Enquête : les jeunes ados et le tabac, l’alcool et la drogue

Une enquête nationale de grande envergure a été réalisée à l’automne 2004 auprès de 10 000 adolescents de 11 à 15 ans répartis dans 313 collèges d’Angleterre, pour déterminer leur consommation de tabac, d’alcool, et de drogues. Cette enquête 2004 est la dernière en date d’une série lancée en 1982 à la demande du « Department of Health » (Ministère de la santé, DoH) et menée par le « National Centre for Social Research » (NatCen) et le « National Foundation for Educational Research » (NFER). Les questions relatives à la consommation d’alcool furent introduites en 1988, celles en rapport avec la consommation de drogues en 1998. Cette enquête est aujourd’hui menée chaque année, l’accent étant mis alternativement sur la consommation d’alcool et de tabac (2000, 2002, 2004) ou des drogues (2001 et 2003).

1. Le tabac

Le gouvernement a publié un livre blanc avec pour objectifs de réduire la fréquence de consommation de tabac chez les jeunes adolescents de 11 à 15 ans : de 13 % en 1996, il souhaite que la proportion passe sous la barre des 9 % en 2010. Ce livre blanc « Smoking kills : a white paper on tobacco », publié en 1998 fut suivi en novembre 2004 par un autre plus général « Choosing Health : making healthier choices easier ». La proportion de jeunes fumant de façon régulière en 2004 (au moins une cigarette par semaine) était de 9 %, stable par rapport à 2003, et en légère baisse par rapport à 2002 (10 %). Le nombre de jeunes qui commencent à fumer augmente nettement avec l’âge : de 1 % à 11 ans, celui-ci s’élève à 21 % chez les jeunes de 15 ans.

Selon une tendance apparue en 1986, la proportion de jeunes filles fumeuses est plus élevée que celle de jeunes garçons au même âge, respectivement 10 et 7 % en 2004. Cette tendance était visible à 14 ans (14 % de filles pour 11 % de garçons disaient être fumeurs réguliers) et à 15 ans (26 % de filles pour 16 % de garçons).

2. L’alcool

La stratégie établie par le gouvernement pour combattre l’abus d’alcool est publiée dans « Alcohol Harm Reduction Strategy for England » (mars 2004), et peut être consultée à http://www.strategy.gov.uk/su/alcohol/pdf/CabOffce%20AlcoholHar.pdf).
L’enquête a permis de mesurer la proportion des adolescents ayant consommé de l’alcool et la quantité consommée au cours de la semaine précédant l’enquête. Bien que le pourcentage ait diminué de 25 à 23 % entre 2003 et 2004, il n’existe pas de tendance claire et rassurante en raison de la forte augmentation entre 1988 (20 %) et 1996 (27 %). En revanche, et pour la première fois depuis que cette série d’enquête a été lancée en 1982, la proportion de jeunes filles ayant consommé de l’alcool était identique à celle de jeunes garçons (23 %), démontrant une augmentation de la consommation d’alcool chez les filles. Comme pour la consommation de tabac, la proportion d’adolescents ayant bu au moins une boisson alcoolisée au cours de la semaine précédente augmente avec l’âge, de 4 % chez les 11 ans à 45 % chez les 15 ans.

La quantité d’alcool consommée a, quant à elle, presque doublé entre 1990 et 1998, passant de 5,3 à 9.9 unités d’alcool par semaine. Une unité d’alcool correspond à 10 ml d’alcool pur (ou 8 g de poids). Par exemple, un verre de 125ml de vin à 12 % représente 1,5 unité, et 25ml d’alcool spiritueux (à 40 %) représente une unité. Dans la définition d’unités d’alcool ingérées utilisée dans cette enquête, le degré d’alcool et la quantité ingérée sont considérés comme étant similaires : une pinte de bière (0.568 ml) représente 2 unités quelle que soit la bière, un verre de vin représente une unité quelle que soit la taille du verre. Depuis 1998, les chiffres oscillent d’une année sur l’autre, ne permettant pas d’établir une tendance à la hausse ou à la baisse ; en 2004, la moyenne consommée s’établissait à 10,7 unités. Parmi les jeunes filles ayant bu au moins une boisson alcoolisée, la moyenne consommée s’élevait à 10,2 unités d’alcool, pour 11,3 chez les jeunes garçons. Comme on pourrait s’y attendre, la moyenne consommée augmente avec l’âge : 12,9 unités d’alcool étaient consommées par les jeunes de 15 ans pour « seulement » 7,8 unités chez les 11-13 ans.

