A NE PAS MANQUER AUJOURD’HUI DANS LA PRESSE BRITANNIQUE
11 mai 2006
- Crise palestinienne : « Une aide temporaire ne sera guère plus qu’une cautère sur une jambe de bois », éditorial, FINANCIAL TIMES
La décision prise cette semaine sur l’aide aux Palestiniens vient heureusement remédier à une politique stérile et destructrice qui n’a en rien entamé le soutien aux radicaux islamistes, n’a pas incité ces derniers à changer leur position sur l’Etat d’Israël et a en revanche accru les sentiments anti-occidentaux chez tous les Arabes. Le peuple palestinien a été puni pour avoir élu le Hamas, alors qu’il l’a fait en partie à cause de l’échec d’un processus de paix qu’il continue de soutenir. Une telle punition collective est illégale aux termes du droit international. Elle est immorale aussi. Continuer de couper l’aide aux Palestiniens serait catastrophique non seulement pour ces derniers, mais pour les Israéliens. Les Européens semblent en avoir convaincu les Américains. Mais une aide temporaire ne résout que partiellement le problème. Le défi pour le quartet sera non seulement d’amener le Hamas à la table de négociations, mais d’empêcher Israël de poursuivre la colonisation et de créer ainsi un fait accompli. Il n’y aura jamais de sécurité pour Israël, encore moins de justice pour les Palestiniens, tant que l’on permet la poursuite de cette annexion rampante de territoires.
- Union Européenne : « Comment résoudre la crise de légitimité de l’Europe », contribution de Larry Siedentop, écrivain et membre honoraire de Keble College à Oxford,au FINANCIAL TIMES
On recommence à parler d’une constitution pour l’Europe, en grande partie sous l’impulsion de l’Allemagne, mais il semble qu’il sera difficile de sortir de l’impasse : d’un côté, les pragmatiques, sous la conduite du Royaume-Uni, préféreraient oublier le projet et laisser faire le marché unique. De l’autre, les formalistes veulent une constitution cohérente. Ce genre de crise se produit lorsqu’il n’y a pas de structure vraiment comprise et acceptée pour la prise de décisions. Pour trouver une solution, il faut penser en termes de processus plutôt que de résultat. L’objectif est de créer une sorte de sens constitutionnel, amener l’opinion à mieux comprendre et mieux accepter l’Europe. Rien ne confirmerait davantage les soupçons selon lesquels l’Europe est devenue une aventure élitiste que d’ignorer le « non » des Français et des Néerlandais et adopter le traité. L’Union Européenne devrait préparer un calendrier des problèmes à débattre par les Etats membres, les invitant à attirer l’attention du public sur un sujet particulier tous les ans. Il faut concentrer les esprits, alors que la Convention sur l’Avenir de l’Europe cherchait à aborder trop de sujets simultanément et rendait impossible la mobilisation de l’opinion. Les classes politiques nationales doivent prendre les choses en main et guider leurs électeurs. Cela permettrait de redresser ce qui est devenu la faiblesse de l’Union dans sa forme actuelle. L’existence du parlement européen a servi d’excuse à ces classes politiques pour se distancer du projet européen, dont la légitimité s’est du coup trouvée minée.
- Royaume-Uni : « Les conservateurs ne doivent pas céder aux préjugés contre les entreprises », éditorial, FINANCIAL TIMES
Ce journal soutient les efforts de David Cameron visant à recentrer le parti conservateur afin d’entrer efficacement en compétition avec le Labour. Mais il n’est guère judicieux de la part de ce dirigeant de céder aux préjugés populaires et de s’en prendre aux grosses entreprises. Critiquer les super-marchés qui forcent à fermer les petites boutiques incapables de soutenir la concurrence montre une totale incompréhension du système des marchés et de leur processus de destruction créatrice. Il faut espérer que les critiques suscitées par son intervention inciteront M. Cameron à ne plus aborder à l’avenir l’idée nébuleuse de la responsabilité sociale des entreprises. Même si elle sonne bien en principe, elle n’offre guère une base rigoureuse pour une politique crédible. Mieux vaut dire que les conservateurs sont en faveur de marchés compétitifs et engager les entreprises à réfléchir à leurs propres intérêts à long terme. Ce serait de la bonne politique. Le FT et la plupart des Britanniques souhaitent la compétition en politique, ils ne veulent pas que ce soit aux dépens d’une économie compétitive.