A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
4 MAI 2006
- Royaume-Uni - "Une question de présomption" - Editorial du Times
Les ministres devraient réfléchir avant de proposer une réforme des expulsions.
La bonne performance de Tony Blair et Charles Clarke hier aux Communes s’explique par une stratégie de diversion. Les deux hommes ont éludé les questions en les ramenant à des considérations générales sur le système actuel. M. Blair a déclaré que l’expulsion des étrangers condamnés à des peines de prison devrait être ‘automatique’. Il est vrai qu’un coup d’œil à la proportion d’étrangers parmi les prisonniers pose la question de la validité du système actuel. Mais le sauvetage d’une carrière politique n’est pas un bon contexte pour amener dans l’urgence une réforme de cette importance.
Les prisonniers étrangers regroupent un large spectre de crimes et de criminels, allant du refus de payer sa taxe télévisuelle aux meurtres. Une loi ne différenciant pas ces crimes serait disproportionnée. Le mot ‘étranger’ désigne lui aussi des profils très différents. Il y a un monde entre un canadien vivant au Royaume-Uni depuis trente ans impliqué dans une rixe de pub et un russe arrivé depuis quelques mois qui passe ses journées à vendre de la drogue. La réforme des exclusions doit donc laisser place au discernement. M.Clarke a raison de parler de ‘présomption claire’ dans les pire crimes. Mais des exceptions devront exister, et plus nombreuses que ce que le ministre de l’intérieur le laisse entendre. Un ministère qui ne se montre pas capable de faire respecter les lois existantes devrait en tout cas réfléchir à deux fois avant de les réécrire.
- "Trahison balkanique", Edito du Times
La Serbie doit choisir entre son passé et son présent. L’incapacité de Belgrade à arrêter et renvoyer devant le tribunal pénal international Ratko Mladic, responsable de la mort 8000 musulmans lors des massacres de Sébrénica en 1995, a entraîné hier une suspension des négociations pour le rapprochement de la Serbie de l’UE. Le Premier Ministre serbe, M. Vojislav Kostunica, a cependant réaffirmé que son gouvernement avait tout mis en œuvre pour arrêter Ratko Mladic. L’adjoint du Premier Ministre a démissionné hier accusant les services secrets serbes de rechercher Ratko Mladic « partout, sauf à l’endroit où il se cache ». La coalition minoritaire du Premier Ministre Kostunica se trouve désormais très affaiblie par cette décision de l’UE qui a porté un grand coup au 60% de Serbes désireux de voir leur pays rejoindre l’Union. L’Union européenne fait en effet de l’arrestation de Ratko Mladic et d’autres personnes soupçonnées de crimes de guerre, une condition nécessaire à la poursuite des négociations avec Belgrade. De l’adhésion de la Croatie, du Monténégro, du Kosovo et de la Serbie elle-même dépendent la prospérité et la paix dans les Balkans. L’UE doit laisser ouverte la perspective d’adhésion.
- « Le Labour Party peut être ébranlé, mais il est trop tôt pour lui dire au revoir », Peter Riddell, The Times
S’il est vrai que Tony Blair entame la dernière étape de son mandat, il n’est cependant pas question qu’il quitte Downing Street. Au-delà d’une impression générale d’incompétence du Gouvernement et de crise de crédibilité et d’autorité du Premier Ministre, l’économie du pays s’avère bonne et l’augmentation des dépenses publiques a renforcé le soutien au premier ministre des agents publics et des bénéficiaires de ces dépenses publiques. C’est par sa volonté d’entreprendre toujours plus de réformes que Tony Blair apparaît remarquable. Le Labour se doit maintenant de solidifier sa cohésion, et de continuer ses réformes du service public, sans quoi David Cameron trouverait tout un nouveau champ de bataille. Quant à l’inévitable remaniement de Gouvernement, Charles Clarke trouverait une nouvelle place dans ce Gouvernement et John Prescott devrait définitivement partir. Mais Tony Blair, lui, doit rester. Pour le grand public, la forme du gouvernement importe peu en fait. Ce qui compte, c’est de savoir si M. Blair retrouvera son autorité.