3. La drogue

Dans son plan à 10 ans (décembre 2002) destiné à combattre la consommation de drogues (« Updated Drug Strategy 2002 », consultable à http://www.drugs.gov.uk/NationalStrategy), le gouvernement indiquait que « la meilleure manière de réduire les effets néfastes des drogues est de réussir à persuader tous les consommateurs potentiels, et en particulier les jeunes, de ne pas commencer ». Plus récemment, il a ajouté un objectif supplémentaire, à savoir « réduire la consommation de drogues de catégorie « A » et la consommation fréquente par les jeunes de tout type de drogues » d’ici à 2008.

Les drogues sont classées en trois catégories, de « A » à « C », en fonction de leur nocivité, « A » étant considéré comme représentant la catégorie la plus nocive. La classification de certaines drogues dépend de leur méthode d’administration ; par exemple, les amphétamines seront considérées comme appartenant à la catégorie « B » lorsqu’elle sont prises par voie orale, mais à la catégorie « A » lors d’injection (les amphétamines n’avaient jamais été classées dans la catégorie « A » au cours des enquêtes précédentes). Autre exemple, il n’est pas interdit de posséder des champignons hallucinogènes crus, mais leur préparation entraîne leur classification dans la catégorie « A ».

Dans cette enquête, le DoH a cherché à connaître la consommation de drogues données dans le mois ou l’année qui a précédé l’enquête. Les drogues suivantes ont été classées dans la catégorie « A » : « speed » et autres amphétamines (par injection), ecstasie, cocaïne, crack, héroïne, LSD, champignons hallucinogènes, méthadone ; dans la catégorie « B » : speed et autres amphétamines (par voie orale ou sniff), tranquillisants ; dans la catégorie « C » : stéroïdes anabolisants, cannabis. Il s’agit de la première enquête effectuée depuis que le cannabis a été reclassé de la classe « B » à la classe « C ».

Résultats globaux
En 2004, 10 % des élèves interrogés avaient pris une drogue ou une autre dans le mois précédant l’enquête, en légère diminution par rapport au 12 % de 2001 à 2003. Une diminution similaire était enregistrée pour la consommation au cours de l’année précédant l’enquête : 18 % en 2004 pour 21 % en 2003. Par comparaison avec la consommation d’alcool, la proportion de garçons ayant pris de la drogue dans l’année (18 %) ou le mois précédent (11 %) était plus élevé que celle des filles (17 et 9 %), respectivement. Tout comme le tabac et l’alcool, la proportion de jeunes ayant pris de la drogue augmente significativement entre 11 et 15 ans, de 5 à 32 %. Environ 1 % des élèves avouait prendre de la drogue presque tous les jours et 2 % une à deux fois par mois.

Résultats classés par drogue
Comme les années précédentes, le cannabis est la drogue la plus largement consommée parmi les élèves (11 % en ont pris dans l’année précédente), légèrement en baisse par rapport aux années 2001 à 2003 (13 %). Une fois de plus, la consommation par les garçons (12 %) est plus élevée que pour les filles (10 %) et augmente de façon drastique avec l’âge (1 % à 11 ans, 2 % à 12 ans, 26 % à 15 ans). Environ 3 % reconnaissent avoir sniffé des poppers dans l’année (sans changement par rapport aux années précédentes). La consommation de drogues de classe « A » au cours de la dernière année est restée stable depuis 2001 à 4 %, avec 1 % ayant pris de l’héroïne et 1 % ayant pris de la cocaïne.

Accessibilité aux drogues
Les élèves devaient répondre à un certain nombre de questions concernant l’accessibilité aux drogues, à savoir quel genre leur avait été proposé dans leur environnement habituel. Environ 36 % admettent qu’on leur a proposé une drogue ou une autre, en déclin net par rapport à 2003 (42 %), avec les garçons plus à risque (39 %) que les filles (34 %). La drogue la plus commune proposée aux élèves est le cannabis : 14 % des 11 ans et 62 % des 15 ans.

Source : National Centre for Social Research & National Foundation for Educational Research for the Department of Health, Press release, 09/03/05, http://www.dh.gov.uk/assetRoot/04/10/56/76/04105676.pdf

publié le 17/11/2008

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