Téléchargez ci-dessous le dossier spécial du numéro de septembre 2005 des Actualités Scientifiques au Royaume-Uni.
La volonté politique de placer la science et l’innovation au cœur de l’agenda politique et économique peut être illustrée, d’une part par l’augmentation constante depuis 1997 du budget britannique destiné à la Recherche et au Développement (R&D) pour atteindre 3,4 milliards de livres (environ 5,1 milliards d’euros) d’ici à 2007-2008, et, d’autre part, par le rapport intitulé « Science and Innovation Investment Framework 2004-2014 », qui indique clairement que la prospérité du secteur scientifique et technique est essentielle pour la bonne santé de l’économie britannique.
Les gouvernements successifs se sont cependant rendus à l’évidence que la société a changé : la science n’occupe plus une position privilégiée ; les scientifiques n’inspirent plus forcément le respect du reste de la population ; l’approbation du public n’est plus un fait acquis d’avance. Au cours des dernières décennies, le public s’est mis à questionner davantage les avancées scientifiques, en partie en raison de plusieurs scandales révélant que la science pouvait soulever des problèmes éthiques majeurs, autant pour l’homme que pour son environnement. En raison de l’influence du public sur les décisions politiques (notons par exemple la fin du nucléaire en Allemagne, l’interdiction de la culture des organismes génétiquement modifiés en France ou au Royaume-Uni, ou l’expérimentation animale pour la recherche biomédicale), le gouvernement britannique a souhaité renforcer les initiatives permettant de susciter l’intérêt pour la science et faciliter la compréhension des sujets scientifiques. Les budgets consacrés à la communication scientifique et à la vulgarisation de la recherche ont été augmentés pour développer et améliorer des programmes de dialogue avec le public.
Ce dossier spécial concernant la diffusion de la culture scientifique au Royaume-Uni vise à dessiner un tableau de la politique scientifique britannique et des principaux acteurs de la communication scientifique en établissant une liste non exhaustive de leurs programmes d’activités.
1.1 La politique de diffusion de la culture scientifique
La diffusion de la culture scientifique auprès du public a démarré il y a plusieurs siècles au Royaume-Uni, grâce à la création de la « Royal Society » (RS) en 1660, suivie de celle de la « Royal Institution » (Ri) en 1799 et enfin de la « British Association for the Advancement of Science » (The BA) en 1831. Ce n’est cependant qu’en 1985 que la politique de promotion de la science s’inscrit dans le projet gouvernemental suite au rapport Bodmer, « Public Understanding of Science » (PUS). Selon cette stratégie politique, le savoir scientifique est transmis au public selon un modèle « top-down », c’est à dire depuis les experts vers un public néophyte, par l’intermédiaire des médias. Suite à ce rapport, un certain nombre d’initiatives ont vu le jour, telles que la création d’un « Comittee on the Public Understanding of Science » (CoPUS) ou l’accroissement du nombre d’évènements de communication scientifique. En Europe et dans l’ensemble des pays industrialisés, la notion de PUS a été institutionnalisée et utilisée dans tous les programmes politiques visant à informer le grand public des avancées scientifiques et techniques.
En février 2000, suite à plusieurs crises d’opinion liées en particulier à l’affaire de l’Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB), le « Select Committee on Science and Technology » de la Chambre des Lords publie un nouveau rapport intitulé « Science and Society » qui propose une nouvelle stratégie nommée « Public Engagement with Science and Technology » (PEST). Il s’agit là d’un virage important dans les méthodes d’engagement des scientifiques avec le public qui passe d’un modèle « top-down » à un modèle d’échanges basés sur une communication bilatérale. Le PEST favorise les débats et implique davantage les citoyens dans les processus décisionnels concernant l’évolution des sciences et techniques et leurs applications. Les scientifiques et les instances politiques sont appelés à répondre de façon pro-active aux priorités et besoins du public afin non seulement de renforcer la confiance du public quant aux bénéfices apportés par la recherche, mais également de promouvoir l’attractivité des carrières scientifiques. Cette nouvelle stratégie s’est traduite concrètement par l’établissement de réunions publiques, entre autres pour les comités de la « Food Standard Agency » (FSA) et les comités consultatifs du gouvernement, par le lancement de grandes consultations publiques et par l’ouverture de débats publics sur des sujets sociétaux (par exemple sur les OGM).
