenne (UE), Français et Britanniques ont donné le feu vert à l’introduction du militaire dans le processus d’intégration européenne et posé la première pierre de la PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Défense).

Une coopération opérationnelle étroite : au-delà des mots, le partage du risque.

Il existe une réelle fraternité d’armes entre les Forces armées des deux pays, née peu à peu de l’expérience partagée du commandement et du terrain lors des opérations dans les Balkans dans les années 1990. Des liens étroits se sont tissés progressivement entre les deux Forces armées permettant d’obtenir une réactivité exemplaire pour une plus grande efficacité sur le terrain.

Ainsi, en août 2006, le Général français Le Bot prendra le commandement de la zone de Kaboul dans le cadre de la FIAS (Force internationale d’assistance à la sécurité) dirigée actuellement par un Britannique, le Lieutenant-General David Richards.

Des échanges nombreux et intenses entre les deux forces armées.

Les deux Forces armées ont établi un réseau d’échanges qui se retrouvent à tous les niveaux : de la formation des soldats dans les écoles militaires, aux Etats-majors en passant par les nombreux échanges au sein des unités.

En 1996 l’armée française choisit la voie de la professionnalisation, rejoignant l’exemple britannique. Dorénavant le bilan de ces échanges peut se synthétiser de la manière suivante :

- plus de 60 officiers de liaison et d’échange sont placés au sein des états-majors, collèges militaires, et unités du pays partenaire. A titre d’exemple, un lieutenant de vaisseau français est en poste sur le destroyer HMS Southampton alors qu’un officier britannique se trouve sur la frégate Cassard. De même, un officier français servant dans les Commandos des Royal Marines stationnés à Plymouth doit bientôt être déployé en Afghanistan avec ses pairs britanniques.

- Il existe des accords de jumelage entre la 11ème Brigade Parachutiste (Toulouse) et la 5ème Brigade Aéroportée d’Aldershot, mais aussi entre la 9ème Brigade de Marine (Nantes) et la Troisième Brigade Commando des Royal Marines de Plymouth.

Les nombreux exercices conjoints organisés régulièrement assurent une excellente interopérabilité des unités et permettent d’accroître la coopération et la complémentarité entre les armées française et britannique, qui sont amenées à gérer des crises côte à côte (Bosnie,Kosovo, Afghanistan).

Le développement des capacités de sécurité et de défense

Symbole de la coopération bilatérale entre le Royaume-Uni et la France, le projet porte-avion est le résultat d’une volonté commune ferme. La signature d’un protocole d’accord en janvier 2006 par les deux ministres de la défense, Michèle Alliot-Marie et John Reid, qui lance la coopération sur les porte-avions, constitue une étape importante dans le cadre de ce programme.

Nos pays coopèrent également sur d’autres projets tout aussi novateurs comme l’avion A 400 M. En outre, lors du sommet franco-britannique du 9 juin 2006, Tony Blair et Jacques Chirac ont décidé de mettre en place un groupe de travail composé de représentants des gouvernements et des industries des deux pays afin d’améliorer la coopération dans les programmes d’armement.

A 400 M