14 Juillet 2008
Madame la Sénatrice,
Mesdames et Messieurs les Conseillers des Français de l’étranger,
Mesdames et Messieurs,
En ce jour de Fête Nationale, en ce jour d’unité et de solidarité entre toutes les Françaises et les Français qui composent notre Nation, en ce jour de partage des idéaux républicains de justice et de tolérance, nos pensées vont d’abord à nos deux jeunes compatriotes, Laurent Bonomo et Gabriel Ferez, qui ont été victimes, le 29 juin dernier à Londres d’un crime particulièrement odieux. Nous partageons la douleur de leurs familles. Pour leur rendre hommage et marquer le soutien de toute la communauté française de Londres à ces familles en deuil, je vous demande, Mesdames et Messieurs, d’observer une minute de silence.
Ce drame a montré la densité et la profondeur des liens d’amitiés qui unissent la France et le Royaume-Uni. En témoignent la mobilisation exceptionnelle des autorités britanniques -je pense en particulier à la Metropolitan Police dont je voudrais saluer l’action au travers de la personne de M Simon Foy-, mais aussi à ces si nombreux messages de soutien que nous recevons tous les jours de particuliers britanniques qui tiennent à marquer leur présence à nos côtés dans ces circonstances difficiles. Ce sont des gestes très appréciés.
Cette année 2008, le mot amitié a fait officiellement son entrée dans le vocabulaire diplomatique entre nos deux pays.
Comme vous l’avez entendu, en mars dernier, le Président de la République l’a utilisé la veille de son arrivée à Londres. Il a décidé que l’heure n’était plus celle de l’Entente cordiale mais celle de l’Entente amicale. Il vous l’a dit ici même. L’amitié, c’est plus que la chaleur. C’est l’alliance, c’est le soutien et le respect mutuel, c’est l’entraide, c’est la complicité. Voilà ce que nous voulons pour la relation franco-britannique.
Cette visite d’Etat réussie a permis à la relation entre nos deux pays de connaître une intensité jamais égalée. Depuis, des déplacements se déroulent très régulièrement vers Paris ou vers Londres et montrent combien de nouvelles coopérations sont possibles : sur la défense, sur l’environnement, sur l’économie avec la récente visite à Paris d’une délégation de la City de Londres qui a montré que nous positions étaient proches, si on prend la peine de se les expliquer sans fard.
Cette densité et cette complicité revenue dans la relation bilatérale joueront un rôle clé alors que la France prend les rênes de l’Union européenne pour six mois. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les priorités de la relation franco-britannique, telles qu’elles ont été approfondies lors de la visite d’Etat de mars dernier, sont aussi les priorités de la Présidence française de l’Union européenne. C’est que l’Europe, comme la France et le Royaume-Uni sont concentrées sur les principaux sujets de demain :
l’environnement avec la priorité climat en Europe et la relance du nucléaire ici ;
l’immigration, avec l’adoption d’un pacte au niveau européen et une coopération de tous les instants le long de nos côtes respectives comme à Londres ;
la défense, où la France et le Royaume-Uni peuvent ensemble donner un nouveau dynamisme à la fois à l’Europe de la défense et à l’Alliance atlantique ;
mais aussi la culture et l’éducation, volet important de notre Présidence européenne car il faut que l’Europe parle davantage aux citoyens ; priorité reconnue, également, de notre coopération bilatérale.
Par tous ces axes de travail, tant européens que franco-britannique, nous avons une préoccupation : faire en sorte que l’Union européenne se prépare à relever le défi de la mondialisation.
Ce défi, je ne l’ignore pas, il est surtout économique. Je connais les incertitudes de la situation économique internationale et les inquiétudes qui pèsent à la fois sur la conjoncture mais aussi, plus important encore, sur vos vies à tous.
La France s’attachera à répondre à ces inquiétudes, d’abord en poursuivant avec vigueur ses propres réformes économiques, car là est sa principale contribution à la croissance et à la compétitivité. Mais nous devons aussi veiller à ce que l’Union européenne trouve toute la place qui est la sienne dans la mondialisation et fasse en sorte que le dynamisme du capitalisme soit facteur de prospérité davantage que d’instabilité. Ce sera le défi des années à venir pour l’Union européenne.