1.2 Les budgets publics consacrés à la communication scientifique
En juillet 2004, l’importance accordée à la relation avec le public et à l’amélioration de la confiance de celui-ci pour les sciences et techniques est rappelée dans le rapport « Science and Innovation Investment Framework 2004-2014 ». Le gouvernement britannique s’engage notamment à soutenir davantage de bourses et de projets d’attribution de prix pour aider la communauté scientifique à établir un dialogue avec les citoyens et les décideurs politiques. L’« Office of Science and Technology » (OST) a annoncé le doublement de son budget « Sciences et Société » qui passera de 4,25 millions de livres (environ 6,4 millions d’euros) en 2005-06 à 9 millions de livres (environ 13,5 millions d’euros) en 2006-07.
La quasi-majorité des organismes publics et privés participent à la diffusion de la culture scientifique, qu’il s’agisse de leur mission principale comme « The BA » ou d’une part importante de leur mission comme la RS ou les « Research Councils » (RC, conseils de recherche). L’OST actualise régulièrement un annuaire, « Science Connections », répertoriant les différents organismes impliqués dans la communication scientifique au Royaume-Uni et leurs activités d’engagement avec le public. En 2003, la 5ème édition répertoriait environ 60 organismes, allant des RC aux associations caritatives et fondations (« charities »), en passant par les musées ou encore les sociétés savantes.
2.1 L’Office for Science and Technology (OST, www.ost.gov.uk)
Depuis 1995 sous la tutelle du ministère du commerce et de l’industrie (« Department for Trade and Industry », DTI), l’OST est en charge d’établir les politiques gouvernementales pour la science et la technologie et d’en assurer l’application. Depuis 1994, une petite équipe s’occupe du programme « Public Understanding of Science, Engineering and Technology » (PUSET). Avec un budget de 1,25 million de livres (environ 2 millions d’euros), le PUSET cherche, par l’accroissement du niveau général des connaissances scientifiques, à développer la compréhension mutuelle entre le secteur scientifique et le public et vise notamment à faire prendre conscience au public de l’importance des « Science, Engineering and Technology ». Parmi les activités de l’équipe PUSET, on peut noter :
2.2 Les « Research Councils »
Les RC, au nombre de huit, financent et coordonnent la recherche publique britannique dans leur domaine de compétence propre. Tous sont impliqués dans le programme « PUS » avec des actions telles que « Researchers in Residence » ou les « Nuffield Sciences Bursaries » et subventionnent un certain nombre de manifestations auxquelles ils participent organisées par « The BA » et la RS (notamment la semaine nationale de la science). Enfin, chacun met à disposition du public (et en particulier du public scolaire, élèves et professeurs) des éléments de vulgarisation scientifique, par l’intermédiaire de brochures ou de leurs sites Internet.
Parmi les actions communes des RC, notons en particulier :
L’« Engineering and Physical Sciences Research Council » (EPSRC, www.epsrc.ac.uk)
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Spécialisé dans la recherche fondamentale et appliquée de l’ingénierie, de la chimie, de la physique et des mathématiques, l’EPSRC a mis en place un programme de deux ans (« Public Engagement Programme Business Plan », 2004-2006) visant à améliorer la compréhension du public sur les avancées et les objectifs de l’ingénierie et de la recherche en sciences physiques, à souligner les bénéfices pour la société des résultats de recherche en matière de formation, de connaissance et d’expertise, à présenter la créativité de la recherche au public et à récompenser l’excellence de l’enseignement de la science. Parmi les initiatives proposées par l’EPSRC, on peut noter :
Le Medical Research Council (MRC, www.mrc.ac.uk)
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Équivalent de l’Inserm, le MRC finance la recherche biomédicale. Depuis 2000, « The Advisory Group on Public Involvement » (AGPI) est chargé de conseiller le MRC sur la meilleure stratégie à mettre en place pour améliorer l’implication des citoyens dans ses activités. Les initiatives établies par le MRC pour accroître la diffusion de la culture scientifique incluent l’organisation de conférences ouvertes au public, le soutien de projets destinés à favoriser les échanges entre scientifiques et écoliers et lycéens et à développer des ressources pédagogiques. Parmi les initiatives, on peut noter :
Le Natural Environment Research Council (NERC, www.nerc.ac.uk)
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Le NERC, dédié à l’étude de la terre et de l’environnement, coordonne un programme interne, « Science Insight », qui propose diverses activités allant de l’organisation d’évènements au travail auprès des écoles, en passant par l’interaction avec les centres de médias. Seul ou en collaboration avec d’autres organismes, le NERC propose :
Le Biotechnology and Biological Science Research Council (BBSRC, www.bbsrc.ac.uk)

Le BBSRC, qui finance la recherche dans le domaine des sciences biologiques, a annoncé le doublement de son budget alloué à la communication de la science et à l’engagement avec le public d’ici 2008. Les initiatives du BBSRC sont d’autant plus importantes qu’il s’agit souvent de sujets sensibles comme l’usage des technologies de modification génétique ou le contrôle de la sécurité alimentaire. À travers son programme « Science in Society », le BBSRC encourage le débat public autour des implications et applications potentielles de la recherche dans les biosciences et les biotechnologies par les moyens suivants :
