(Washington, 7 novembre 2007)
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Je voudrais remercier le président Bush, son administration et tous les Américains qui nous ont réservé un accueil exceptionnel. J’ai bien le sentiment que c’est la France qui a été accueillie avec chaleur, avec amour et avec amitié. C’était mon ambition. C’était notre souhait à Bernard Kouchner, Christine Lagarde, Rachida Dati, Rama Yade, et à moi-même. C’était extrêmement émouvant l’accueil que vous nous avez réservé, avec votre épouse, à la Maison Blanche hier. J’ai particulièrement apprécié le dialogue entre George Washington et le Marquis de La Fayette, les marques d’attention que vous nous avez réservées. L’ouverture, la volonté que vous avez eue que nous puissions parler de tous les sujets, tous ceux que vous avez évoqués, mais aussi l’Europe de la défense et l’OTAN, le souci environnemental qui est le nôtre, l’Afghanistan, bien sûr, où j’ai dit que l’on resterait parce qu’il en allait de la crédibilité de l’Alliance atlantique, et la lutte contre le terrorisme. On a parlé pendant plusieurs heures des problèmes économiques, des problèmes commerciaux, de tous les grands sujets du monde. Je peux dire qu’on l’a fait dans un climat de très grande confiance et de très grande liberté.
C’est cela que j’ai particulièrement apprécié. Je peux vous dire que cette visite a un très grand retentissement en France. Quand je dis que le peuple français aime le peuple américain, c’est la vérité. Maintenant, je me suis longuement exprimé ce matin. Je crois que le mieux, c’est qu’après le président Bush que je veux remercier une nouvelle fois, nous répondions aux questions que vous voudrez bien nous poser.
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Q - Ma question porte sur l’Irak. Monsieur le Président, ce matin vous avez beaucoup parlé de l’Afghanistan, de l’Iran, pas de l’Irak. Je voulais vous poser la question à tous les deux : la France est réconciliée aujourd’hui avec les Etats-Unis, les Etats-Unis sont réconciliés avec la France. Alors, quid de l’Irak ? Est-ce que la France peut aider, par exemple, à sortir du bourbier irakien ? Monsieur le Président Bush, où en êtes-vous concernant l’Irak et le débat intérieur sur l’Irak, chez vous ? Est-ce qu’il y a un calendrier qui est prévisible ou non des retraits des troupes américaines ?
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R - Vous me permettez de faire deux réponses en une. La première sur le Pakistan : la situation est préoccupante et il faut des élections le plus rapidement possible. On ne combat pas les extrémismes avec les méthodes des extrémistes. C’est très important que le Pakistan puisse organiser des élections et comme le président Bush, je souhaite que cela puisse avoir lieu le plus rapidement possible. Je rappelle que c’est un pays de 150 millions d’habitants qui a l’arme nucléaire. Et c’est très important pour nous qu’un jour nous ne nous réveillions pas avec un gouvernement à la tête du Pakistan qui serait un gouvernement d’extrémistes. Et chacun d’entre nous doit réfléchir à cette question. Il y a nos principes, il y a nos valeurs, il y a les valeurs que nous défendons et que nous devons continuer à défendre. Et il y a la complexité d’une situation : il faut des élections.
Sur l’Irak, Bernard Kouchner avait fait un voyage réussi en Irak. Qu’est-ce que veut la France ? Un Irak uni, personne n’a intérêt au démantèlement de l’Irak. Un Irak démocratique, un Irak divers, où chacune des composantes de la société irakienne apprendrait à vivre ensemble. Un Irak qui s’administrerait lui-même. Un Irak qui aurait les moyens de garantir la paix à chacun. C’est le message qu’a porté Bernard Kouchner. Et c’est l’intérêt de tout le monde qu’il en soit ainsi. Cette position là, je la défendrai jusqu’au bout.
Q - Messieurs les Présidents, vu que le baril approche des 100 dollars et que vous tenez des propos durs par rapport à l’Iran et son programme nucléaire, cela contribue-t-il à augmenter le prix du brut, ce qui pourrait nuire à l’économie américaine ?
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R - Je veux dire que nous avons échangé toutes nos informations. La détention de l’arme nucléaire par l’Iran c’est inacceptable. Mais l’Iran a le droit à l’énergie du futur, qui est le nucléaire civil. Je crois à l’efficacité des sanctions. Je crois même à la nécessité de leur renforcement. Mais dans mon esprit, c’est complémentaire de la main tendue, du dialogue, de la poursuite des discussions, parce que l’Iran mérite mieux que cet isolement là. Et je ne peux pas imaginer qu’il n’y ait pas des gens à la tête de l’Iran qui réfléchissent aux conséquences de ce qui se passe. C’est une grande civilisation, c’est un grand peuple. Il faut être ferme tant qu’il n’y a pas de geste. Et il faut maintenir la voie du dialogue. Parce qu’on a besoin de parler pour éviter le pire. Cela a fait l’objet d’une longue conversation qui a montré une grande identité de vues.
Q - Monsieur le Président, à propos de vos déclarations concernant l’Afghanistan et l’engagement de la France. Est-ce que cela signifie que la France va envoyer des soldats, des troupes au sol pour combattre dans les régions Sud de l’Afghanistan ainsi que le souhaiteraient les Etats-Unis ?
Monsieur le Président j’ai aussi une question à propos de la Syrie, que pensez-vous du fait que la France était engagée en Syrie, par rapport à l’élection présidentielle à venir au Liban ? Pensez-vous qu’il s’agit d’une bonne idée ? Et quelles sont les chances que le Liban se dotera d’une élection présidentielle d’ici le 24 novembre ? Je vous remercie.
R - Sur l’Afghanistan j’ai dit ce que j’en pensais. Nous sommes en train de parler avec le président Bush. Nous ne quitterons pas l’Afghanistan, parce qu’il en va de la solidité et de la pérennité de notre alliance, et parce que c’est le combat contre le terrorisme. Nous réfléchissons à la meilleure façon d’aider à l’émergence d’un Afghanistan démocratique.
Est-ce que c’est en renforçant l’effort de formation pour poser les bases d’un Etat afghan moderne ? Est-ce que c’est en donnant d’autres moyens militaires ? Nous sommes en train d’en discuter. (…)./.
(Source : site Internet de la présidence de la République)