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Conférence sur le rayonnement synchrotron

Une partie des journalistes scientifiques présents à Londres pour la 6e conférence mondiale de leur profession se sont rendus le 2 juillet au soir à une conférence sur le rayonnement synchrotron. Etaient également présent des membres du London Science Diplomatic Club ainsi que des équipes travaillant sur les synchrotrons du monde entier. L’évènement, co-organisé par l’équipe du synchrotron britannique DIAMOND et par le Service Science et Technologie de l’Ambassade de France au Royaume-Uni, a réuni une quarantaine de personnes dans les locaux de l’Institut Français, à South Kensington. Les synchrotrons sont de grands instruments circulaires pouvant générer un rayonnement électromagnétique extrêmement brillant couvrant tout le spectre, de l’infrarouge lointain aux rayons X, en passant par les longueurs d’onde visibles pour l’œil humain. Animée par Serge Plattard, conseiller scientifique de l’Ambassade de France, la conférence a permis de découvrir les applications possibles du rayonnement grâce aux interventions de trois spécialistes.

Michel Van Der Rest, directeur général du synchrotron français SOLEIL a tout d’abord fait quelques rappels historiques et techniques au sujet des prouesses technologiques que sont les synchrotrons de troisième génération. Il a ensuite présenté différentes expériences ayant eu lieu au cours de l’année, comme l’obtention d’un microscope optique performant permettant de différentier les molécules du vivant, la découverte de la structure fine d’un violon stradivarius, ou le suivi précis du comportement d’une batterie de voiture électrique. A sa suite, Ralf H. Menk a étudié le problème du suivi de cellules marquées dans le cadre de l’imagerie médicale de haute précision, et comment cette technologie a pu être mise en place grâce au Synchrotron Elettra de Trieste (Italie). L’enjeu est ici de savoir ce qu’il advient de cellules de l’organisme, par exemple des cellules-souches introduites dans un but thérapeutique, ou encore une tumeur cancéreuse. La technique repose sur le suivi de la migration de nanoparticules d’or, sans danger pour la santé, introduites dans les cellules en question, et repérables grâce aux rayonnements synchrotron.

Enfin Peter Sanderson a montré comment le synchrotron DIAMOND établi dans l’Oxfordshire, en coopérant avec SOLEIL, avait pu faire progresser la compréhension des mécanismes de lutte contre la bactérie pathogène Streptococcus Pneumoniae. Ce micro-organisme peut provoquer chez l’homme pneumonies, otites et méningites. Les bactéries peuvent être combattues avec une molécule appelée quinolone, mais elles y sont devenues résistantes. La quinolone agit sur l’ADN bactérien en modifiant les effets d’une enzyme (la topoisomérase) qui contrôle la structure 3D des molécules d’ADN bactérien. L’analyse de cristaux constitués de complexes ADN-topoisomérase-quinolone par le rayonnement synchrotron a permis de comprendre précisément le mode d’action de la quinolone, et de pouvoir ainsi faciliter la création de nouveaux médicaments fonctionnant sur le même principe.

Ces exposés ont permis de mettre en valeur le grand intérêt que peuvent avoir les synchrotrons, notamment pour la biologie. Le Prof. Van Der Rest lors de la séance de questions-réponses a opportunément rappelé que les équipes travaillant sur les synchrotrons sont en « coopétition » : chacun désire bien-sûr s’assurer un leadership, mais les réseaux des communautés d’utilisateurs et des producteurs de faisceaux sont très développés, permettant aux équipes de s’entraider, de progresser, et de s’apercevoir que même si elles utilisent la même technique, chacune se spécialise naturellement dans une voie qui lui est propre.