Particle Physics and Astronomy Research Council (PPARC, www.pparc.ac.uk)
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Le PPARC est l’agence d’investissement stratégique en sciences de l’espace, physique des particules, astronomie et cosmologie. Le PPARC permet aux chercheurs du monde entier d’accéder à ses installations, et participe au financement de grands équipements européens ou internationaux tels que l’ASE (Agence Spatiale Européenne), le CERN (Centre Européen de la Recherche Nucléaire) et l’OSE (Observatoire d’Europe du Sud). Le Programme « Science and Society », comme pour les autres RC, vise à promouvoir la compréhension, l’appréciation et l’attention du public et des jeunes pour les sciences de l’espace et de l’astronomie. Les 11-16 ans sont particulièrement ciblés. Le PPARC travaille en étroite relation avec les scientifiques, les médias, les enseignants et les élèves et également avec les musées et centres d’exposition. Parmi les initiatives mises en place par le PPARC pour mener à bien sa mission de diffusion de la culture scientifique, citons entre autres :
Le Council for the Central Laboratory of the Research Councils (CCLRC, www.cclrc.ac.uk)
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Le CCLRC représente l’organisme de recherche multidisciplinaire le plus grand d’Europe. Il dirige plusieurs projets internationaux avec notamment le CERN et l’ASE et coordonne trois grands laboratoires de recherche d’envergure internationale, le « Rutherford Appleton Laboratory », le « Daresbury Laboratory » et le « Chilbolton Facility ». Il bénéficie également de ses propres installations et équipements de pointe, accessibles aux chercheurs académiques, aux industriels britanniques et internationaux, permettant de générer une large expertise scientifique et technique. Le CCLRC dirige un programme d’engagement public comprenant de nombreuses activités telles que conférences, expositions, visites de classes, parmi lesquelles on peut noter en particulier :
L’« Economic and Social Research Council » (ESRC, www.esrc.ac.uk)

L’ESRC finance les sciences économiques et sociales. Le programme « Science in Society » vise à la fois à rendre compte et à améliorer les relations entre la science et la société, à promouvoir la diffusion de la culture scientifique et à encourager les débats publics sur les développements scientifiques et techniques. Plusieurs types d’action sont mis en oeuvre :
L’« Arts and Humanities Research Council » (AHRC, www.ahrc.ac.uk)
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L’AHRC est le dernier-né des RC, il finance la recherche en histoire, philosophie, littérature anglaise, religion, archéologie, linguistique, médias, arts plastiques et visuels, danse, musique. L’AHRC s’occupe, depuis son entrée parmi les RC en mai 2005, d’établir une stratégie de communication scientifique et de diffusion de la culture scientifique dans les domaines qui lui sont propres.
2.3 La British Association for the Advancement of Science (The BA, www.the-ba.net/the-ba)

Fondée en 1831, l’association a pour mission de présenter au public les avancées de la recherche et de susciter les débats concernant l’impact des découvertes sur la vie quotidienne. Avec un budget annuel de 2,7 millions de livres (environ 4,1 millions d’euros), « The BA » est la principale organisation de communication scientifique au Royaume-Uni. Plusieurs types d’initiatives existent, parmi elles :
2.4 La Royal Society (RS, www.royalsoc.ac.uk)
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Fondée en 1660, la Royal Society, comptant plus de 1100 membres, est l’Académie des Sciences au Royaume-Uni et la plus ancienne Académie scientifique existante au monde. Elle est dédiée au soutien de la recherche scientifique d’excellence et joue un rôle de conseil en matière de politique et d’éducation scientifique en Grande-Bretagne. La RS est engagée dans la communication des sciences auprès du grand public grâce à l’organisation de multiples évènements et à diverses publications. Son programme « Science and Society » a pour but de restaurer la confiance du public envers la science, trouver et développer de nouvelles méthodes de communication avec le public, s’assurer que les opinions du public soient écoutées au moment des discussions sur la politique scientifique. Plusieurs types d’actions sont proposés :
2.5 La Royal Intitution of Great Britain (Ri, www.rigb.org)
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La Royal Institution, créée il y a plus de 200 ans, est à la fois un organisme de recherche, et un organisme de promotion de la science auprès du grand public visant à une plus grande compréhension et une meilleure appréciation de celle-ci. Financée par des dons et des souscriptions, elle fonctionne sur la base du volontariat. Elle organise chaque année plus d’une centaine d’événements publics (conférences, débats, etc…) couvrant tous les champs scientifiques. Elle propose également des programmes d’actions scolaires visant à compléter l’éducation scientifique des jeunes, notamment le programme « Science Inside Out ».
