london_paris_panoramic Français English
» Actualités » Dossiers » Dossiers thématiques » Immigration et Intégration » La France et ses banlieues

La France et ses banlieues

La France et ses banlieues

Un an après les violences de novembre 2005 dans certaines banlieues, un premier bilan des mesures prises pour éviter la répétition de ces événements peut être établi.

Toutes les analyses ont montré que ces violences n’avaient pas de caractère religieux, ethnique ou politique ; elles relevaient essentiellement d’un problème économique et social.

Dès lors, le gouvernement s’est efforcé d’intervenir dans quatre domaines principaux : l’emploi, l’éducation, le logement, la lutte contre les discriminations. En plus de ces mesures, d’autres politiques, initiées depuis plusieurs années, ont continué à être menées.

1. Des mesures concrètes ont été prises au cours de l’année 2006 en réponse à ces événements dans ces domaines prioritaires. Voici quelques exemples marquants :

Les mesures prises par le gouvernement en matière d’emploi, d’éducation, de logement et de lutte contre les discriminations ont pour objectif de rendre plus effective l’égalité des chances entre les habitants des banlieues difficiles et le reste de la société française.

· Création de 6 « préfets délégués pour l’égalité des chances » : ils sont chargés d’assister les préfets dans les 6 départements les plus concernés par les violences urbaines et d’agir avec les élus locaux et le secteur associatif dans plusieurs domaines (emploi, accompagnement éducatif, logement, rénovation urbaine, transports, prévention des violences).

· Emploi :

o Création de 15 nouvelles zones franches urbaines, où les entreprises implantées dans ces quartiers bénéficient d’un dispositif complet d’exonérations de charges fiscales et sociales. 12 000 créations d’emplois sont attendues, dont 4000 pour les habitants des quartiers difficiles.

o 158 000 jeunes ont été reçus par l’ANPE et les missions locales en 6 mois (entre avril et septembre 2006), 50% sont sortis du chômage.

o Des initiatives conjointes de l’Etat et des entreprises ont été mises en place : ainsi, dans la ville des Mureaux (78), l’entreprise Renault a recruté pour les former plus de 260 jeunes et adultes sans diplômes. En un an, le chômage a reculé de 15 %. En dix ans, 175 entreprises se sont implantées. Un troisième pôle d’activité est en projet pour 2007[1].

· Intégration/emploi : mise en place d’un service civil volontaire reposant sur des systèmes existant (cadets de la République, « Défense deuxième chance », volontariat associatif). Le service civil devrait compter 5000 jeunes d’ici la fin de l’année.

· Logement, emploi, éducation, transports[2]  : les contrats urbains de cohésion sociale : effectifs à partir du 1er janvier 2007, ils permettront une simplification administrative de la politique de la ville. 201 projets de rénovation pour 355 quartiers représentant plus de 2 millions d’habitants ont été définis. 182 000 logements sont en cours de réhabilitation et 84 000 logements sociaux en cours de construction (il y en a plus de 4,2 millions actuellement). Sur le moyen terme, des conventions représentant 30 milliards d’euros de travaux ont été signées jusqu’en 2013, dont 5 milliards pour l’Etat.

· Education :

o Programme “ambition réussite” : les 249 établissements scolaires en grande difficulté recevront plus de moyens et de professeurs.

o Le 10 octobre 2006, Gilles de Robien, Ministre de l’Education, a lancé l’opération « 100 000 étudiants pour 100 000 élèves ». Sous le slogan « entrer en prépa à l’ENS, c’est possible », quarante élèves normaliens sont les tuteurs d’élèves de première. Dans treize lycées de France et pendant quatre ans, ils auront pour tâche de les mener vers les filières d’excellence de l’enseignement supérieur.

· Depuis juin 2006, un débat sur l’égalité des chances a été lancé sur le site http://www.forum.gouv.fr/

2. Des politiques engagées depuis plusieurs années se sont poursuivies.

Elles concernent à la fois la politique de la ville, l’enseignement et l’encouragement des initiatives économiques. Elles sont mises en oeuvre à la fois par l’Etat, certains établissements d’enseignement scolaire et les acteurs de terrain (associations). En voici quelques exemples :

· Une grande partie de l’action de l’Etat s’inscrit dans le cadre de la politique de la ville.

La politique de la ville est un ensemble d’actions de l’Etat visant à revaloriser certains quartiers urbains et à réduire les inégalités sociales entre territoires. Elle émerge dès la fin des années 1970 :

- 1977 : opérations de réhabilitation des HLM avec l’aide financière de l’État.

- 1982 : création des zones d’éducation prioritaire (ZEP)

- 1994 : premiers contrats de ville, qui concernent l’habitat, l’environnement, l’éducation, les transports, la sécurité, la culture, les équipements sportifs ou les services sociaux d’une ville donnée.

- 2003 : création d’une agence, chargée de favoriser la mixité sociale dans l’habitat et d’introduire la mixité par la diversité des fonctions (commerces, activités économiques, culturelles et de loisir).

- Octobre 2006, mise en place de l’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances. Elle vise à rendre plus cohérente l’action en faveur des personnes qui rencontrent des difficultés d’insertion sociale ou professionnelle.

· Certains établissements d’enseignement prestigieux ont pris depuis plusieurs années des initiatives en faveur de l’égalité des chances :
- Les Conventions Education Prioritaires de Sciences Po[3] : dès 2001, Sciences Po a eu l’idée de signer des conventions avec certains lycées de banlieue, de manière à permettre à leurs élèves d’entrer à Sciences Po. 5 ans après, une dynamique positive est enclenchée[4].
- Le programme « Une prépa, une grande école, pourquoi pas moi ? »[5] : imaginé par l’école de commerce l’ESSEC, le programme a été lancé en janvier 2003 avec l’idée qu’il serait généralisé au niveau national. Des élèves de seconde de lycées de banlieue ont été accompagnés pendant leurs trois années de scolarité au lycée (tutorat, sorties…). Il a permis à ces élèves de développer un projet d’avenir ambitieux. Une cinquantaine d’écoles participe activement au débat sur l’égalité des chances et la mixité sociale dans l’enseignement supérieur.

· La création d’entreprisesest encouragée à travers des structures comme « Talents des cités ».

Depuis 2002 et à l’initiative du Ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, « Talents des cités » a permis de révéler les initiatives de nombreux jeunes de quartiers difficiles. 180 projets ont été récompensés. Ces jeunes sont devenus « Ambassadeurs de la réussite ». A l’image trop souvent négative des cités, ils opposent leur créativité et leur pugnacité à entreprendre. Aujourd’hui, les anciens lauréats aident et encouragent d’autres jeunes en lien avec les acteurs économiques locaux. Les derniers lauréats ont été récompensés (récompense financière pouvant aller jusqu’à 3000 euros) le 14 octobre 2006, lors d’une cérémonie au Sénat.


[1] Source : Le Monde, 25.10.06

[2] http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/dominique_villepin_fait_point_57055.html

[3] http://www.sciences-po.fr/presse/zep/CEP_06.pdf

[4] http://www.sciences-po.fr/presse/zep/temoignages_creteil.pdf

[5] http://econtent.essec.fr/mediaBank/ESSEC/Entrepot-doc/Actualites/CP_2005/CP_ESSEC_PQPM_260505.pdf

Dernière mise à jour : 17.01.2007