london_paris_panoramic Français English
» Actualités » Dossiers » Dossiers thématiques » Culture et Education » Francophonie : XIème sommet de la Francophonie à Bucarest, 28-29 September (...)

Francophonie : XIème sommet de la Francophonie à Bucarest, 28-29 September 2006

ENTRETIEN DE LA MINISTRE DELEGUEE A LA COOPERATION, AU DEVELOPPEMENT ET A LA FRANCOPHONIE, MME BRIGITTE GIRARDIN, AVEC "TV5" Retour à la table des matières

(Paris, 24 septembre 2006)

Q - Concernant la francophonie Mme Girardin, je le disais, c’est le Sommet de la Francophonie à Bucarest et TV5 qui est partenaire opérateur de cette francophonie et nous sommes très heureux, avec vous de pouvoir dire, par exemple, qu’il y a de plus en plus d’"apprenants le français" dans le monde, plus de 80 millions maintenant, ils sont de plus en plus nombreux, le français progresse donc ?

R - On nous dit que, durant ces dix dernières années, il y a eu 16 millions de nouveaux "apprenants le français". Permettez-moi de donner un "coup de chapeau" à TV5.

(….)

Q - Et bientôt, encore plus, on frappe à la porte, il y a la Thaïlande, l’Ukraine, le Ghana, ils veulent tous y entrer.

R - On se bouscule un peu en effet pour entrer dans la Francophonie, ceci montre que la Francophonie est à la fois une idée moderne et attractive parce qu’elle a su évoluer. Au début, nous avons pensé que ce serait une sorte de Commonwealth à la française. Il y avait essentiellement des pays africains liés par une Histoire commune qui est l’Histoire de la colonisation.

A partir des années 1990, nous avons vu entrer les pays européens dont il faut rappeler qu’ils ont un héritage francophone très fort.

Q - Et c’est d’ailleurs très symbolique que ce sommet ait lieu en Roumanie !

R - Absolument et ce n’est pas un hasard que nous organisions ce Sommet de la Francophonie en Roumanie car nous aurons une majorité d’Etats membres de l’Union européenne qui seront membres de la Francophonie quand la Roumanie et la Bulgarie entreront dans l’Europe. On voit bien l’évolution de ces dernières années. Actuellement, nous avons presque autant d’Etats européens que d’Etats africains dans l’Organisation internationale de la Francophonie, ce qui montre que la Francophonie a su évoluer et, surtout, qu’elle porte ce besoin de diversité culturelle.

(….)

Au-delà de cet enjeu (….), la Francophonie est une force politique et c’est cela qui la rend attractive, je crois.

Q - Une force pour résoudre des conflits, par exemple, une force pour défendre les Droits de l’Homme ?

R - En effet, pour défendre les Droits de l’Homme, pour défendre la démocratie, je crois qu’à Bucarest, lorsque les chefs d’Etat auront des discussions politiques sur tous ces sujets, avec le souci de mettre l’accent sur les pays en sortie de crise. Vous savez, actuellement, prenez par exemple les opérations de maintien de la paix des Nations unies, où sont-elles les plus fortes ? En RDC, en Côte d’Ivoire et à Haïti : trois pays francophones. C’est là que nous avons les contingents de casques bleus les plus importants. Il est clair que si nous voulons être efficaces dans ces opérations de maintien de la paix, il faut envoyer des casques bleus qui utilisent le français.

Il y a cette mission politique et le fait que la Francophonie pèse sur tous les débats internationaux. Regardez ce qui s’est produit à l’UNESCO, la Convention sur la diversité culturelle, c’est cela le combat.

Q - C’est fondamental, c’est la fracture numérique.

R - C’est effectivement les 63 membres de la Francophonie qui ont porté ce combat et qui l’ont gagné. Sur tous les grands débats, à l’ONU par exemple où toute initiative du président Chirac sur la création d’une Organisation des Nations unies pour l’Environnement, les pays de la Francophonie soutiennent cette idée.

Cette force politique est de plus en plus vive et je crois que c’est une évolution intéressante. De plus, je dirai qu’il y a un troisième enjeu, après la Francophonie européenne, c’est la nécessité de renforcer nos missions politiques, c’est le thème même de Bucarest : l’éducation. Il ne faut pas oublier que la Francophonie est aussi un espace de solidarité, ce sont des programmes de coopération et nous voulons mettre l’accent sur l’éducation en utilisant ces nouvelles technologies de l’information. Ce qui montre que nous sommes aussi tournés vers l’avenir. Il faut, en effet, que la fracture numérique soit brisée entre le Nord et le Sud./.

Dernière mise à jour : 28.09.2006