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Jeudi 24 juillet - RU/Labour, OMC, Darfour

Warwick sera plus délicat pour Brown que Glasgow, Peter Riddell, The Times

Le forum du Labour à Warwick représente un risque plus important que l’élection partielle de Glasgow aujourd’hui. Le résultat de l’élection écossaise ne remet pas en question l’avenir de Brown en tant que Premier ministre, au contraire du forum de Warwick qui va se projeter sur l’avenir du Labour et donc logiquement de son dirigeant. Gordon Brown va proposer des accords sur des thématiques populaires au sein du parti (développement durable par exemple…) afin d’apaiser les tensions internes. Brown s’est jusqu’à présent toujours opposé à réformer les droits syndicaux ou le code du travail dans un sens qui menacerait la compétitivité de l’économie britannique. Cependant le Labour traverse actuellement une crise d’identité et les syndicats détiennent une influence grandissante dans un parti lourdement endetté dont ils sont le principal financier. Le gouvernement est de plus divisé et certains conseillers du Premier Ministre militent pour trouver un compromis avec les syndicats sur une réforme du travail. Les leaders syndicaux ne veulent pas pour autant pousser Brown trop loin dans des réformes qui pourraient renforcer encore un peu plus les conservateurs et discréditer l’image de Brown auprès, certes, des entreprises mais surtout des électeurs.

OMC : Parler jusqu’à ne rien faire, Editorial, The Guardian

Les discussions d’hier à Genève ont montré l’ampleur du fossé entre la théorie économique et la réalité politique. Les négociations de l’OMC s’appuient sur une simple conviction : le libre commerce bénéficie à tous. L’OMC est supposée en être le vecteur le plus équitable. Malgré ses défauts, c’est vrai. Le problème est que l’OMC est aussi inefficace que n’importe quelle autre organisation multilatérale. C’est en partie pour des raisons politiques. Si les discussions de Doha n’aboutissaient pas les pays riches utiliseraient cet échec comme excuse pour leurs négociations bilatérales, inéquitables, avec les pays en voie de développement. La plus triste leçon à tirer de l’échec de Doha se situe peut-être dans un autre domaine : le changement climatique. Ici aussi, une action internationale coordonnée est nécessaire. Ici aussi, les pays pauvres ne veulent pas infliger de freins à leur économie à moins que les pays riches ne montrent l’exemple. Mais les enjeux sont autrement plus importants.

Plaidoyer contre al Bashir, Editorial, The Times

Hier, le Président al-Bashir s’est rendu au Darfour pour la première fois de l’année. Le « nettoyage ethnique » qu’il a autorisé dans la région a fait 300 000 morts et 2,5 millions de sans abris. Les trois colombes lâchées hier ne peuvent dissimuler qu’al-Bashir n’est pas un homme de paix. La CPI l’a accusé de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, et de génocide. Malgré les preuves, la Cour doit agir prudemment, pour protéger les ONG ainsi que les réfugiés du Darfour, qui seraient en danger si al-Bashir décidait que son offensive diplomatique actuelle ne sert à rien. Enfin, inculper al-Bashir alors qu’il est au pouvoir créerait un précédent qui briserait l’immunité des chefs d’état du monde et pourrait inciter l’ingérence de l’institution judiciaire dans les affaires nationales. Que penser d’un procureur zélé qui déciderait que l’engagement britannique dans la guerre d’Irak serait un crime de guerre ? Bien sûr, dans le cas d’al-Bashir, il est évident qu’aucun dirigeant n’a le droit de commettre de telles atrocités. Mais si les accusations contre al-Bashir doivent être formulées avec rigueur, il faudrait attendre qu’il quitte le pouvoir pour entamer les poursuites.