A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (14 août).
- Russie/Géorgie : Il faut garder l’ours dans sa cage, éditorial, DAILY TELEGRAPH
Le gouvernement géorgien a reçu son plus grand soutien de la Pologne, de l’Ukraine, et de tous les petits pays qui ont vécu sous la botte soviétique. Le président Bush a vivement dénoncé l’action de la Russie et ordonné l’envoi d’une mission humanitaire. L’Union européenne ne se montre pas, pour sa part, un médiateur convaincant. Les pays occidentaux doivent pourtant faire comprendre à M. Poutine ce que lui coûtera son revanchisme : les négociations sur un nouveau partenariat stratégique ainsi que les réunions du Conseil Russie/OTAN doivent être suspendues. La Russie doit être exclue du G8, et il faut lui fermer la porte de l’OMC. Traiter en toute impunité ce qui s’est produit en Géorgie ne ferait qu’encourager le Kremlin à faire la même chose ailleurs, notamment en Ukraine qui aspire aussi à entrer dans l’OTAN. Moscou pourrait être également tenté d’intervenir en Estonie et en Lettonie pour soutenir la minorité russe, et faire pression sur la Lituanie pour établir un couloir vers l’enclave de Kaliningrad. Afin d’empêcher toutes nouvelles actions revanchardes, il faut bien faire comprendre aux Russes qu’ils risqueraient un gel de leurs considérables avoirs dans les pays occidentaux. Avec l’isolement diplomatique, c’est la meilleure façon de les détourner d’une sinistre ambition de recréer leur ancienne sphère d’influence.
- Géorgie : Plus que d’une agression russe, il s’agit d’expansionnisme américain, Seumas Milne, GUARDIAN
Les derniers événements en Géorgie ont montré l’hypocrisie écoeurante de certains dirigeants occidentaux et des médias. M. Bush et M. Brown ont dénoncé l’agression de la Russie et l’invasion d’un « état démocratique souverain ». Mais qui, en 2003, a envahi l’Irak sous un faux prétexte et empêché un cessez-le-feu au Liban en 2006 ? Il ne faut pas oublier que c’est la Géorgie qui a déclenché les hostilités jeudi dernier. La question de l’Ossétie du sud est ancienne et sera longue à régler même par la négociation. Les Etats-Unis ont envenimé les choses en cherchant à promouvoir un gouvernement pro-occidental en Géorgie, pour en faire une base anti-russe dans la région. Ils s’efforcent de faire entrer ce pays dans l’OTAN et d’affaiblir la position de la Russie en matière de contrôle de l’énergie. Et ils ont soutenu l’indépendance du Kosovo, dont le statut est assimilé par Moscou à celui de l’Ossétie du sud. La Géorgie est devenue un satellite américain que Washington est déterminé à utiliser pour renforcer son hégémonie. La crise actuelle n’est pas le résultat d’une agression russe mais un acte d’expansionnisme américain qui a eu de graves conséquences. Et en dépit du langage ferme employé par M. Bush, cette guerre a montré les limites de la puissance des Etats-Unis dans la région.
- Royaume-Uni : La Banque d’Angleterre doit se montrer ferme sur l’inflation, éditorial, FINANCIAL TIMES
L’inflation au Royaume-Uni atteint un taux annuel de 4,4%. Dans le même temps, l’économie ralentit et le chômage augmente. Les perspectives économiques sont tellement incertaines que la Banque d’Angleterre risque de prendre la mauvaise décision en matière de taux d’intérêt. La question est de savoir si le ralentissement suffira pour faire baisser l’inflation au cours des deux années à venir ou bien s’il faudra relever les taux mais de ce fait affaiblir plus encore l’économie. Il est vraisemblable qu’un maintien des taux à leur niveau actuel est la meilleure solution. Mais la Banque d’Angleterre doit se préoccuper de sa crédibilité pour conserver la confiance du public. C’est pourquoi elle doit se tenir prête à une hausse des taux et signaler sa détermination.
Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen
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