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Editorial juin 2009

Le BERR et le DIUS sont morts ! Vive le BIS !

Le remaniement ministériel de début juin a vu la disparition du DIUS (Department for Innovation, Universities and Skills) et du BERR (Department for Business, Enterprise and Regulatory Reforms) pour être réunis en un seul ministère, le BIS (Business, Innovation and Skills) tenu par Lord Peter Mandelson, devenu First Secretary of State, l’équivalent d’un ministre d’état et véritable n°2 du gouvernement. Ce grand ministère comprend dix ministres délégués dont deux d’entre eux - Pat McFadden et Lord (Paul) Drayson assistent régulièrement au conseil des ministres. Il est en quelque sorte une reconstitution de l’ancien DTI (Department for Trade and Industry) auquel la compétence sur les universités et la recherche a été ajoutée.

La mission du BIS est « d’aider le Royaume-Uni, ses entreprises et ses citoyens à exceller et à s’épanouir dans la future économie globale » et s’incarne à travers sept fonctions : entreprises, croissance économique, marchés, enseignement supérieur, formation et compétences, science et innovation, et commerce. Ce qui est nouveau, pour la science et l’innovation, c’est bien sûr le poids politique et administratif de ce grand ensemble, à condition que ce secteur ne fasse pas figure de parent pauvre, même si sa protection budgétaire a été à nouveau rappelée, à coté des actions de nature économique, financière et commerciale. C’est aussi le rapprochement voulu entre les mondes de l’enseignement supérieur, de la recherche, de l’innovation et de l’entreprise, garants, espère-t-on, de points de compétitivité supplémentaires. Dans ce nouveau dispositif, les responsables directs de la science et de l’innovation (Lord Drayson) et des universités (David Lammy) gardent leur poste ; le choix des priorités de la recherche et l’organisation de leur exécution ne sont pas décidés par le ministère en tant que tel, suivant le principe de Haldane bien réaffirmé. Enfin, le rôle et le fonctionnement du Forum Global sur la Science et l’Innovation, présidé par John Beddington, le conseiller scientifique du gouvernement, restent inchangés.

L’action internationale du BIS en matière de recherche et d’innovation repose sur une sous-direction analogue à celle qui existait au DIUS. Composée de trente et une personnes à Londres et disposant d’un budget annuel de 2,7 millions de livres, cette unité anime un réseau de quatre-vingt dix personnes à l’étranger (seize en Europe) réparties dans quarante villes et vingt cinq pays, faisant également appel à d’autres financements provenant du BIS et du FCO (Foreign and Commonwealth Office). Ces postes déploient leurs activités en liaison avec le British Council, UKTI (United Kingdom Trade and Investment) et les représentations de Research Councils UK récemment ouvertes à Delhi, Pékin et Washington.

Cette nouvelle entité ministérielle, outre le fait qu’elle est taillée sur mesure pour Lord Mandelson, vise à renforcer la cohérence de l’action gouvernementale dans cette période de récession en accrochant mieux les connaissances amont au train de leurs applications, de leur commercialisation et au succès de leurs exportations. Deux choses au moins, nous semble-t-il, sont souhaitables pour déployer avec succès ce nouveau dispositif : assurer une certaine pérennité de la structure et garantir, voire élever, via cette réorganisation, le niveau d’excellence de la R&D britannique.