Mais son événement le plus célèbre est sans aucun doute celui des « Christmas lectures », inaugurées dès 1826 et diffusées depuis 25 ans à la télévision. Chaque année, un sujet scientifique y est vulgarisé auprès d’un public de jeunes au cours de trois soirées consécutives. Enfin, la Ri a fondé le « Science Media Centre », un centre d’informations scientifiques dédié aux journalistes pour les assister dans la recherche d’informations et les aider à rencontrer leurs interlocuteurs, lorsque des sujets scientifiques sont sous le feu de l’actualité.
2.6 La Royal Academy of Engineering (RAEng, www.raeng.org.uk)

La « Royal Academy of Engineering », seule organisation d’ingénierie financée de manière publique, a été fondée en 1976 à l’initiative du Duc d’Édimbourg, et a pour objectif d’encourager et maintenir l’excellence dans le domaine de l’ingénierie afin de promouvoir la science, l’art et la pratique de l’ingénierie auprès du grand public. L’interdisciplinarité des membres de l’Académie (au nombre de 1 200) permet de représenter l’ensemble des activités d’ingénierie existant au Royaume-Uni.
L’Académie propose un large programme d’évènements généralement ouverts au grand public sous forme de séminaires, de conférences ou de cours (dans le cadre de l’Université d’été) et publie la revue « Ingenia », contenant des articles d’actualités destinés aussi bien à des experts que des non-experts. Parmi la multitude de prix distribués aux chercheurs en récompense de leur travail, citons ici :
2.7 « La Royal Society d’Édimbourg »(RSE,www.royalsoced.org.uk)
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Originellementfondéeen1783parAdam Smith, la RSE est l’Académie des Sciences et Lettres d’Écosse, un organisme indépendant voué, comme sa sœur la « Royal Society », à la diffusion du savoir scientifique et au rôle de conseil auprès du gouvernement et du parlement écossais. La RSE organise des conférences et des séminaires destinés à la fois à des spécialistes et au grand public. Elle est également active auprès des jeunes, notamment dans les écoles écossaises où elle propose un large programme de conférences et d’ateliers d’expérimentations manuelles pour les élèves du primaire et du secondaire. Elle soutient aussi un programme de bourses destiné aux chercheurs émérites et aux entrepreneurs pour promouvoir la science, les inventions et leur commercialisation. La RSE possède plusieurs publications dont « Transactions - Earth Sciences », un bisannuel sur les sciences de la vie, « Proceedings in Mathematics et Proceedings in Biological Sciences », des bimestriels sur l’univers des mathématiques et leurs applications et sur les sciences biologiques.
2.8 La Foundation for Science and Technology (FST, www.foundation.org.uk)
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La Fondation pour la Science et la Technologie a été créee à la fin des années 1970 pour promouvoir et développer les sciences et techniques et apporter une meilleure efficacité dans l’industrie au Royaume-Uni. À travers une vingtaine de dîners-discussions et d’ateliers de travail organisés chaque année, elle représente une plateforme de discussion neutre concernant les sujets politiques et les opinions embrassant la science. La FST offre également des services d’information à plus de 750 organisations et sociétés, les sujets abordés étant généralement calqués sur les grands débats menés en parallèle au Parlement.
2.9 Le Wellcome Trust (WT, www.wellcome.ac.uk)
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Le Wellcome Trust (WT) est la plus importante fondation mondiale finançant la recherche biomédicale. Une grande partie de sa mission de fondation comporte également la promotion de la connaissance des sciences biomédicales auprès du grand public afin de stimuler le dialogue entre la science et la société. Il finance un large programme d’engagement avec le public et utilise divers supports pour délivrer l’information. Le WT estime qu’il touche plus de 5 millions d’individus chaque année, à travers les « ressources bibliothèque et médiathèque », les publications variées, le site Internet, et les conférences-débats organisées. Suite à la volonté du fondateur M. Wellcome, le WT a également un budget consacré à l’histoire des sciences. Parmi les actions menées par le WT, on peut noter :
Par ailleurs, le WT subventionne plusieurs centres ou musées régionaux sur les sciences, tels Londres, Manchester, Dundee, Bristol, Glasgow, Birmingham ou encore Newcastle. La fondation a également subventionné la reconstruction d’un certain nombre de musées ou de salles d’expositions à travers le Royaume-Uni : « Hunterian museum » du « Royal College » de Londres ; « Roundhouse » de Londres ; « Wellcome Wolfson Building » à Londres qui abrite la « British Association », le « Dana Centre » et une partie du Musée des Sciences.
