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Jeudi 20 Avril

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE

20 avril 2006

- Peugeot / Royaume-Uni : « Il est prématuré de sonner le glas de l’industrie britannique », éditorial, FINANCIAL TIMES

La fermeture de l’usine Peugeot de Coventry est certes une tragédie pour les 2300 personnes qui y étaient employées, mais ce n’est pas un revers majeur pour l’industrie britannique, ni un échec de la politique de flexibilité du marché du travail, contrairement à ce que prétendent les syndicats. La décision du groupe français n’a rien de surprenant, l’usine de Ryton ne fabriquait plus qu’un seul modèle. La société blâme le coût élevé de la production, mais d’autres constructeurs automobiles (BMW, Toyota) parviennent à avoir des entreprises rentables. En fait, l’industrie britannique a enregistré une nette reprise depuis 20 ans, elle ne se situe pas loin derrière la France en termes de pourcentage du PNB. Ce qui attire les entreprises étrangères au Royaume-Uni, c’est la flexibilité, laquelle ne rend pas pour autant les employés britanniques plus vulnérables. Pour ceux qui perdent leur emploi, il est beaucoup plus facile d’en retrouver que pour leurs collègues français.

- Peugeot / Royaume-Uni : « Nous donnons un mauvais exemple aux Français », Mary Dejevsky, INDEPENDENT

La fermeture de l’usine Peugeot de Ryton n’a rien à voir avec le fait qu’il est plus facile de licencier les ouvriers au Royaume-Uni qu’en France. Elle est la conséquence de la faible productivité, talon d’Achille de notre pays. Il coûte en fait plus cher de produire une voiture ici qu’en France. Pourquoi alors si les Français sont plus productifs, l’économie française n’est-elle pas plus prospère ? D’abord, on n’utilise pas les mêmes indicateurs économiques. Puis il y a la rigidité du marché à laquelle le gouvernement a tenté, sans succès, de remédier avec le CPE. M. de Villepin a commis la même erreur que ses prédécesseurs en voulant s’inspirer de Tony Blair pour adapter l’économie du pays au monde moderne. Cette démarche menace de détériorer la qualité de tous les services : France Telecom privatisée a perdu de son efficacité. Qui sait combien de temps cela prendra ? Une chose est sûre : la productivité va baisser en France.

- Energie : « Il faut se préparer à une alliance du même type que l’OTAN », contribution de James Pykerton (ancien conseiller de Ronald Reagan) au FINANCIAL TIMES

Le pétrole est une des substances les plus paradoxales : d’une extrême valeur, extrêmement nécessaire, mais aussi extrêmement dangereuse. C’est pourquoi le marché ne doit plus être le seul arbitre en la matière. L’OPEP a déjà fait un cartel des pays producteurs. On verra bientôt se créer un cartel des pays consommateurs. On pourrait envisager de donner à l’Agence Internationale de l’Energie, basée à Paris, un plus grand rôle, mais les Etats-Unis risquent de se montrer réticents. Ce qui est certain, c’est que pour être efficace une organisation internationale doit aujourd’hui être de petite dimension et se concentrer sur un sujet précis. Comme l’OTAN, elle peut être l’idée d’un pays et étendue à tous les continents. Un projet pour l’énergie a été présenté en ce sens par Richard Lugar, du Foreign Relations Committee du sénat, avec l’Energy Diplomacy And Security Act : il propose la création de partenariats stratégiques et de forums de coopération, notamment en cas de crise risquant d’entraîner une flambée des prix. Ce ne sont pas des idées entièrement nouvelles mais elles pourraient faire date. Ce genre de dirigisme peut déplaire à certains, mais si les Etats-Unis prennent une initiative, le reste du monde, toujours plus à l’aise avec les solutions étatistes, suivra sûrement avec enthousiasme.

- Royaume-Uni : « Notre avenir se trouve en Europe, non avec les Etats-Unis, selon les femmes », Peter Riddell, TIMES

Par ses récents discours, Tony Blair montre qu’il reste extrêmement proche du Président Bush et qu’il est plus positif que jamais à l’égard des Etats-Unis. La question de l’Irak et son rapprochement avec les Américains sont pourtant souvent perçus comme étant la principale cause de l’impopularité du Premier Ministre. Le public est en fait divisé : 71% des personnes interrogées estiment que la relation spéciale est importante pour la sécurité à long terme du Royaume-Uni, mais 67% pensent que l’avenir du pays est davantage lié à l’Europe qu’aux Etats-Unis. Les femmes, les jeunes et les Libéraux-démocrates se situent le plus souvent dans le second groupe.

- Royaume-Uni / Etats-Unis : « L’Histoire d’amour de Brown avec les Américains reste aussi forte que jamais », James Blitz, FINANCIAL TIMES

Les Etats-Unis comptent beaucoup pour Gordon Brown et on en a pour preuve le choix qu’il a fait de New York pour un discours important sur l’environnement. Si le Chancelier de l’Echiquier met en avant son étiquette « verte », c’est surtout à l’adresse des électeurs britanniques, mais il sait fort bien aussi qu’il ne sera pas possible de faire avancer la lutte contre le changement climatique sans l’engagement de la plus grosse économie du monde. Ce n’est pas tout : M. Brown a accueilli hier deux anciens Secrétaires au trésor américains pour discuter des défis de la mondialisation. Le candidat à la succession de Tony Blair n’a jamais caché que l’Amérique l’a influencé davantage que l’Europe. Il a de bonnes relations avec M. Sarkozy mais s’est toujours méfié de ses déclarations sur la libéralisation, jamais suivies dans les actes. Pourquoi l’attraction envers Washington ? M. Brown y a puisé l’inspiration de nombreuses de ses politiques. De plus, la relation lui permet aussi de rejeter l’accusation des conservateurs le présentant comme un travailliste de la vieille école. Surtout, il aime le pouvoir et entend non seulement devenir Premier Ministre mais avoir du poids sur la cène internationale. Il a besoin des Etats-Unis pour cela.