Un nouveau système, le purificateur d’eau BIOMAN (« BIOabsorption of Metal from Abandoned Mine sites »), conçu pour éliminer les métaux toxiques dans les cours d’eau pollués par des mines abandonnées, va être testé ce mois-ci au Pays de Galles. Ce projet, développé par une collaboration internationale de chercheurs de l’Université du Pays de Galles à Aberystwyth, de l’Université de Sheffield et de l’Université de Bologne en Italie, a reçu une aide financière de 1,4 millions d’euros de la Commission Européenne.
Le premier prototype est un réservoir de taille moyenne alimenté par l’eau de la rivière, à l’intérieur duquel est placé un grand sac filtrant, semblable à un grand sachet de thé, rempli d’algues sans alginate qui ont une grande capacité d’échange ionique. Ces algues sont les résidus de procédés industriels de fabrication d’additifs alimentaires à partir d’algues. Des tests précédents en laboratoire ont montré que ces algues piègent les principaux métaux des cours d’eau pollués, comme le zinc, le plomb ou le cadmium. Il faut toutefois remplacer ces algues lorsque celles-ci sont saturées de métaux. La fréquence de ces remplacements, identifiés pour l’instant en fonction des performances du système, dépend de la taille du système, des concentrations en polluants et du débit de l’eau. Néanmoins ce système n’est pas trop cher et ne nécessite pas une maintenance importante.
Pour le moment, le premier prototype installé sur trois sites sur les monts Cambrians traite 1 litre d’eau minière par minute. De prochains tests sont prévus à la fin de l’automne 2005 pour un prototype qui pourra traiter 10 litres d’eau par minute où le métal dominant est le cuivre. La troisième génération de prototypes, prévue pour début 2006, devrait traiter 100 litres d’eau par minute et sera automatisée avec des équipements informatiques qui permettront de vérifier les performances de l’appareil sans être obligatoirement sur le site. Selon le Docteur Perkins, chef du projet, « une fois que les tests auront été complétés avec succès, nous espérons que les organismes et sociétés de traitement de l’eau vont l’adopter ».
Auteur : Mathieu Daoudi
Sources : Université du Pays de Galles à Aberysrwyth, press release, 16/09/05, www.aber.ac.uk ; BIOMAN, www.aber.ac.uk