A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (2 FEVRIER 2012)
SYNTHESE
La politique intérieure occupe encore une large place avec la poursuite du débat sur les modalités de rémunérations et de récompenses des dirigeants des banques. Plusieurs journaux évoquent également l’épreuve de force entre le gouvernement et les Lords, alors que David Cameron envisage le recours à une procédure exceptionnelle pour outrepasser la deuxième Chambre et faire adopter le projet de loi sur la réforme de l’Etat-providence (qui permettrait de plafonner les prestations sociales à 26.000 livres par an et par foyer). Quelques articles annoncent un discours du Secrétaire d’Etat à l’Immigration sur le thème d’une « politique sélective » : ouvrir les portes du pays aux « meilleurs et aux plus brillants ». Enfin, une interview de David Miliband publiée par le NewStatesman est reprise par les principaux journaux : l’ancien chef de la diplomatie britannique critique de manière à peine voilée la stratégie de son frère qui dirige aujourd’hui le Labour de façon trop « rassurante », mais « sans assurance ».
En politique internationale, le rapport de l’OTAN sur l’Afghanistan fait couler beaucoup d’encre : pour le GUARDIAN, sceptique depuis longtemps sur la mission menée dans ce pays, cette guerre ne produit pas d’effets, ce qui justifie a contrario la décision du président Sarkozy de retirer ses troupes plus tôt que prévu. Le DAILY TELEGRAPH considère que le but de la mission reste toujours, comme il y a 11 ans, d’empêcher l’Afghanistan de servir de base pour le terrorisme international. Il s’interroge cependant sur le maintien de l’armée britannique surtout si les soldats américains venaient à se retirer. Quelques journaux évoquent la volonté du président Obama d’accélérer le retrait de certaines de ses troupes d’ici la fin 2013. Concernant la Syrie, les articles se concentrent sur la position de la Russie, son degré de soutien à Damas et sa volonté de débloquer l’impasse actuelle.
Sur la France, l’affaire des Rafale et du contrat avec l’Inde continue à susciter une importante couverture. Les journaux reprennent les déclarations de David Cameron qui a promis devant les Communes de faire tout son possible pour amener l’Inde à revenir sur sa décision. Le DAILY TELEGRAPH et le TIMES reviennent sur le coût du rapatriement de Pierre Sarkozy d’Ukraine en se référant aux révélations du Canard Enchaîné.
Afghanistan
DT Editorial : Rester en Afghanistan
La menace d’Al Qaïda demeure, et c’est pour empêcher les terroristes islamistes d’opérer à partir de bases en Afghanistan que les troupes de l’OTAN ont passé les 11 dernières années à se battre : 397 soldats britanniques y ont laissé leur vie, mais c’est un sacrifice justifié car il rend notre nation plus sûre. Notre engagement devient cependant de plus en plus difficile à défendre du fait de l’interférence pernicieuse du Pakistan dans le conflit. Un rapport « fuité » de l’OTAN confirme ce que l’on savait depuis longtemps, à savoir que les services de renseignement pakistanais se joignent aux Talibans pour combattre les forces occidentales. Il n’est pas ragoutant de devoir admettre que l’ennemi que nos soldats ont combattu avec une telle intensité, doit avoir inévitablement son mot à dire pour l’avenir de l’Afghanistan. Des discussions préliminaires sont en cours au Qatar entre Américains et Talibans, et d’autres discussions avec le gouvernement afghan commenceront prochainement en Arabie saoudite. Ces initiatives doivent être encouragées. L’objectif, tout comme c’était le cas il y a 11 ans, reste d’empêcher l’Afghanistan de devenir une base de terrorisme international. Malheureusement, la mission de l’OTAN est en train de se désintégrer : les Français ont décidé de retirer leurs soldats d’Afghanistan l’année prochaine, 12 mois plus tôt que prévu. Barack Obama sera tenté d’en faire autant dans la perspective des présidentielles. De sérieuses questions se poseront sur la crédibilité de l’OTAN et sur le bien-fondé d’un maintien des troupes britanniques pendant trois ans encore en Afghanistan, avec tous les risques et les coûts que cela implique.
Rafale
Guardian Patrick Wintour, Richard Wachman : La perte du contrat avec l’Inde fait craindre des suppressions d’emplois Le gouvernement britannique se fait de nouveau critiquer pour ne pas avoir suffisamment soutenu l’industrie nationale après la décision du gouvernement indien de donner sa préférence à l’achat de 126 avions français, au détriment du Typhoon BAE Systems détient 33% de l’avion de combat Typhoon, et les syndicats craignent des suppressions d’emplois, ce que démentent à la fois l’entreprise et David Cameron. Downing Street a déclaré qu’il demandera au gouvernement de Delhi pourquoi il a choisi l’avion français. Il est même question que le Royaume-Uni demande à la Commission européenne d’examiner la possibilité d’une contravention aux règles européennes sur les aides d’Etat, mais les autorités affirment qu’il « est prématuré de parler en ces termes ». La décision indienne représente un sérieux revers pour le gouvernement britannique après les déclarations du président Sarkozy sur l’état de l’industrie du Royaume-Uni. David Cameron, qui avait l’année dernière pris la tête d’une des plus importantes délégations de chefs d’entreprise britanniques en Inde, s’était lancé dans un lobbying intensif pour le Typhoon. L’Inde a cependant décidé de discuter exclusivement avec les Français. Les députés conservateurs s’interrogent sur le bien-fondé du programme britannique d’aide au développement en Inde maintenant que cette dernière se tourne vers la France. Les observateurs estiment cependant que le gouvernement indien pourrait encore changer d’avis. Selon les déclarations faites hier aux Communes par David Cameron, « le Typhoon est un avion superbe, bien supérieur au Rafale. Je ferai naturellement tout mon possible pour encourager les Indiens à considérer le Typhoon ». L’opposition travailliste dénonce la politique du gouvernement sur l’emploi et la croissance et craint les répercussions sur l’industrie aérospatiale britannique. A noter que le FINANCIAL TIMES, dans sa colonne LEX, estime pour sa part que cette décision en faveur de Dassault ne devrait pas favoriser la nécessaire consolidation de secteur français des industries d’armement.
Daily Telegraph (Diffusion : 603.901), conservateur, eurosceptique Times (Diffusion : 417.197), Groupe Murdoch, centre droit Financial Times (Diffusion : 345.077au Royaume-Uni sur un total de près de 1,7 million dans le monde), libéral, pro-UE, mais critique sur les questions économiques et financières Independent (Diffusion : 133.449), centre gauche, libéral, écologiste, pro-UE Guardian (Diffusion : 230.541), centre-gauche, libéral, pro-UE Sun (Diffusion : 2.715.473), conservateur, eurosceptique Daily Mail (Diffusion : 1.998.363)1, conservateur, eurosceptique Daily Mirror (Diffusion : 1.118.120), travailliste Daily Express (Diffusion : 614.534), hostile au Labour et à l’Europe The Economist (Diffusion : un peu plus de 200.000 au Royaume-Uni sur un total de près de 1,5 million dans le monde)), libéral Sunday Times (Diffusion : 967.990) Sunday Telegraph (Diffusion : 471.894) The Observer (Diffusion : 268.355) Independent on Sunday (Diffusion:130.942)
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