À travers l’ensemble des activités proposées, seul ou en collaboration avec d’autres organismes, le Wellcome Trust estime atteindre annuellement près de 19 millions de personnes au Royaume-Uni.
2.10 « L’Association for Science Education » (ASE, www.ase.org.uk)
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L’« Association for Science Education » est l’association professionnelle non gouvernementale des enseignements en sciences. Elle a pour rôle la promotion, l’aide et le développement de l’enseignement des sciences, depuis l’école primaire jusqu’à l’enseignement supérieur. Elle représente une plateforme de ressources pédagogiques pour les enseignants (matériels, idées de projets pédagogiques) et organise des séries de conférences sur l’éducation des sciences à l’école. Elle est impliquée dans de nombreux projets dont on peut citer quelques exemples :
2.11 Le National Endowment for Science, Technology and Arts (NESTA, www.nesta.org.uk)

Le NESTA est une fondation créée en 1998 par « The Act of Parliament », et financée par la Loterie Nationale à hauteur de 200 millions de livres (environ 300 millions d’euros) donnés en 1998 et 250 millions supplémentaires en 2003. Son but est d’encourager les jeunes talents dans le domaine des sciences, des technologies et de l’art. Elle a également un rôle de promotion de la science auprès du grand public et participe, à ce titre, à diverses manifestations. Elle a eu notamment la charge d’organiser l’« Année de la Science », un projet initié par le « Department for Education and Skills » (DfES) en 2002. Le projet a continué sous la forme d’un site Internet baptisé « PlanetScience », pour l’éducation et l’information des enfants, de leurs parents et des enseignants (www.planet-science.com).
Le « NESTA Futurelab » est également un lieu dédié à l’éducation et à l’apprentissage par l’intermédiaire des nouvelles technologies de l’innovation.
2.12 Le Dana Centre (www.danacentre.org.uk)
Le Dana Centre est né fin 2003 de la collaboration de « The BA », du Musée des Sciences de Londres et de la « European Dana Centre for the Brain ». Il s’agit d’un centre innovant destiné au public pour débattre du vaste univers des sciences contemporaines, des technologies et de la culture scientifique et de leur impact sur la société.
Le Dana Centre emploie des méthodes créatives et audacieuses pour inspirer le dialogue, mêlant le meilleur de la science avec l’art, le spectacle et le multimédia pour provoquer l’échange entre les scientifiques invités au débat et le public. La majorité des débats sont retransmis en ligne pour permettre aux internautes de réagir.
2.13 Les Universités britanniques
Toutes participent plus ou moins aux activités organisées par « The BA » et aux programmes de communication avec le public mis en place par les conseils de recherche.
2.14 Les Centres de Sciences Britanniques
Les Centres de Sciences britanniques sont des centres locaux qui proposent des expositions ou des conférences à destination du grand public et des jeunes. Il en existe une quarantaine, répartis dans tout le Royaume-Uni. La liste complète de ces centres et de leurs activités sont disponibles sur le site de Science Worlds (www.scienceworlds.co.uk/home.asp), financé par le NESTA, la commission du Millenium, le WT et « The BA ».
La communication de la science à destination du grand public est de plus en plus intense, en accord avec le programme du gouvernement visant à permettre au public d’interagir davantage avec les scientifiques. Quatre évènements annuels sont particulièrement remarquables : le Festival International de la Science d’Édimbourg, l’exposition de la RS, le Festival de la Science de « The BA » et la semaine nationale de la science. Mais depuis 2000, de nombreux autres festivals de la science organisés localement prennent de l’ampleur : Cheltenham, Cambridge ou Wrexham. L’OST est chargé de surveiller et d’évaluer l’ensemble des festivals de sciences ayant lieu sur le territoire britannique.
3.1 Les Festivals de Science
Les Festivals de Science représentent un moyen efficace de communication scientifique auprès du grand public. Par définition, il s’agit d’évènements éphémères organisés dans des lieux neutres comme des parcs, des musées ou des salles d’exposition communales qui offrent au public des plateformes d’échange. Les objectifs affichés sont de promouvoir les sciences et techniques, susciter la curiosité chez les enfants et faire évoluer les sujets scientifiques dans un environnement stimulant, accessible et amusant. Les Festivals de sciences ont une influence grandissante sur l’économie locale et permettent d’apporter un second souffle à certaines régions.
