A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (9 FEVRIER 2012)
SYNTHESE
La démission de Fabio Capello, l’entraîneur de l’équipe de football d’Angleterre fait la UNE de bon nombre de journaux. La politique intérieure continue d’occuper une place importante : tout d’abord, le rejet par la Chambre des Lords du projet de réforme du NHS. Les journaux se livrent à des considérations critiques sur la stratégie du gouvernement pour faire passer une législation « mal conçue » (FINANCIAL TIMES) et qui risque « d’empêcher une réforme réelle » (GUARDIAN). La presse revient aussi sur l’affaire Abu Qatada, évoquant l’intervention de David Cameron auprès du roi de Jordanie : le Premier ministre demanderait des garanties sur le traitement du bras droit de Ben Laden avant de l’expulser vers son pays d’origine. Une bonne partie des journaux se déclare favorable à cette solution.
En politique internationale, la Syrie reste le principal sujet de commentaires : les journaux se concentrent sur l’escalade de la violence à Homs et s’interrogent sur les plans préparés par les Américains pour aider l’opposition. Ils font aussi un compte-rendu de la conversation téléphonique enter William Hague et son homologue russe, Sergei Lavrov, et reprennent les propos turcs sur leur projet de conférence internationale. Dans un éditorial, le TIMES appelle les pays occidentaux à armer les rebelles et à préparer un plan d’action avec la Ligue arabe, tandis que le GUARDIAN souligne le rôle essentiel de l’Iran comme soutien au régime Assad.
Concernant l’Europe, le FINANCIAL TIMES consacre un long article à la participation de David Cameron au sommet de Stockholm soulignant son intention de renforcer ses alliances avec les pays baltes et du nord pour faire obstacle au « modèle français ». La pesse continue de couvrir les négociations en Grèce et évoque l’espoir d’un accord.
Sur la France, le GUARDIAN, le TIMES, le DAILY TELEGRAPH et le DAILY MAIL reviennent sur la mise en examen d’Eric Woerth, présenté comme un « allié de Nicolas Sarkozy » et y voient donc un « revers » pour ce dernier dans la perspective des présidentielles.
Royaume-Uni/Europe
FT George Parker, Michael Stothard : Cameron joint ses forces avec ses amis du nord
La participation de David Cameron au sommet des pays baltes et du nord illustre un des succès de sa politique européenne. Il y rejoint en effet des dirigeants qui partagent ses idées sur l’ouverture des marchés et le libéralisme commercial et qui souhaitent adopter une approche libérale en matière de croissance économique. En coulisses, cette « Alliance du nord » discutera aussi des moyens de faire obstacle à l’application du « modèle français » dans l’économie européenne. Les neuf dirigeants sont pour la plupart hostiles à une régulation plus stricte et à la mise en œuvre de nouvelles taxes, comme la taxe Tobin sur les transactions financières. Isolé à Bruxelles, après voir opposé son veto à un nouveau traité européen, David Cameron voulait se retrouver entre amis, notamment avec le Premier ministre suédois avec lequel il entretient une bonne relation depuis des années. Le modèle nordique l’attire depuis longtemps. Le sommet de Stockholm lui offre l’occasion de construire des alliances avec les dirigeants de six pays membres de l’Union : Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie et Suède. La Norvège et l’Islande sont les deux seuls pays non membres de l’Union à y participer. Même s’il a été décrit comme un « paria » sur la scène européenne par M. Sarkozy en décembre dernier, le Premier ministre britannique et le Royaume-Uni sont considérés comme des alliés précieux par les participants au sommet car tous souhaitent l’adoption de politiques qui encouragent la croissance grâce à l’ouverture des marchés lors du sommet européen du mois prochain. Toutefois, les idées de M. Cameron ne sont pas toujours en harmonie avec celles de ses partenaires du nord et de l’est. Ces derniers ne partagent pas ses inquiétudes concernant le rôle de la CEDH, pas plus que l’enthousiasme des conservateurs britanniques pour un assouplissement de la législation sur le travail.
Syrie
Guardian Simon Tisdall : Les pays occidentaux conspirent à ne rien faire La perspective d’une intervention militaire ou humanitaire directe, secrète ou non, des pays occidentaux en Syrie semble prendre corps après la débâcle de l’ONU la semaine dernière. Mais les apparences sont trompeuses. La puissance étrangère la plus active en Syrie n’est ni les Etats-Unis, ni le Royaume-Uni, ni la France, ni la Turquie, pas plus que la Russie, l’Arabie saoudite ou ses alliés du Golfe. C’est l’Iran qui se bat avec force pour le maintien du statu quo. Il est beaucoup question d’opérations secrètes des forces spéciales américaines et britanniques, de zones de refuge sous le contrôle de la Turquie et de la possibilité de mise en place de zones de non survol. On parle aussi de l’aide de l’Arabie saoudite et du Qatar aux forces rebelles. En réalité, personne dans le camp occidental y compris Barack Obama ne sait quoi faire. Tout le monde sait en revanche ce qui n’est pas possible : une autre guerre au Proche Orient. Il n’en va pas de même pour l’Iran qui reste le principal soutien du président Assad. Les Gardiens de la révolution iranienne sont nombreux en Syrie et ils y sont actifs. Pour Assad, l’Iran est une source de protection, de sécurité et de financement. La Syrie sert aussi à l’Iran de tremplin dans le monde arabe. La perspective de la chute du président syrien inquiète Téhéran qui fait tout son possible pour le maintenir au pouvoir. L’Iran pense cependant aussi au long terme, d’où son soutien apporté récemment à une réforme politique en Syrie. Si Assad ne peut pas être sauvé, Téhéran entend s’assurer que son successeur restera un proche allié. La Syrie devient le talon d’Achille de l’Iran, estiment les Israéliens. Une chose est sûre : l’opposition syrienne se bat non seulement contre Assad mais aussi contre les Iraniens. Pour certains en Israël, c’est une occasion en or. Mais face aux risques de ramifications incontrôlables, les gouvernements occidentaux, tout en condamnant Damas et en rêvant d’une action des SAS, préfèrent attendre. Et pour la bonne raison que le prix d’un changement de régime imposé par la force serait trop élevé.
Daily Telegraph (Diffusion : 587.040), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 409.060), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 333.771 au Royaume-Uni sur un total de près de 1,7 million dans le monde), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 119.551), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.108), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.530.843), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.994.908)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.092.182), travailliste Daily Express (Diffusion : 596.415), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : un peu plus de 200.000 au Royaume-Uni sur un total de près de 1,5 million dans le monde)), libéral Sunday Times (Diffusion : 935.442) Sunday Telegraph (Diffusion : 452.858) The Observer (Diffusion : 266.659) Independent on Sunday (Diffusion:128.394)
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