london_paris_panoramic Français English

Jeudi 27 Avril

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

27 avril 2006

- Royaume-Uni : « Un mercredi noir » (deuxième version), éditorial, TIMES

Les organisateurs des élections locales de jeudi prochain n’avaient sûrement pas prévu cela : un Ministre de la Santé qui se fait huer pour affirmer que le NHS n’a jamais été en aussi bonne santé, alors qu’il est en pleine crise ; un Ministre de l’Intérieur qui doit présenter des excuses au Parlement pour avoir laissé disparaître dans la nature des prisonniers d’origine étrangère passibles d’expulsion ; enfin un Vice Premier Ministre contraint d’admettre ses infidélités conjugales. Cette dernière affaire n’est dans doute pas la plus grave, mais M. Prescott est devenu un passif pour le gouvernement. Il en est de même pour M. Clarke qui doit accepter les responsabilités de son poste. Il avait raison de présenter sa démission et, en dépit de ses capacités, il devra partir s’il commet une autre erreur. Quant à Mme Hewitt, elle ne sait pas présenter ses politiques et n’est pas faite pour le Ministère de la Santé. Le « mercredi noir » de Tony Blair est néanmoins la faute du Premier Ministre lui-même : c’est lui qui a refusé une fois de plus de faire un remaniement significatif au lendemain des élections et après le départ de David Blunkett. Pourtant, il est évident que nombre de ses ministres ne sont pas faits pour les fonctions qu’ils occupent. Une fois passées les élections locales, M. Blair aura une dernière chance de réorganiser son gouvernement. Il ne peut plus se permettre une autre erreur.

- Environnement : « Mes adversaires ne proposent que du vent », contribution de Menzies Campbell à l’INDEPENDENT

La conversion de David Cameron à la protection de l’environnement est bienvenue, mais on ne peut s’empêcher d’y réagir avec un peu de cynisme. En fait, face à tous les grands discours que l’on a pu entendre récemment, il est bon de rappeler que les générations futures nous jugeront à nos actions. Il faut agir dès maintenant et opter pour une économie ne provoquant que de faibles émissions de gaz carbonique. Les travaillistes comme les conservateurs ne proposent rien de sérieux. Ils devraient dès maintenant rejeter l’énergie nucléaire qui n’est sûrement pas une panacée (coût élevé, incertitudes en matière de santé et de sécurité). Ils devraient aussi envisager une décentralisation du système de distribution de l’énergie, en encourageant les énergies renouvelables. Pour montrer véritablement leur engagement, MM. Brown et Cameron pourraient également s’engager sur les points suivants : annoncer une hausse de l’impôt sur l’environnement ; promettre d’augmenter la vignette sur les véhicules automobiles ; proposer une augmentation des taxes sur les combustibles en rapport avec l’inflation (pour le moment, il y a gel de ces taxes) ; se montrer prêts à défendre un impôt sur les voyages aériens et enfin à augmenter l’impôt sur le changement climatique. Certes tout le monde doit jouer son rôle mais il revient aux gouvernements de donner l’exemple, et tout homme politique qui souhaite être pris au sérieux doit joindre l’acte à la parole.

- Relations Etats-Unis / Europe : les sentiments sont toujours réciproques, Linda Colley, professeur à l’université de Princeton, GUARDIAN

Les préjugés des Américains à l’égard de l’Europe font rarement les grands titres de la presse, mais ils existent et ils sont fortement enracinés. La perception d’une Europe potentiellement malveillante a été pendant longtemps une manière tacite pour les Etats-Unis d’affirmer leur supériorité culturelle et militaire. L’intervention des Américains lors des deux guerres mondiales a confirmé aux yeux de certains l’incapacité des Européens à se défendre eux-mêmes. Naturellement tous les Américains ne pensent pas de la sorte, mais les idées préconçues ont la vie dure. C’est pourquoi des pro-américains comme Tony Blair se trompent en affirmant que c’est l’anti-américanisme qui empoisonne les relations transatlantiques. De part et d’autre, il faut élargir ses horizons : pour les radicaux islamistes, ce n’est pas seulement l’Europe, mais aussi l’Amérique qui sont décadentes et représentent le passé. Dans une vingtaine d’années, peut-être plus tôt, la plupart des experts scientifiques mondiaux vivront en Asie. Il sera intéressant de voir alors ce qu’il adviendra de l’anti-européanisme des Américains et de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes si eux aussi sont considérés comme appartenant au vieux monde.