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Jeudi 12 août - Banque d’Angleterre/Economie britannique, Cachemire

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (12 AOUT)

ECONOMIE BRITANNIQUE

- Rapport de la Banque d’Angleterre :

Le dernier rapport trimestriel de la Banque d’Angleterre, qui révise à la baisse les prévisions de croissance pour 2011 (2,7% au lieu de 3,4%), occupe une place importante dans la presse, qui relève notamment la mauvaise réaction des marchés et les craintes d’une nouvelle récession. Les journaux sont cependant divisés sur les conclusions à en tirer.

La presse conservatrice appelle le gouvernement à maintenir sa stratégie. Ainsi du DAILY TELEGRAPH qui estime limité le risque d’un retour à la récession : l’inflation, même si elle est un peu élevée, n’est en rien menaçante et il y a de bonnes raisons de se réjouir. La production industrielle atteint un niveau record, les exportations sont à leur plus haut niveau depuis 30 ans et le nombre des chômeurs diminue. Il faut ignorer les appels « prévisibles » de l’opposition à un ralentissement de la consolidation : la réduction des dépenses doit être mise en place comme prévu. « Restaurer les finances publiques après les années de gaspillage du Labour est fondamental pour la reprise, et non une option ».

Le TIMES rappelle lui aussi son soutien à l’approche du gouvernement : des réductions importantes des dépenses publiques doivent être appliquées de toute urgence pour réduire un déficit qui risquerait autrement de s’amplifier, ce qui rendrait plus difficile encore sa correction à l’avenir. Le journal souligne le rôle important du Comité de Politique Monétaire de la Banque d’Angleterre qui doit, selon lui, prendre « la bonne décision » de maintenir les taux d’intérêt à leur bas niveau actuel. Les relever maintenant en vue de ralentir l’inflation risquerait de plonger l’économie dans une nouvelle récession. « Il n’y a aucune raison de céder à la panique », renchérit le commentateur du SUN.

Le FINANCIAL TIMES estime qu’il ne faut pas prendre au pied de la lettre les prévisions de la Banque d’Angleterre qui sont loin d’être toujours justes. Les décisions de la Banque Centrale comptent évidemment, ses prévisions aussi, mais indirectement en ce sens qu’elles aident les marchés à comprendre sa stratégie. Le rapport trimestriel est avant tout un rituel, ajoute le journal qui estime cependant que dans ce domaine « le rituel est de loin préférable au drame ».

Le GUARDIAN qui, comme plusieurs de ses confrères de centre-gauche, craint que des réductions de dépenses trop massives et trop rapides ne précipitent une nouvelle récession, se montre très critique envers Mervyn King, gouvernement de la Banque Centrale, qui selon le journal n’est pas apte à diriger la politique économique du pays : non seulement il se trompe dans ses prévisions, mais il ne maîtrise pas l’inflation. Il a trop de pouvoirs de sorte que le Chancelier de l’Echiquier, George Osborne, doit se battre avec la crise « en ayant un bras lié ». Dans le même journal, Seumas Milne n’exclut pas que David Cameron soit obligé d’opérer un « revirement » si le pays plonge de nouveau dans la récession. Une idée évoquée également par l’éditorialiste de l’INDEPENDENT : « les signaux sont contradictoires sans pour autant annoncer un désastre ». Mais l’économie reste fragile : « la santé du patient est extrêmement délicate et Messieurs Cameron, Clegg et Osborne devront adapter le traitement en fonction des besoins ».

AFGHANISTAN

- On ne peut plus ignorer la question du Cachemire, Simon Tisdall, GUARDIAN

Le regain de violence au Cachemire a déjà bouleversé les discussions de paix entre l’Inde et le Pakistan. Mais, plus grave encore pour le Royaume-Uni et les Etats-Unis, une nouvelle confrontation sur cette question pourrait faire dérailler leur stratégie en Afghanistan. Le gouvernement indien reprend toujours le même refrain en blâmant le Pakistan qu’il accuse de soutenir des groupes islamistes comme Lashkar-e-Taïba qui cherchent à déstabiliser le Cachemire. Delhi a des œillères depuis 1947, ignorant les demandes de l’ONU pour un vote sur l’autodétermination, truquant les élections, manipulant ou renversant les gouvernements élus et négligeant le développement économique. C’est là le cœur du problème. Selon une étude de Chatham House, 43% de la population du Cachemire souhaite l’indépendance et seule 21% d’entre elle – pour la plupart dans la partie indienne – veut faire partie de l’Inde. Presque personne ne désire rejoindre le Pakistan. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’ONU ont tendance à rester muets sur le Cachemire pour ne pas froisser l’Inde. Ils ont tort : une paix durable en Afghanistan nécessite un effort concerté pour amener l’Inde et le Pakistan à la table de négociations, et cela signifie avant tout qu’ils mettent fin à leur confrontation à propos du cachemire.

Financial Times (Diffusion : 390.203), libéral, pro-européen Daily Telegraph (Diffusion : 685.177), conservateur, eurosceptique Independent (Diffusion : 183.54), centre gauche, libéral, écologiste, pro-européen Guardian (Diffusion : 284.514), centre-gauche, libéral, pro-européen

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028