Historiquement, les festivals de sciences britanniques remontent à l’époque Victorienne, où des lectures publiques sur des sujets scientifiques étaient données. A partir de 1831, « The BA » a organisé un rendez-vous annuel où les meilleurs scientifiques de chaque discipline venaient présenter les dernières découvertes au public. À cette occasion, des présentations historiques ont eu lieu telle que la première transmission radio par Oliver Lodge en 1896 !
La majorité des autres festivals des sciences, actuellement au nombre d’une quinzaine, sont nés au cours des vingt dernières années, confirmant ainsi l’importance du mouvement de « Public Understanding of Science » proposé dans le rapport de Bodmer en 1986. Parmi les plus importants, notons en particulier Cambridge, Cheltenham, Oxford, Newcastle, York, Londonderry, Aberdeen, Caithness, Édimbourg, Moray, Shetland, Wrexham. Ils ont tous des tailles et des notoriétés différentes et sont le plus souvent coordonnés par plusieurs acteurs à la fois (par exemple institutions académiques, entreprises locales, municipalités, équipes universitaires ou professionnels de la communication scientifique). Les organisateurs souhaitent généralement engager des évènements très variés pour fédérer une large audience : séminaires, discussions, débats, ateliers expérimentaux, visites guidées dans des laboratoires et journées portes ouvertes de centres de sciences, projections de films scientifiques, ateliers informatiques, déjeuners de travail pour les professionnels.
Organisée par « The BA » depuis 1994, cet événement national célèbre la science et ses applications dans notre quotidien, et favorise la promotion des sciences et techniques auprès du public. La semaine de la science est financée par le gouvernement, via le DTI et l’OST, et de nombreux partenaires localement. Elle touche environ 300 000 visiteurs par an à travers plus de 1 500 manifestations d’importance variable organisées sur tout le territoire.
3.4 Le programme Ecsite-UK (www.ecsite-uk.net/ index.php)

« European Collaborative for Science, Industry and Technology Exhibitions » (Ecsite) est un projet européen de collaboration entre les différents musées et centres scientifiques d’europe. Son objectif est de promouvoir l’attention du public pour les sciences et techniques et de faciliter la coopération entre les différents centres et institutions européennes. Ce réseau permet à ses membres d’échanger des idées grâce à des réunions de partage des connaissances et permet de développer des projets communs de promotion de la science. C’est le cas par exemple de ses sites Internet d’information, développés et rédigés en neuf langues à propos des sciences de la vie (www.bionetonline.org), de la chimie dans notre quotidien (www.chemforlife.org/), ou de différents sujets d’actualité en sciences discutés entre communautés de jeunes (www.zap.eun.org/eun.org2/eun/main_zap.cfm ?lang=fr).
« Ecsite-UK », réseau britannique des centres et musées scientifiques du Royaume-Uni, représente environ 80 institutions aussi variées que des centres scientifiques, et permet le dialogue entre le public et les spécialistes scientifiques. Par ailleurs, « Ecsite-UK » vise à soutenir le développement des musées et centres de sciences et découverte.
Pour faire le point sur l’attitude du public par rapport aux sciences, l’OST commissionne régulièrement un rapport d’enquête auprès de la société britannique de sondage « Market and Opinion Research International » (MORI).
4.1 Opinions générales du publicsur la science
Du dernier rapport intitulé « Science in Society » publié en Mars 2005, il ressort que l’opinion publique générale face aux sciences est généralement positive : 86 % des personnes interrogées pensent que la science est bénéfique à la société et 82 % pensent qu’elle simplifie notre mode de vie. Une image positive de la science transparaît à travers l’association des mots « sciences et progrès » et grâce à la reconnaissance du scientifique , expert d’un domaine donné. De même, les ingénieurs (souvent associés à la construction, la conception et la machinerie) sont perçus comme des personnes très compétentes.
D’après MORI, le public est généralement bien informé des grands sujets scientifiques qui font la Une des médias et/ou qui ont pu susciter une forte demande d’informations comme la polémique sur le vaccin Rougeole-Oreillons-Rubéole, le sujet du clonage ou des « bébés médicaments », ou encore les risques des organismes génétiquement modifiés. Alors que certains sujets tels que les applications reliées à la santé humaine (médicaments, transplantations, chirurgie…) et à l’informatique sont perçus comme généralement bénéfiques pour la société, d’autres comme le clonage, les déchets radioactifs, les ‘bébés médicaments’ et l’alimentation génétiquement modifiée conservent une connotation négative, comme le montrent la figure 1 :

Concernant le rapport entre risques et bénéfices de certains développements scientifiques, l’opinion publique reste fortement perplexe, confirmant une tendance observée depuis cinq ans. C’est le cas notamment pour les OGM, le changement climatique, les déchets radioactifs, les ondes émises par les téléphones mobiles ou encore le clonage.
