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Evry, la capitale française du gène et des biotechnologies

Créé en 1998, le Genopole français d’Évry bénéficie d¹une renommée aujourd’hui mondiale. Véritable capitale du gène associant chercheurs, étudiants, entrepreneurs et bientôt médecins, ce bioparc, qui soutient la recherche en sciences du vivant, a su attirer dans la ville nouvelle d’Évry, à 25 km de Paris, des laboratoires publics et privés, des start-up et des grands groupes internationaux. Depuis le début, Genopole a tissé des liens solides avec les grands acteurs du secteur des biotechnologies en focalisant son action internationale sur les principaux biopôles d’Europe, d’Asie, d’Israël et d’Amérique du nord. Deux grands projets sont à l’ordre du jour : la création d’un centre de bioproduction et la construction d’un nouvel hôpital.

Alors que les biotechnologies connaissent un essor sans précédent, la création de Genopole, à Évry, au sud de Paris, en 1998, sous l’impulsion de l’État, des collectivités territoriales et de l’Association française contre les myopathies (AFM), transforme l’ambition du gouvernement français de faire de ce bioparc dédié aux sciences du génome et aux technologies l’un des grands acteurs mondiaux de ce domaine, en réalité. “Il s’agissait d’abord de créer un campus scientifique de haut niveau et vraiment multidisciplinaire”, indique Pierre Tambourin, directeur général de Genopole. Son objectif : soutenir la recherche en sciences du vivant et favoriser le transfert de technologies vers le secteur industriel. Situé à Évry, dans la dernière-née des villes nouvelles, Genopole fédère 26 laboratoires et unités de recherche indépendants ou appartenant aux grands instituts (Cnrs, Inserm, Inra, Cea…), un pôle d’enseignement universitaire et 51 entreprises de biotechnologies, sur un parc immobilier de 70100 m². Plusieurs groupes internationaux sont présents sur le site (dont Aventis, Limagrain…). Toute une palette de thématiques scientifiques y est représentée, de la biologie aux mathématiques, de la physique à la chimie, en passant par les sciences pour l’ingénieur… Plus de 1800 personnes y travaillent. Genopole collabore également avec l’Université Évry-Val-d’Essonne, voisine, qui propose un cycle de formation complet en biologie et sciences connexes. Pour le côté industriel, la Chambre de commerce et d’industrie du département de l’Essonne a construit une pépinière d’entreprises, sur un espace de 2600 m². “On réunit ainsi les conditions pour que la recherche remplisse toutes ses missions : produire des connaissances, les transmettre aux étudiants et enfin les transférer le plus rapidement possible aux entreprises, qui les convertissent en nouveaux produits et services innovants”, explique Pierre Tambourin. Historiquement, trois organismes étaient déjà présents avant l’arrivée de Génopole. Le Généthon, laboratoire de recherche financé par l’AFM grâce aux dons du Téléthon. Ce laboratoire a permis, depuis sa création en 1987, des avancées importantes dans la connaissance des maladies génétiques neuromusculaires (comme les myopathies). Le Génoscope, Centre national de séquençage, qui a contribué, notamment, à l’achèvement du séquençage complet du génome humain en 2003. Quant au Centre national de génotypage, il se consacre à l’identification des anomalies responsables de l’apparition de maladies génétiques. Au plan international, Genopole est très actif. Depuis le début, les échanges avec les scientifiques et les entrepreneurs étrangers se sont multipliés. “Plus d’une quarantaine de délégations étrangères ont déjà été reçues et les demandes de collaborations augmentent. A titre d’exemple, l’Afrique du sud est très intéressée par une coopération avec Genopole, comme porte d’entrée vers l’Europe”, observe Gabriel Mergui, directeur de Genopole International. Genopole a focalisé son action internationale sur les principaux biopôles d’Europe (Oxford, Munich, Barcelone), d’Europe de l’Est (Russie), d’Asie (Chine, Japon), d’Israël et certaines régions d’Amérique du Nord (Californie, Nouvelle Angleterre, Québec). En novembre 2003, Genopole a ainsi conclu une convention de partenariat avec le Centre québécois d’innovation en technologies (CQIB). Cet accord a scellé une relation privilégiée destinée à favoriser les échanges scientifiques et commerciaux entre les jeunes pousses d’Évry et celles du Grand Montréal. Genopole s’est aussi fortement impliqué dans deux grands programmes européens : les Consortium Bio-Link et Natibs. “Pour ces deux programmes, un même objectif : chercher à améliorer notre efficacité en coopérant et en mutualisant nos outils avec d’autres incubateurs et d’autres bio-clusters européens ”, résume Gabriel Mergui. “Pour nous, l’incubateur de la région parisienne, c’est Genopole, un leader clair et incontesté dans la recherche et l’enseignement supérieur en génomique”, admet Nigel Wild, directeur de Oxfordshire Biotechnet Limited, coordinateur du consortium européen Bio-Link. La labellisation “pôle de compétitivité” qui vient d’être donnée par le gouvernement à MediTech Santé (un des six pôles de niveau mondial), ouvre les portes d’une nouvelle dynamique pour la région Ile-de-France et l’ensemble des partenaires industriels engagés dans la constitution de cette plate-forme santé structurée autour des neurosciences et des biotechnologies. Car Genopole est au cœur du pôle de compétitivité MediTech Santé. “L’Essonne va devenir le premier département en matière d’innovation. De nouvelles passerelles vont se mettre en place. On a réussi notre examen de passage. Maintenant, au travail !”, s’exclame Pierre Tambourin, également chef de projet du pôle MediTech Santé. Aujourd’hui, Génopole passe à la vitesse supérieure avec deux grands projets : la création d’un centre de bioproduction de molécules thérapeutiques, en 2007, et l’installation d’un centre universitaire hospitalier (CHU), au cœur du campus. Le but est de favoriser les synergies entre chercheurs, médecins et entrepreneurs mais surtout d’instaurer un vrai continuum dédié à l’innovation thérapeutique. La création récente, en partenariat avec l’Inserm, d’un centre de recherche sur les cellules souches, destiné à aborder les maladies génétiques rares, indique bien à quel point la recherche, la médecine et l’industrie pharmaceutique sont liées. Contribuer à inventer la médecine de demain, permettre à la France d’occuper une place de leader parmi les plus grands acteurs mondiaux sont aujourd’hui les priorités de Génopole.

Annik Bianchini

Site Internet : www.genopole.fr

Dernière mise à jour : 30.01.2006