A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (21 août).
- Royaume-Uni : La menace de stagflation place la Banque d’Angleterre devant un dilemme, Larry Elliott, GUARDIAN
Le dernier rapport mensuel de la confédération patronale britannique (CBI) n’est pas de bon augure pour l’industrie : commandes en baisse, augmentation des stocks, hausse des coûts. Et il faut prévoir une forte réduction de la production. La situation n’a jamais été aussi mauvaise depuis les attentats du 11 septembre. Avec la perspective d’un taux d’inflation de 5%, la Banque d’Angleterre est placée devant un dilemme : une augmentation des taux d’intérêt risquerait d’affecter les entreprises et de porter atteinte à la confiance des consommateurs. Une baisse des taux pourrait peut-être améliorer la situation, mais elle pourrait aussi envoyer un mauvais message en montrant que la Banque d’Angleterre manque de fermeté face à l’inflation. Le Comité de politique monétaire a donc choisi la moins mauvaise des options : garder les taux inchangés. Les risques inflationnistes demeurent néanmoins. La City attend de voir la réaction des consommateurs après la chute de l’immobilier et la baisse de leurs revenus en termes réels.
- Royaume-Uni : Une politique de défense crédible exige des ressources appropriées, éditorial, FINANCIAL TIMES
La décision du Royaume-Uni de chercher des acheteurs pour ses Eurofighters relève du bon sens compte tenu des limites budgétaires du Ministère de la défense. Les grands projets annoncés par le gouvernement, notamment l’achat de deux nouveaux porte-avions et le remplacement du Trident (dissuasion nucléaire) impliquent un déficit de 2 milliards de livres sterling. Il faut donc renoncer à quelque chose. Mais on peut s’interroger sur l’efficacité d’un Ministère qui se heurte souvent à des retards de livraison, dépasse ses limites budgétaires et semble incapable de prendre des décisions à long terme. Un nouveau pragmatisme est donc bienvenu, mais cela ne suffira pas : il faut accroître le budget de la défense. Le Royaume-Uni ne peut peut-être pas tout faire : lutter contre le terrorisme, dépenser des milliards dans la dissuasion et acquérir de nouveaux porte-avions. Mais une politique de défense crédible requiert des ressources crédibles, après qu’un gouvernement crédible ait présenté les bons arguments pour cela.
- Russie : La Syrie doit se méfier des offres de Moscou, éditorial, TIMES
Alors qu’il y a un mois la Syrie semblait sur le point de normaliser ses relations avec le Liban et prête à négocier avec Israël, le président Assad, attendu aujourd’hui à Moscou, a soutenu avec enthousiasme l’invasion de la Géorgie et conclu un accord militaire avec la Russie. Mais si le Kremlin cherche à exploiter la crise du Caucase pour ramener le Proche Orient à la période de la guerre froide, c’est la Syrie et tous les anciens alliés de l’Union soviétique dans la région qui en souffriront le plus. Les raisons de la Russie sont claires : sur le plan stratégique, elle obtient l’accès à deux ports syriens et peut utiliser le sol syrien pour ses systèmes de défense aériens. Au plan diplomatique, un rapprochement avec Damas envoie un signal de défi à l’OTAN. Mais la Syrie est stupide : Moscou n’a aucune raison idéologique d’aider à son développement. Une fois que le Kremlin aura fait ses grands discours, la base de ses relations avec Damas sera strictement commerciale. Jusqu’à la semaine dernière, la Syrie pouvait espérer la reprise de relations diplomatiques avec Washington lors de l’arrivée d’un nouveau président. Ce n’est plus aussi sûr maintenant, et les Syriens risquent de continuer à subir les sanctions américaines.
Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Times (Diffusion : 657 301), Groupe Murdoch, centre droit, mais a soutenu Tony Blair Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen
Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin@diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028