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Environnement : Etiquette-énergie, le gouvernement français épingle la surconsommation

Avril 2006

Le 10 mai, les voitures françaises vont être estampillées d’une petite étiquette. Dispositif simple présenté par Nelly Olin, ministre de l’Ecologie et du Développement durable, ce petit bout de papier informe précisément les acheteurs d’automobiles de la consommation énergétique de leur futur engin, une solution simple et efficace pour réduire notamment les émissions de gaz à effet de serre. Explications…

En France, un dicton populaire volontairement emprunt d’autodérision affirme que l’ « on n’a pas de pétrole mais on a des idées ». La preuve : cette nouvelle mesure prise par le gouvernement qui impose aux constructeurs d’automobiles de doter leurs produits d’une « étiquette-énergie » pour permettre aux Français d’économiser leur essence. Graduée de A à G, elle a en effet pour but d’aider les acheteurs d’automobiles neuves à contrôler leur future consommation de carburant. Ce document indique donc clairement l’impact environnemental des voitures neuves vendues en France à partir du 10 mai 2006 en quantifiant les émissions de CO2, principal responsable de l’effet de serre et du réchauffement climatique. Dans un récent sondage, publié par le quotidien régional Ouest France, 42% des Français se disaient « prêts à dépenser plus pour acheter un véhicule plus propre ».

Comparable à ce qui existe déjà pour les appareils électroménagers, l’ « étiquette énergie » n’est qu’une des nombreuses initiatives françaises en matière de contrôle des émissions de gaz à effet de serre. Mais celle-ci est tout de même une des mesures phares mises en oeuvre afin que le Plan Climat 2004-2012, présenté le 22 juillet 2004 par le gouvernement, permette au pays de remplir son engagement au titre du protocole de Kyoto. En somme, en incitant les Français à acheter des voitures moins polluantes, elle devrait participer à ramener les émissions de gaz à effet de serre en 2008-2012 au même niveau qu’en 1990.

De plus, s’inscrivant dans une logique plus globale de maîtrise des consommations énergétiques, l’étiquette-énergie deviendra également obligatoire pour les logements à partir du 1er juillet de cette année, dans le cadre des diagnostics de performance énergétique obligatoires à l’occasion de toute vente (et de toute location à partir du 1er juillet 2007). Et, enfin, elle devrait finir par s’étendre à tous les produits qui consomment de l’énergie.

Une batterie de mesures est associée à la création de cette « étiquette-énergie ». En effet, afin d’inciter les Français à moins polluer, le gouvernement propose depuis cette année un « rabais » prenant la forme d’un crédit d’impôt de quelques 2000 € pour l’achat d’un véhicule « propre ». Cette promotion des autos peu gourmandes s’allie à celle des carburants alternatifs et s’accompagne d’un grand programme de recherche et développement de 100 millions d’euros pour un véhicule sobre en carburant, avec l’objectif de créer une voiture familiale émettant moins de 100 grammes de CO2 par km ; ce qui n’existe pas aujourd’hui. En plus de ces mesures incitatives tous azimuts, le gouvernement de M. Dominique de Villepin a annoncé la création d’une surtaxe à l’achat des véhicules les plus polluants…

En outre, le secteur des biocarburants poursuit en France son industrialisation. Profitant du dernier Salon de l’Agriculture, grand messe parisienne du monde agricole, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé la création de dix nouvelles usines de fabrication de biodiesel (+7) et de bioéthanol (+3) en vue d’augmenter la production à l’horizon 2008. Il a aussi affirmé que, d’ici à la fin de l’année, de nouveaux agréments de fabrication seront octroyés afin d’autoriser la production de 950 000 tonnes de biodiesel et 150 000 tonnes d’éthanol. Cela devrait permettre de répondre aux objectifs d’incorporation de carburants d’origine végétale dans les réservoirs fixés en 2005 par le gouvernement : 5,75 % en 2008, 7 % en 2010 et 10 % en 2015. Cristanol, Tereos, Abengoa, Prolea, les industriels concernés s’appuient sur les filières du colza, mais aussi de la betterave, du blé, du tournesol et du maïs. Végétaux largement représentés dans la production agricole nationale… En tout, les industriels vont investir 1 milliard d’euros pour construire dix nouvelles usines.

Ces mesures favorisant la préservation de l’environnement ont d’ailleurs récemment été saluées par l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) qui a en effet souligné les points positifs des performances environnementales françaises de 1996 à 2005.

Enfin, d’autres pistes sont actuellement explorées par les industriels français. Ainsi, PSA Peugeot-Citroën, premier producteur de moteurs diesel au monde, a présenté en février 2006 le tout premier moteur hybride diesel installé sur des voitures de séries. Il y a fort à parier qu’en 2010, date théorique de la commercialisation de ces véhicules, ces derniers obtiennent un « A » sur leur « étiquette-énergie »…

Bruno GIMMIG

Dernière mise à jour : 19.06.2006