Vous, Français expatriés, avez trouvé à Londres un espace de réalisation de vos projets, un espace d’expérimentation, un espace d’audace et de découverte des vastes horizons. L’expatriation, surtout celle des jeunes, est un phénomène nouveau pour la France. C’est un phénomène qui apporte beaucoup à la France, ce que de plus en plus de personnes comprennent, notamment le Président de la République. Vous êtes un facteur d’ouverture de notre pays et justement, l’ouverture est à l’ordre du jour. Ainsi, la France s’est ouverte aux salariés de toute l’Union européenne. Pour cela, je vous dis Bravo.
Je le dis devant vos élus, Madame la Sénatrice, Mesdames et Messieurs les Conseillers des Français de l’étranger, qui se dépensent sans relâche pour faire savoir, à Londres et à Paris, ce que vous faites si bien et pour faire valoir vos préoccupations.
Françaises et Français de Londres, je voudrais aussi vous remercier de l’accueil chaleureux que vous m’avez réservé lorsque j’ai pris mes fonctions en décembre dernier. Je voudrais vous redire l’immense plaisir qui est le mien à chaque rencontre de représentants d’associations, d’entrepreneurs, d’hommes et de femmes qui ici, à Londres, ne ménagent ni leur peine ni leurs talents pour défendre et illustrer les capacités de notre pays dans tous les domaines : économique, culturel, scientifique, universitaire et scolaire, dans les arts de la table, dans tous les secteurs de la création.
Vous incarnez cette image d’une France dynamique, entreprenante, confiante dans l’avenir, au diapason des réformes conduites dans notre pays. Vous offrez également l’image d’une France solidaire au travers d’un réseau d’association particulièrement actif. Pour ces deux aspects de cette communauté, à la fois dynamique et solidaire, je tiens à vous féliciter et à vous assurer que je suis à vos côtés. Pour cela, vous pouvez compter, vous le savez, sur la disponibilité et le souci du service public du Consulat général de France à Londres et tout particulièrement du Consul général Bertrand Cochery.
En dehors de Londres, je salue l’action de nos consuls honoraires, ici présents. Je voudrais saisir cette occasion pour exprimer en particulier toute ma gratitude à M Robin Pallot, consul honoraire de France à Jersey, qui vient de quitter ses fonctions après 25 années de bons et loyaux services, saluer son successeur, M David Myatt, et saluer de même notre nouveau consul honoraire de France à Seaford, près de Brighton, M Keith Amery.
Je suis à vos côtés, également, pour ce qui concerne l’éducation de vos enfants. Vous le savez, nous ne ménageons pas nos efforts pour améliorer l’offre scolaire à Londres. La prochaine rentrée verra plus de 300 places nouvelles avec l’ouverture d’une nouvelle école à Fulham. Nous développons aussi une offre bilingue franco-anglaise dans plusieurs municipalités à Londres et sur tout le territoire britannique. Je tiens à remercier les dirigeants de ces municipalités pour une coopération qui se déroule au mieux.
Dès mon arrivée, j’ai pris la mesure du défi que constituait l’éducation des Français à Londres. J’ai constaté immédiatement qu’il fallait faire encore plus, que la pression pour inscrire des enfants est toujours plus élevée. C’est le tribut d’être l’une des plus grosses villes de Français ! Je n’ai ménagé et je ne ménage aucun effort pour faire évoluer la situation. C’est tout l’objet du plan école qui doit permettre de poursuivre l’effort engagé cet été à un rythme soutenu sur plusieurs années.
Dans l’immédiat, pour beaucoup d’entre vous, l’heure n’est pas à l’école mais aux vacances. Je vous les souhaite heureuses et agréables.
A ceux qui quittent Londres pour rentrer à Paris ou pour aller ailleurs, je souhaite de réussir dans leurs projets. A ceux qui restent à Londres, je répète que je me réjouis de les retrouver au cours des semaines, des mois, des années à venir et de poursuivre la tâche de construire ici une communauté française à la fois sympathique et dynamique.
(Marseillaise).