A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
8 juin 2006
- Vols de la CIA : « Les outils des tyrans ne mettront pas en échec le totalitarisme du Djihad », éditorial, FINANCIAL TIMES
Le rapport du Conseil de l’Europe sur l’implication d’un grand nombre de pays européens dans l’affaire des vols de la CIA est accablant. Les pratiques mises en cause représentent une capitulation morale des sociétés libérales et l’abandon de la règle de droit face au totalitarisme du Djihad. En nous comportant ainsi, que défendons-nous au juste ? Après Guantanamo, Abu Ghraib, Haditha, on voit mal ce que l’on pourrait faire de plus pour donner des armes à Al Qaïda. La torture est indéfendable. Elle est dégradante moralement et ronge les sociétés qui la pratiquent. Et souvent, elle ne fournit que des renseignements sans grande utilité. Comme disait Craig Murray, l’ambassadeur du Royaume-Uni en Ouzsbekistan, renvoyé pour avoir dénoncé l’utilisation d’information obtenue par la CIA dans les prisons de ce pays : « nous vendons notre âme pour du rebut ».
- Réduction des émissions de gaz carbonique : « L’Europe donne l’exemple au monde entier », contribution de Stavros Dimas, Commissaire européen à l’Environnement, au FINANCIAL TIMES
Le changement climatique est une des priorités de l’Union, l’ensemble des ses membres soutient le protocole de Kyoto et s’est engagé à respecter l’objectif d’une réduction des gaz d’émission de 8% d’ici 2012. La pièce centrale de notre stratégie a été la mise au point du système des échanges de droits d’émission (Emissions Trading Scheme) qui a invité le secteur privé à rechercher des solutions rentables à un problème mondial. Nous sommes convaincus que ce système doit rester au cœur de notre politique en matière de changement climatique et que les mécanismes du marché fourniront une réponse satisfaisante à long terme. La Commission étudie toutes les améliorations nécessaires qui pourront lui être apportées, notamment après Kyoto. En démontrant que les échanges de droits d’émission peuvent s’effectuer entre 25 Etats, l’Union Européenne a fourni un modèle sur lequel fonder la politique mondiale de l’avenir en matière de changement climatique. Ce sont les Etats-Unis qui ont inventé ce genre de système et ce sera un argument de plus pour les engager à se joindre à leurs partenaires.
Royaume-Uni / Union Européenne : « Les Tories prennent des risques considérables », éditorial, FINANCIAL TIMES
Concernant la politique européenne, le parti conservateur pousse des portes ouvertes : William Hague, responsable de la politique étrangères des Tories, a réitéré hier l’engagement de David Cameron à retirer du PPE son groupe de députés au Parlement européen dans le but de créer un nouveau groupe plus eurosceptique. La décision de M. Cameron est d’autant plus étonnante que l’Europe est en train de prendre la direction qu’il souhaite : moins de « centralisation et de contrôle » et davantage de « liberté et de flexibilité ». Quelle ironie si les conservateurs, qui avaient rejoint le PPE en 1992 lorsqu’ils aidaient Helmut Kohl et Jacques Delors à poursuivre l’intégration, s’en retiraient alors que ce sont Mme Merkel et M. Barroso qui ont pris la succession. Et quels alliés se feraient-ils ? Au sein du PPE, les conservateurs ont eu tous les avantages : ils ont pu exercer leur influence sur des questions d’intérêt majeur, sans être liés à propos de la constitution. Ils ont permis de faire passer la directive sur les services. Autant d’influence qui leur serait retirée si David Cameron maintient son projet.
Royaume-Uni : « Il y a une limite naturelle à la durée d’un Premier Ministre », éditorial,TIMES
Le camp de Tony Blair sera sans doute chagriné des déclarations de Jack Straw qui, dans une interview au " Spectator ", laisse entendre que Le Premier Ministre quittera son poste dans un an et en tous cas « bien avant » les prochaines élections de 2009. Il estime également que Gordon Brown sera son successeur et que personne ne contestera ce « couronnement ». Selon le journal, les déclarations du leader des Communes, qui ne cache pas ses ambitions de devenir Vice Premier Ministre après John Prescott, sont justifiées : M. Blair a épuisé les réserves de ce qu’il peut apporter au gouvernement. Il a eu un accord sur les retraites, peut en espérer un sur l’énergie nucléaire. Il serait bon qu’il cherche à faire avancer le dossier de l’Irak, mais il ne doit surtout pas se chercher d’excuses pour jouer les prolongations. Il y a une limite naturelle à la durée d’un Premier Ministre et M. Blair l’aura atteinte l’an prochain.