A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (5 AOÛT 2010)
LIBAN / ISRAEL
« Un conflit qui s’envenime », Editorial, Financial Times
Qu’Israel et le Liban aient échangé des tirs à propos d’un incident qui paraît à première vue mineur en dit long sur la tension qui règne à leur frontière commune. En principe en paix depuis la guerre de 2006, l’état d’alerte demeure cependant permanent. Et l’incident qui a entrainé la mort d’un officier israélien et de plusieurs soldats libanais semble être comme une recette pour délencher un conflit. Le problème réside dans le fait que les causes du conflit de 2006 n’ont en rien été traitées. Les inquiétudes d’Israël au sujet du Hezbollah se sont même aggravées en raison des tensions avec l’Iran. La milice a tiré les enseignements de 2006 et a renforcé sa défense et fait l’acquisition de matériels sophistiqués. Elle possèderait à présent des missiles longue portée. Et bien que l’armée libanaise ait pris des responsabilités dans le Sud, celle-ci demeure une faible force.
Dans ces conditions, et même si aucun des deux pays n’a jusqu’à présent testé la résolution de l’autre, une conflagration importante ne peut pas être écartée. Même un conflit régional impliquant la Syrie est concevable, Israël ayant menacé d’étendre le conflit pour empêcher le Hezbollah d’être approvisionné en matériel militaire.
Ce serait à l’évidence un désastre. Si l’on peut espérer que des têtes froides de chaque côté sauront éviter le conflit, il est aussi vrai que dans le climat général actuel, le moindre incident est de nature à provoquer une escalade.
La communauté internationale devrait faire plus pour encourager le dialogue, et supprimer les irritants, comme le statut des fermes le long de la frontière que le Liban revendique. L’armée libanaise devrait être mieux entraînée.
Un règlement complet passera en revanche nécessairement par la reprise du dialogue (« talks ») entre Israël, le Liban et la Syrie au sujet d’un règlement régional. Les perspectives pour cela ne sont pas brillantes, mais le dialogue reste la meilleure alternative.
ARMEMENT IRAN
« Tensions en Iran », Editorial, The Daily Telegraph
Se fier aux informations iraniennes revient à se fier à un tuyau pour une course hippique. Pourtant, il semble bien qu’il y ait eu une tentative d’assassinat contre le président Mahmoud Ahmadinejad. Cet incident montre combien le régime théocratique islamiste souffre d’une instabilité induite par les tensions entre les partisans de la ligne dure du pouvoir et les réformistes. Ces tensions internes sont peut être à l’origine du rapport alarmant signalant que l’Iran a acquis des missiles russes longue portée S-300. Cette arme sophistiquée a longtemps été considérée comme un moyen de changer la donne dans la région. L’Iran a passé commande depuis un certain temps, et la Russie nie avoir participé à la transaction. Les armes pourraient venir de Biélorussie, ce qui montre combien les sanctions sont difficilement applicables. Mais pourquoi l’Iran révèlerait-il la présence de ces missiles, risquant ainsi un bombardement israélien et une détérioration de ses relations avec Moscou ? Cela n’a de sens qu’inscrit dans un contexte de manœuvre pour le pouvoir au sein d’un régime dangereusement volatile, qui reste une menace grandissante et fatale.
TURQUIE / IRAN
« Le grand arbitre ottoman », Editorial, The Times
Mr. Mostafei, l’avocat de la femme que le régime Iranien avait condamnée à la lapidation, a demandé asile à la Turquie. Depuis, sa famille restée en Iran a été emprisonnée, preuve de la persécution obscène que le régime exerce contre toute forme d’opposition. La Turquie devra choisir : Elle ne peut prétendre vouloir devenir membre de l’Union Européenne, et défendre dans le même temps les actions iniques d’un régime Iranien d’autant plus répressif qu’il traverse une crise, comme le prouve le récent attentat contre le Président Ahmadinejad. Si la Turquie veut assumer ses ambitions régionales, alors Mr. Erdogan doit non seulement accorder l’asile à Mr. Mostafei, mais aussi exiger de l’Iran la libération de sa famille.
IRAK
« Les Etats-Unis ne quittent pas l’Irak, ils donnent un certain nom à l’occupation », Seumas Milne, The Guardian
Pour la plupart des Britanniques et des Américains, la guerre en Irak est déjà terminée et on s’intéresse davantage aux raisons qui ont motivé l’invasion.
Lorsque M. Obama a annoncé le retrait des forces de combat américaines dès la fin du mois, les journaux britanniques et américains se sont empressés de faire leurs unes sur la « fin » de la guerre. Il ne s’agit pourtant que d’un changement d’image purement rhétorique : les « opérations de combat » se sont donc transformées en « opérations de stabilisation » même si dans la pratique rien ne va changer.
Le gouvernement américain est également en train de privatiser l’occupation, notamment en faisant appel à des mercenaires armés. Mme Clinton veut même augmenter le nombre de ces derniers ce qui permettrait de stabiliser la situation en Irak sans utiliser l’armée américaine – l’administration Obama pourrait même ainsi tenir sa promesse de ne plus avoir de présence militaire américaine après 2011.
Ce qui est clair c’est que les Etats-Unis n’ont aucune intention de quitter prochainement le pays. Cette guerre a été un échec historique d’un point de vue politico-stratégique pour les Américains et la lutte pour l’indépendance de l’Irak vient à peine de commencer.
Financial Times (Diffusion : 390.203), libéral, pro-européen The Daily Telegraph (Diffusion : 685.177), conservateur, eurosceptique The Times (Diffusion : 505.062), Groupe Murdoch, centre droit The Guardian (Diffusion : 284.514), centre-gauche, libéral, pro-européen
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