Enfin, l’enquête révèle que la majorité des personnes interrogées estiment recevoir trop peu d’informations dans les domaines des sciences et techniques, et ce malgré une couverture médiatique grandissante. De plus, le public (81 % des personnes interrogées) souhaiterait être informé et consulté plus en amont des avancées scientifiques pour pouvoir éventuellement intervenir dans les processus de décisions politiques concernant ces sujets scientifiques.
4.2 Sources d’information sur les sciences
La télévision représente la principale source d’information scientifique, suivie de la presse nationale, les magazines, la radio nationale et Internet. Les centres de sciences et les conférences sont les sources d’informations les moins fréquemment cités par les personnes interrogées. Ces centres et conférences semblent plus populaires auprès d’une audience de spécialistes, mêmes s’ils sont connus du public au niveau local. Cette disparité locale/nationale est directement visible dans les activités de « The BA » où 8 % seulement des citoyens britanniques disent avoir entendu parler du Festival des Sciences mais plus de la moitié ont entendu parler de la Semaine nationale de la Science qui propose des activités sur tout le territoire mais organisées de façon locale sur tout le territoire britannique.
Toujours selon cette enquête, les scientifiques, en tant que source d’information ou de conseil, sont cités seulement en troisième position derrière la télévision et le médecin de famille (respectivement 42 %, 28 % et 25 %), même si le public se méfie toutefois du sensationnalisme qui semble être souvent utilisé pour le traitement médiatique des informations scientifiques. Ceci n’est peut-être pas très surprenant si l’on considère que, selon une autre enquête réalisée en mai 2005, 78 % des personnes interrogées sont incapables de nommer un ingénieur ou un scientifique contemporain. Les personnes interrogées font toutefois une distinction entre les scientifiques académiques et ceux travaillant pour le secteur privé ou le gouvernement, pour qui la confiance est moindre.
Pour pallier à ce problème, 79 % des répondants ont estimé que les scientifiques devraient consacrer davantage de temps à débattre des bénéfices et enjeux de leur recherche directement avec le grand public. De son côté, « The BA » estime qu’il est temps d’offrir au grand public un meilleur accès à la connaissance scientifique et une plus grande implication dans la politique des sciences. Il semblerait que les discussions et débats directs avec les scientifiques soient la meilleure méthode pour engager efficacement le public dans les sciences, grâce à une collaboration avec les médias, en particulier la télévision et Internet. D’autre part, « The BA » suggère un engagement du public plus en amont des projets scientifiques, « à un stade précoce du développement des projets et avant qu’ils ne soient engagés dans un processus irréversible », ce qui pourrait éviter de nouvelles erreurs comme celles apparues récemment avec l’ESB ou les OGM.
4.3 La science dans les médias britanniques
Presse généraliste et vulgarisation scientifique
Dans la presse écrite généraliste, le sensationnel, en particulier dans les tabloïds lus par plusieurs millions de britanniques chaque jour, remplace souvent la vérité scientifique au grand désespoir des scientifiques et des politiques. La situation est légèrement meilleure dans les quotidiens plus sérieux (Guardian, Independant, Times) mais n’atteint pas les standards attendus pas les pouvoirs publics et les scientifiques eux-mêmes.
Depuis avril 2002, les pouvoirs publics ont mis en place le « Science Media Centre » avec l’objectif affiché d’améliorer la confiance du public dans la science, à travers la promotion d’une couverture équilibrée, juste et rationnelle des sujets scientifiques controversés. Ce centre s’adresse principalement aux journalistes non-spécialistes et aux rédactions qui ne disposent pas d’un correspondant spécialiste pour les problèmes scientifiques. Il fonctionne comme une salle de rédaction, réagissant à l’actualité scientifique et récoltant différentes opinions scientifiques. Le centre propose aux rédactions une liste d’ experts scientifiques prêts à réagir sur un sujet d’actualité. Outre cette initiative destinée aux médias, le centre s’adresse également à la communauté scientifique en proposant, entre autres, des formations afin d’améliorer la manière dont les scientifiques communiquent avec les médias. Bien qu’indépendant, le centre travaille cependant en partenariat avec la Ri dont il occupe une partie des locaux (www.sciencemediacentre.org).
