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Jeudi 11 mars - Gordon Brown, Israël, Union européenne/CDS

A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE (11 MARS)

- Royaume-Uni : Le Labour mérite-t-il une autre chance ? éditorial, DAILY TELEGRAPH

On peut penser ce que l’on veut de Gordon Brown, mais on ne peut qu’admirer sa faculté de récupération : voilà un leader qui a dû se remettre d’au moins trois tentatives de renversement, affronter la plus grave récession depuis la seconde guerre mondiale et dont la popularité est au plus bas. Il devrait être mort et enterré ; il n’a cependant pas abandonné la partie : en annonçant le budget pour le 24 mars, M. Brown a en fait lancé la campagne électorale. Le Premier ministre ne manque ni de courage ni de détermination, mais il a le grand défaut de ne pas admettre ses responsabilités : il blâme les événements mondiaux pour les difficultés économiques du Royaume-Uni, mais il aurait dû durant ses années au Trésor mettre de l’argent de côté en prévision d’une période moins propice. Il aurait dû aussi reconnaître depuis plusieurs mois la nécessité d’une réduction des dépenses publiques. M. Brown s’obstine également à ne pas admettre que l’armée a été privée d’équipement adéquat en Afghanistan. Après 13 années au pouvoir, le Labour n’a plus le droit de dire que les choses ne peuvent que s’améliorer. Les électeurs doivent certes étudier attentivement le programme des principaux partis, mais ils sont aussi en droit de se demander si le Labour, qui a mené le pays au bord de la faillite, mérite une autre chance.

- Israël : Cette fois, Barack Obama doit hausser le ton, Simon Tisdall, GUARDIAN

Ce n’est pas la première fois qu’Israël met des bâtons dans les roues de M. Obama alors que ce dernier cherche à relancer le processus de paix au Proche Orient. L’annonce soudaine, en pleine visite de Joe Biden, de la création de 1600 logements à Jérusalem-Est représente la rebuffade la plus brutale face aux efforts du président américain. Comment croire que M. Nétanyahou n’était pas au courant de ce projet ? Jusqu’à présent, les Américains ont été trop polis, ou trop faibles, face au Premier ministre israélien qui a passé la majeure partie de l’année dernière à faire obstacle aux tentatives de médiation dans le conflit israélo-palestinien. Cela pourrait changer : le problème pour M. Obama – et pas seulement au Proche Orient – c’est qu’on l’aime bien mais qu’il ne fait pas peur. Ses conseillers estiment qu’il doit commencer à se battre et à défendre ses idées avec passion. La visite de M. Biden en Israël pourrait annoncer une nouvelle approche, car il n’a pas mâché ses mots après l’insulte qui lui a été infligée. L’Etat hébreu ne s’en rend peut-être pas compte, mais il ne peut pas se permettre de traiter ainsi ses amis. Que ce soit en violant le droit international, comme à Gaza, en insultant ses voisins, comme la Turquie, ou en volant des passeports pour faire assassiner ses ennemis, comme à Dubaï, Israël va trop loin. M. Nétanyahou vient de susciter la colère du plus grand et du plus puissant allié de son pays. Il doit prendre garde.

- Europe : L’attaque contre les swaps de défaut de crédit (CDS) est purement politique, éditorial, FINANCIAL TIMES

La proposition de certains dirigeants européens d’interdire les ventes purement spéculatives sur les CDS a un objectif : détourner l’attention de leur incapacité à faire face à la crise de la dette grecque. Elle ne fait rien pour résoudre la crise ou en empêcher de nouvelles à l’avenir. M. Papandréou fustige les spéculateurs. Mme Merkel et Mme Lagarde font écho à son appel d’une limitation sur la vente de certains types de CDS. Ils sont mal informés. Ainsi que nous l’avons déjà souligné, la hausse des taux de rendement des obligations cette année a précédé celle des prix des CDS, non l’inverse. Il ne s’agit pas évidemment de nier que les CDS peuvent créer de l’instabilité, mais les interdire serait stupide. L’extrême prodigalité de la Grèce et une mauvaise application des règles de la zone euro sont responsables de la crise de la dette, non les acheteurs de CDS. La seule punition que les dirigeants européens devraient envisager à leur égard serait de faire en sorte que la Grèce ne fasse pas faillite.

FRANCE

Les tabloïds continuent de spéculer sur l’état du mariage du président de la République. Faisant allusion à l’interview de Sky News, le DAILY TELEGRAPH estime que Mme Carla Bruni Sarkozy n’a rien fait pour calmer les spéculations. Le DAILY EXPRESS souligne en revanche que l’épouse du président a exprimé sa totale confiance dans M. Sarkozy. Quant à l’INDEPENDENT, il s’interroge : « Est-ce la fin de l’histoire ou une mauvaise plaisanterie cruelle » ?

Financial Times (Diffusion : 437.519, dont 300.000 hors du Royaume-Uni), libéral, pro-européen Daily Telegraph (Diffusion : 901 428), conservateur, eurosceptique Guardian (Diffusion : 378.501), centre-gauche, libéral, pro-européen

Rédactrice : Lydie Naudin, attachée de presse. Lydie.naudin diplomatie.gouv.fr. Tel : 00 44 (0) 207 073 1028