Découverte de la structure tridimensionnelle du virus immunodéficient humain (VIH)

La structure du virus immunodéficient humain (VIH) a finalement été exposée par des chercheurs basés à l’Université d’Oxford et travaillant en collaboration avec deux équipes allemandes de Heidelberg et Munich. Les chercheurs du centre pour la génétique humaine du Wellcome Trust, situé à Oxford, ont utilisé une technique de cryo-tomographie électronique permettant d’observer la structure en détails. Cette technique avait été utilisée dans le passé pour d’autres études, mais cette tentative est la première décrivant la structure 3D de ce virus. Grâce à cette technique, ils ont pu acquérir un grand nombre d’images d’entités virales avec des centaines d’angles différents, avant de recombiner, par ordinateur, toutes les images enregistrées permettant de déterminer la structure 3D.

La particule du VIH, comme toute particule virale, n’est pas une cellule mais correspond davantage à des brins de matériel génétique enrobés dans une protéine. Ils pénètrent dans une cellule vivante et utilisent la machinerie génétique de la cellule à leur propre compte pour se diviser. D’une taille environ 60 fois plus petite qu’un globule rouge, le VIH possède une caractéristique inhabituelle pour un virus en ce qu’il présente une grande variabilité dans sa taille et sa conformation. De fait, les techniques classiques de microscopie électronique ou de rayons-X n’apportent souvent que des images de mauvaise qualité, expliquant le « retard » dans la découverte de sa structure tridimensionnelle. Il est connu depuis longtemps que le virus VIH est particulièrement robuste pour contrer les composés anti-viraux (naturels ou non) auxquels il est confronté, et la variabilité de sa taille et de sa forme joue certainement un rôle important dans cette résistance. Ce virus, responsable du SIDA, touche aujourd’hui plus de 40 millions de personnes à travers le monde.

Une question majeure restait cependant en suspens : par quel mécanisme le VIH peut-il changer de conformation et de taille sans pour autant modifier sa structure indispensable et cruciale lui permettant de conserver sa virulence ? La découverte de la structure tridimensionnelle aura permis de lever le voile sur cette énigme. En lieu et place d’un noyau central, contrôlant la croissance et le développement chez d’autres virus, la membrane interne du virus VIH guiderait la croissance du noyau central, le poussant à poursuivre son propre développement jusqu’à ce qu’ils entrent en contact. Ce mécanisme permettrait ainsi de conserver les parties importantes de la structure inaltérées alors même que la taille globale du virus augmente.

Selon le professeur Fuller, le mécanisme nouvellement décrit permet une grande flexibilité dans la croissance du virus et sa connaissance devrait permettre d’améliorer la compréhension du fonctionnement de ce pathogène afin, un jour, de développer des thérapies plus efficaces.

Source : Oxford University, News, 23/01/06, www.ox.ac.uk


Auteur : Dr Claire Mouchot

publié le 17/11/2008

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