L’Ecosse tient une place de choix dans le domaine des sciences de l’information et de la communication tant au Royaume-Uni que dans le monde. Une position portée en premier lieu par les universités d’Edimbourg (3e du Royaume-Uni selon le classement RAE [1]) et de Glasgow (8e). Afin de valoriser cette excellence en informatique et maintenir son rang parmi les meilleurs pôles de recherche mondiaux, l’Ecosse a créé en décembre 2008 la Scottish Informatics and Computer Science Alliance (SICSA, Alliance écossaise pour les sciences de l’information et de la communication). Deux ans après, le bilan est plus que concluant.
SICSA a été créée pour fédérer les laboratoires de recherche en informatique écossais et faciliter les collaborations. Elle intervient pour financer des thèses et des conférences ou organiser des programmes de formation. Elle sert également à favoriser les transferts de connaissances en facilitant les contacts avec les industries. L’alliance encourage les projets interdisciplinaires avec des chercheurs en mathématiques, en ingénierie, en psychologie ou en sciences sociales. Enfin SICSA a élaboré une stratégie de recherche en définissant quatre thèmes principaux au sein desquels s’inscrivent les projets des laboratoires. Quels en sont aujourd’hui les projets phares ?
Thème 1 : Next Generation Internet (L’Internet future génération)
Au coeur de ce thème de recherche, le Pr Saleem Bhatti, de l’Université de St Andrews travaille sur une nouvelle architecture pour Internet. Aujourd’hui Internet fonctionne sur le protocole d’adressage IPv4. Celui-ci devrait arriver prochainement à saturation car toutes ses adresses auront été utilisées. Il sera alors progressivement remplacé par le protocole IPv6. M. Bhatti, comme d’autres chercheurs, pense que l’utilisation future du protocole IP est un mauvais choix car il est inadapté à l’évolution d’Internet vers plus de mobilité. Il a donc mis au point avec son équipe le protocole ILNP (Identifier-Locator Network Protocol), censé répondre aux exigences du futur Internet. Pour résumer, le protocole ILNP possède deux semi-adresses, l’une pour localiser et l’autre pour identifier un noeud du réseau. D’autres protocoles ont été mis au point sur le même principe comme le LISP (Locator-Identifier Separation Protocol) de la société CISCO. Pour M. Bhatti, la principale question est de savoir qui paiera et fera le premier pas pour opérer ce changement de structure radical mais nécessaire pour sécuriser le développement du réseau.
Thème 2 : Multimodel Interaction (Interaction multimodèles)
On étudie ici les interactions hommes-machines. Pr Stephen Brewster, de l’Université de Glasgow, est le responsable de ce thème de recherche. Il est également membre du Glasgow Interactive System Group, un des plus importants groupes de recherche de ce type en Europe. Un des projets les plus originaux issus de ce thème étudie la perception des gestes en fonction des cultures. Quel sont les gestes embarrassant à réaliser en public au sein d’une société ? Quelles sont leurs significations ? Les résultats devront permettre de concevoir des interfaces adaptées à différentes cultures et donc plus universelles. D’autres chercheurs travaillent sur l’ubiquitous computing (Informatique ubiquitaire ou informatique omniprésente) qui équipera nos maisons du futur [2]. Enfin des travaux sur des systèmes capables d’interagir en fonction des odeurs ou de l’activité cérébrale d’une personne laissent entrevoir de nouveaux types d’interfaces toujours plus intégrées.
Thème 3 : Modelling and Abstraction (Modélisation et abstraction)
Pour le Pr Jane Hillston, de l’Université d’Edimbourg, l’un des défis de l’informatique aujourd’hui est de donner sens à la masse de données générées par les chercheurs dans l’ensemble des champs d’activités, de la biologie à la sociologie. Ce sont ici les mathématiques qui, alliées à la puissance des ordinateurs, permettent de résoudre des problèmes complexes. Ainsi, Lars Kotthoff de l’Université de St Andrews, travaille sur un logiciel de résolution de problème capable de s’adapter lui-même au problème qu’il résout. Le système expert évalue le champ des possibilités pour trouver une solution et utilise ses connaissances sur des problèmes similaires pour choisir la méthode de résolution la plus rapide. Le logiciel peut dans certains types de problèmes réduire le traitement informatique de plusieurs jours à quelques secondes.
Thème 4 : Complex Systems Engineering (Ingénierie des systèmes complexes)
Ce thème de recherche a pour principale vocation de répondre aux attentes des industriels et des administrations. L’économie, les gouvernements et notre infrastructure sociale reposent et dépendent de systèmes complexes qui nécessitent des logiciels eux-mêmes de plus en plus complexes et intégrés. Le Pr Greg Michaelson, de l’Université Heriot-Watt et responsable de ce thème de recherche, préconise une approche holistique du problème et parle du "système de systèmes de systèmes". Son équipe travaille par exemple sur des programmes capables d’optimiser les ressources au sein de réseaux distribués. Pour M. Michaelson, les challenges de l’ingénierie des systèmes complexes se situent, d’une part dans les technologies capables de gérer l’hétérogénéité des systèmes interconnectés, leurs utilisateurs voulant pouvoir travailler sur le même environnement de travail n’importe où, et, d’autre part, dans les organisations (entreprises, administrations) en constantes transformations.
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Les Universités membres du SICSA :
Aberdeen University - Computing Science : http://www.csd.abdn.ac.uk/
Abertay Dundee University - School of Computing and Engineering Systems : http://www.abertay.ac.uk/studying/s...
Abertay Dundee University - Institute of Arts, Media and Computer Games : http://www.abertay.ac.uk/studying/s...
Dundee University - School of Computing : http://www.computing.dundee.ac.uk/
University of Edinburgh - School of Informatics : http://www.inf.ed.ac.uk/
Edinburgh Napier University - Centre for Informatics Research : http://www.cir.soc.napier.ac.uk/
Glasgow University - School of Computing Science : http://www.dcs.gla.ac.uk/
Heriot-Watt University - School of Mathematical and Computer Sciences : http://www.macs.hw.ac.uk/cs/
Robert Gordon University - School of Computing : http://www.rgu.ac.uk/computing/
St Andrews University - School of Computer Science : http://www.cs.st-andrews.ac.uk/
Stirling University - Department of Computing Science and Mathematics : http://www.cs.stir.ac.uk/
Strathclyde University - Department of Computer and Information Sciences : http://www.strath.ac.uk/cis/
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[1] Le RAE (Research Assessment Exercise) évalue tous les 5 ans la qualité des départements de recherche au Royaume-Uni. Depuis le dernier RAE 2008 une note de 1 à 4 est attribuée à chaque chercheur du laboratoire dont les travaux de recherche ont été soumis à évaluation.
[2] Sur l’ubiquitous computing, voir le dossier réalisé par l’Ambassade de France au Japon : http://www.bulletins-electroniques....
Sources :
SICSA : http://www.sicsa.ac.uk
Science Scotland Issue : http://www.sciencescotland.org/feat...
Classement RAE 2008 , The Guardian, 18/12/2008 : http://bit.ly/5oDY9
Auteur : Pierre Chrzanowski