
Les étapes de la coopération franco-britannique
Le 11 mars 2009, le Président de la République Nicolas Sarkozy annonce la réintégration de la France dans les structures militaires intégrées du commandement de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. La réintégration est entérinée par l’Assemblée nationale le 17 mars 2009 et avalisée lors du sommet de l’OTAN des 3 et 4 avril 2009 à Strasbourg et Kehl. La France intègre le Comité des plans de défense mais reste en dehors du groupe des plans nucléaires. Elle prend le commandement de l’Allied Command Transformation à Norfolk et du Joint Command Lisbon.
Ce retour a eu une importance symbolique : la France a réaffirmé son attachement à l’Alliance atlantique qu’elle considère comme le pivot de la défense occidentale.
En outre, le retour de la France au sein des structures militaires intégrées de l’OTAN a contribué au rapprochement avec le Royaume-Uni, membre du commandement intégré de l’organisation depuis sa création. La participation des deux pays à l’opération de l’OTAN en Libye a activement contribué au renforcement de la coopération bilatérale.
Sources : Ministère de la Défense, Livre Blanc
Le 2 novembre 2010, la France et le Royaume-Uni ont signé deux traités de coopération en matière de sécurité et de défense lors d’un sommet organisé à Londres. Les traités visent au rapprochement des armées et des industries des deux pays afin que ceux-ci puissent affronter ensemble les nouveaux défis sécuritaires, optimiser leurs capacités de défense, rentabiliser l’investissement de défense et stimuler la coopération industrielle. Surtout, ce rapprochement historique doit permettre à la France et au Royaume-Uni de maintenir leur rang de puissances militaires, malgré la réduction de leurs budgets de défense respectifs, tout en conservant leur indépendance quant à la décision de déployer leurs forces.
Le premier est un traité de coopération en matière de défense et de sécurité qui, pour la première fois, définit le cadre général des coopérations franco-britanniques et met en place un partenariat sans précédent, dans le respect de la souveraineté de chaque partie. Ce texte a une portée très large et donne la perspective nécessaire aux futures coopérations. Il institue la création d’un Senior Level Group, comprenant du côté britannique le conseiller pour la sécurité nationale et du côté français le conseiller diplomatique et le chef d’état major particulier du Président de la République. Il s’appuie d’une part sur une Joint Letter of Intent présidée par les CEMA pour les aspects opérationnels et d’autre part, sur le High Level Working Group gouvernemental présidé par le DGA et son homologue pour les équipements, la recherche, l’expertise, les essais et le domaine industriel.
Le deuxième est un traité spécifique, rendu possible par le précédent, qui porte sur des installations radiographiques et hydrodynamiques communes pour la coopération en matière de modélisation des performances des têtes nucléaires. Cette coopération s’appuiera principalement sur une installation qui sera construite et exploitée conjointement à Valduc, près de Dijon (EPURE, installation de physique expérimentale de la Direction des applications militaires du CEA). Il s’agira de mettre en œuvre des expériences de laboratoire indispensables à la garantie du fonctionnement des armes nucléaires et à leur sûreté. Les expériences seront conduites dans le respect des engagements internationaux des deux pays qui ont ratifié le TICE et ne remettent en aucune manière en cause l’indépendance des deux dissuasions. Un centre technologique associé sera également construit à Aldermaston (laboratoire AWE - Atomic Weapons Establishment-). Ce traité permettra d’importantes économies pour les deux pays.
Une déclaration sur la coopération de défense et de sécurité complétait ces traités et listait les principaux projets de coopération :
la projection des forces avec la mise en place d’une force expéditionnaire commune interarmées (CJEF – Combined Joint Expeditionary Force), non permanente mais disponible sous faible préavis, capable de mener des opérations de haute intensité ;
l’interopérabilité des porte-avions pour laquelle la décision des Britanniques d’installer des catapultes sur leurs bâtiments a été déterminante ;
les drones avec le lancement dès 2011 d’une phase d’évaluation financée conjointement dans la perspective de développer de nouveaux équipements entre 2015 et 2020 ; à plus long terme, évaluation conjointe de la prochaine génération de drones de combat (2030) ;
les missiles avec l’annonce de la mise en place d’un maître d’œuvre industriel européen unique permettant la réalisation d’économies pouvant aller jusqu’à 30% et le lancement prochain de projets communs (Missile anti navire léger, rénovation SCALP, etc..)
des technologies et équipements pour la prochaine génération de sous-marins nucléaires ;
les systèmes de guerre contre les mines maritimes ;
la prochaine génération de communications par satellite ;
la coopération sur le soutien de l’avion de transport A400M ;
la préparation du futur en lançant des activités communes dans le domaine de la Recherche & Technologie.
Source : Ministère de la Défense, Mission de Défense
Afghanistan : Depuis octobre 2001, la France est engagée militairement en Afghanistan aux côtés du Royaume-Uni et d’autres alliés de l’OTAN, pour le rétablissement de la stabilité et de la souveraineté du pays, dans le cadre de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité, autorisée par la résolution 1386 du Conseil sécurité des Nations-Unis et les résolutions ultérieures. La France engage actuellement 3600 militaires et le Royaume-Uni environ 9500. Les deux pays ont prévu la fin de leur participation aux opérations offensives et le transfert d’autorité aux forces afghanes pour 2014. Déployés dans des provinces différentes, Français et Britanniques partagent une même mission et des objectifs similaires : sécuriser les zones placées sous leur responsabilité pour permettre les opérations de développement, de reconstruction et le déploiement des services de l’Etat et soutenir la montée en puissance des forces de sécurité afghanes pour lui permettre de reprendre à son compte les missions de sécurisation.
Piraterie : Depuis novembre 2008, les deux pays participent aussi, aux côtés de leurs alliés européens, à l’opération Atalante de lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden, initiée par l’Union européenne. Cette opération vise à dissuader, empêcher et punir les actes de piraterie au large de la Somalie et ainsi à soutenir le Programme alimentaire mondial ravitaillant la Somalie et à protéger les navires de commerce traversant la zone.
Opération récente :
Libye : Entre le 19 mars 2011 et le 31 octobre 2011, sur le mandat de l’ONU issu du vote de la résolution 1973 au Conseil de sécurité, la France et le Royaume-Uni sont intervenus conjointement en Libye, dans le cadre de l’OTAN. Pour assurer la protection des civils libyens, la coalition a conduit des missions d’interdiction aérienne, réduit les capacités de défense des forces loyalistes et a assuré des frappes sur des objectifs militaires pouvant menacer la population libyenne. France et Royaume-Uni sont tout deux intervenus avec un dispositif aérien de pointe, engageant entre autres les avions de chasse Rafale et Mirage 2000 français, et les Typhoon et Tornado britanniques. D’importants moyens navals et héliportés ont également été engagés dans cette opération, notamment les unités du groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle et celles du Response Force Task Group britannique autour du HMS Ocean. Les leçons identifiées de cette opération participent au développement du CJEF.
Source : Ministère de la Défense, MoD
Documents de référence
traité franco-britannique
Livre Blanc de la défense et de la sécurité nationale
Interventions institutionnelles
Présidence de la République (Elysée) :
Déclaration sur la coopération de défense et de sécurité
Annexes du Projet de loi autorisant la ratification du traité entre la France et le Royaume-Uni :
Chambre des communes :
Ministère de la Défense britannique (Ministry of Defence) :
Ministère de la défense français :
Documents de réflexion
Chatham House :
Document "Britain and France : dialogue or decline" (septembre 2010)
Franco-British Council (FBC) :
2011 FBC Annual Conference Report (31 mars 2011)