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Editorial avril 2009

Déception pour la R&D dans le budget 2009

Le budget 2009 présenté par Alistair Darling le 22 avril table sur une récession de 3,5 % en 2009, un déficit porté à 12,6 % du PIB et une dette publique de 71,6 % avant d’atteindre 90 % en 2013. La recherche de base n’a pu qu’être protégée, alors que ces derniers mois deux initiatives allant au-delà de ce périmètre avaient été envisagées : d’une part un stimulus budgétaire pour la science qui aurait pu atteindre un milliard de livres destiné aux Research Councils et, d’autre part, un fonds de capital-risque pour les technologies avancées d’un même montant proposé par le NESTA (National Endowment for Science, Technology and the Arts). En guise de consolation, le Chancelier de l’Echiquier a promis, le moment venu, d’examiner dans quelles conditions un abondement de capital de croissance à long terme pourrait être apporté aux PME…

La dotation supplémentaire pour la recherche, la technologie et l’innovation s’est donc portée sur la R&D industrielle. Un fonds d’investissement stratégique de 750 millions de livres est destiné à soutenir les projets industriels avancés revêtant une importance stratégique pour le pays. Le tiers de cette somme sera dévolu à des investissements technologiques bas-carbone. On relèvera toutefois que cette dotation est dirigée vers le BERR (Department for Business, Enterprise and Regulatory Reform) au lieu du DIUS (Department for Innovation, Universities and Skills), signalant clairement la priorité aux grands projets proches de l’application commerciale plutôt que de la recherche de base. Ce fonds d’investissement alimentera également le TSB (Technology Strategy Board) à hauteur de 50 millions de livres fléchés vers des secteurs à haut potentiel de croissance comme les technologies vertes, la robotique et les sciences du vivant.

Mais les partisans du fonds de capital-risque qui n’a pas été retenu espèrent tout de même, à l’instar de Jonathan Kestenbaum, le directeur exécutif du NESTA, qu’une importante fraction de ces 750 millions servira au démarrage de jeunes pousses fortement innovantes tant celles-ci sont indispensables à la prospérité économique du Royaume-Uni. Du côté de DIUS, des économies de 400 millions de livres sont attendues pour 2010-2011, 300 millions touchant directement les universités et qui seraient obtenus via une amélioration de la gestion et une révision des priorités programmatiques, ce dernier point étant dès maintenant fortement décrié par bon nombre d’équipes de recherche. En prévision de cette diminution de moyens, plusieurs universités ont dès cette année réduit de 5 % le budget de leurs départements, comptant sur des nouveaux contrats gagnés sur un marché devenu encore plus concurrentiel.

Alors que le discours du Premier Ministre et de ses ministres chargés de la science, de l’innovation, des universités laissaient entendre que la R&D pourrait être plus que protégée en 2009, il n’en a rien été. On est même plus qu’en droit de s’inquiéter pour l’an prochain tandis que les dernières projections du FMI pour 2009 prévoient une récession plus forte que celle ayant servi à construire ce budget (-4,1 % du PIB) et pour 2010 une stagnation du PIB autour de -0,4 % , contrairement à l’estimation budgétaire du gouvernement pariant sur un rebond de 1,25 % , et entre 2,5 et 3 % au-delà.

Serge Plattard, Conseiller pour la science et la technologie.