Presse spécialisée
Certaines revues hebdomadaires proposent un bon niveau de vulgarisation scientifique et technique. « The New Scientist », par exemple, est une revue de très grande qualité qui reprend et explique les progrès de la science. « The Engineer » ou « The Economist » font, quant à eux, autorité dans leurs domaines de compétences respectifs.
Les universités ont mis en place au cours de ces dernières années des bureaux de presse qui diffusent les derniers résultats marquants de la recherche effectuée « intra muros » sous forme de « press release ». Les différentes organisations caritatives qui financent la recherche (Wellcome Trust, Cancer Research UK …), de même que les conseils de recherche ont également adopté cette politique. Leurs sites Internet proposent souvent une section grand public offrant des informations scientifiques.
Enfin, la base d’informations européenne alphagalileo.org sert de centre de presse Internet pour l’actualité des sciences, de la médecine et des technologies. Son objectif est de mettre en valeur les progrès de la recherche européenne tant en Europe qu’au delà de ses frontières. Des informations spécifiques sur le RU sont mises à jour régulièrement.
L’actualité des sciences à Londres
A l’initiative de l’ASE, la « Nuffield Fundation » et le NESTA, le site Internet www.citiesofscience.co.uk propose un panorama des sciences à Londres ainsi que dans plusieurs grandes villes ou régions d’Angleterre : le Grand Manchester, Liverpool, le Nord-Est, le Sud-Ouest et les Midlands. Pour chacun de ces lieux, le site donne la liste des évènements scientifiques de la ville ouverts au public (colloques, conférences, fêtes), les lieux scientifiquement remarquables dans chaque ville et une présentation des pôles de recherche d’excellence.
4.4 Les Sciences dans le système éducatif britannique
Les Universités et les étudiants britanniques sont au cœur de la vision du Gouvernement. D’après le rapport du DTI « Science Innovation Investment Framework 2004-2014 », un nombre suffisant de diplomés en « Science, Technology, Engineering and Mathematics » (STEM) est essentiel pour la bonne santé de l’économie et pour répondre à l’ambition du pays d’augmenter le rayonnement de la R&D britannique. Ainsi, il est nécessaire de mettre l’accent sur les STEM pour augmenter le nombre d’étudiants dans ces disciplines et renforcer :
Les gouvernements britanniques successifs estiment que l’économie britannique sera renforcée par une société basée sur la connaissance et par la prospérité du secteur des sciences et techniques. Ce dossier spécial aura permis de constater la forte volonté politique des pouvoirs publics britanniques de rendre la science et la technique accessibles et compréhensibles au plus grand nombre. La mise en application de cette volonté politique a ainsi menée les scientifiques et politiques à répondre de façon pro-active aux priorités et besoins du public afin non seulement de renforcer la confiance de celui-ci quant aux bénéfices apportés par la recherche, mais également de promouvoir l’attractivité des carrières scientifiques. L’augmentation régulière des budgets des organismes publics et une révision des méthodes de communication de la culture scientifique, aujourd’hui basées sur des échanges bilatéraux entre les scientifiques et le public, ont ainsi changé le comportement d’une grande majorité de la population qui souhaiterait être informée et consultée plus en amont des avancées scientifiques, afin éventuellement d’intervenir dans les processus de décisions politiques concernant ces sujets scientifiques. Il semble donc que les changements stratégiques proposés et mis en place il y a près de vingt ans à la suite du rapport Bodmer sur la diffusion de la culture scientifique aient amorcé un « révolution de velours » en matière de relation et de communication entre les scientifiques, les politiques et le public. Ce phénomène ne pourra que s’amplifier si l’on considère que les avancées scientifiques et techniques s’accompagnent aujourd’hui le plus souvent de questions éthiques majeures tant pour l’être humain que son environnement.
Ce dossier spécial est dérivé du rapport du même titre rédigé par Caroline Bourganel (Université Paris VII) dans le cadre de son stage de son stage de DESS de Communication Scientifique au sein du Service Science et Technologie.
Sources : Bodmer, W. The public Understanding of Science. Royal Society, 1985 ; Research Council UK, www.rcuk.ac.uk ; MORI, Science in Society : Findings from qualitative and quantitative research, www.mori.com/polls/2004/pdflost.pdf ; Office of Science and Technology, OST, UK Science festivals : PEST or not ?, www.the-ba.net/NR/rdonlyres/1B7E3D24-6178-4747-AD3F-ED4324D9BA5E/0/OSTreport.pdf