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Editorial mai 2009

UKspace.May.com

En cette année internationale de l’astronomie, le mois de mai a été particulièrement intense avec le lancement par l’ESA de deux observatoires majeurs, Herschel et Planck, la réparation et le reconditionnement du télescope Hubble – 15 pour cent du temps d’observation pour les états-membres de l’ESA, et la désignation le 20 mai par l’ESA de six nouveaux astronautes dont un britannique, pilote d’hélicoptère Apache, le commandant Timothy Peake.

Si le Royaume-Uni fait rarement les gros titres de l’actualité spatiale, il faut reconnaître qu’en mai il a gagné de nouvelles lettres de noblesse.

Herschel, ainsi nommé d’après l’astronome britannique d’origine allemande William Herschel qui découvrit le rayonnement infrarouge (IR) et la planète Uranus, a pour mission de détecter le rayonnement IR des corps froids aux confins de l’univers et à aider à mieux comprendre la formation des étoiles et des galaxies. SPIRE (Spectral and Photometric Imaging Receiver) est l’un des trois instruments recevant le rayonnement IR réfléchi par un miroir de 3,5 mètres, le plus grand jamais envoyé dans l’espace. Il est destiné à mesurer des longueurs d’ondes supérieures à 200 µm, construit et exploité sous la responsabilité de l’Université de Cardiff. Le Rutherford Appleton Laboratory du STFC (Science and Technology Facilities Council) assure le contrôle et maintien opérationnel de l’instrument. Ont également participé, côté britannique, à la réalisation de cet imageur : Imperial College London (logiciel de gestion des données), UCL-Mullard Space Science Laboratory (ingénierie de l’instrument froid), UK Astronomy Technical Centre (miroir de l’instrument froid et ingénierie-système durant la phase de conception de l’instrument) et l’Université de Sussex (logiciels pour le Centre de contrôle de l’Instrument).

Planck, qui sera positionné comme Herschel au point de Lagrange L2, a pour mission de mesurer, avec une très haute précision, les fluctuations en température du rayonnement cosmique fossile. Ces fluctuations, dont la détection fut annoncée fin 1992, doivent permettre de mieux comprendre l’origine de la formation des galaxies ainsi que l’évolution de l’univers jeune. La mission tire son nom du physicien allemand Max Planck qui reçut en 1918 le Prix Nobel pour ses travaux sur le comportement du rayonnement. Les groupes de recherche britanniques sont impliqués dans la construction de deux instruments emportés par ce satellite, LFI (Low Frequency Instrument, 30-70 GHz) et HFI (High Frequency Instrument, 100-857 GHz). La contribution britannique à ces deux instruments est particulièrement significative : Université de Cardiff et la société Thomas Keating Ltd pour l’intégration optique de HFI, Rutherford Appleton Laboratory en collaboration avec SEA Group Ltd pour l’analyse thermique et les sous-systèmes 4K, Université de Cambridge impliquée depuis 1992 et déterminante pour le choix de la mission Jodrell Bank Centre for Astrophyiscs de l’Université de Manchester pour la construction d’une partie du LFI, et Imperial College London pour notamment l’étude du modèle cosmologique.

A l’évidence, la contribution britannique à l’importante moisson de données attendue à partir de septembre va être tout à fait significative pour mieux comprendre les premiers moments de notre univers.

Serge Plattard, Conseiller pour la science et la technologie.