london_paris_panoramic Français English

» Actualités scientifiques et technologiques » Au Royaume-Uni » Articles » Sciences de l’ingénieur » Archives » Transport » > Conduite avancée de poids lourds - mai 2006

> Conduite avancée de poids lourds - mai 2006

L’Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC) a donné plus de 500 000 livres (environ 734 000 euros) au Cambridge Vehicule Dynamics Consortium (CVDC) pour le développement d’une technologie avancée de conduite de camion. Le CVDC a pour but de créer des camions plus sûrs, plus efficaces et moins polluants. Les compagnies impliquées dans ce consortium sont Arvin Meritor, Bridgestone, Cacon, Denby Transport, Firestone, Fluid Power design, FM Engineering, Fruehauf, Haldex, Mekatronika Systems, MIRA, Qinetiq, Shell UK, Tinsley Bridge et Volvo Trucks.

Sur les routes européennes et britanniques, les gros véhicules sont difficilement manoeuvrables dans les virages serrés et les intersections étroites. Ainsi les transporteurs conduisent des camions plus petits que ceux utilisés aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. Comme ils sont plus petits, il en faut plus, ce qui augmente le trafic routier et, donc, la consommation d’essence et les émissions de CO2. Le but de cette recherche est de permettre aux longs véhicules d’être facilement manoeuvrables sur les routes européennes.

Une première solution envisagée était le « passive steering » (conduite passive) à faible vitesse qui consiste à relier de manière mécanique ou hydraulique le système de direction avant aux roues arrières, permettant ainsi de meilleures trajectoires. Cependant, cela modifie le mouvement de la semi-remorque de façon assez violente, rendant le camion dangereux pour les autres véhicules. De plus, sa stabilité à grande vitesse est réduite : il faut prévoir un système de blocage de direction à l’arrière, ce qui modifie fortement le comportement du camion lorsqu’il est enclenché.

La solution étudiée par le CVDC est le « active multi-axle steering » (conduite active à multi essieux directeurs). Dans cette configuration, tous les essieux des roues arrières sont directeurs, ce qui permet de réduire la trajectoire lors des virages, le mouvement de l’arrière du véhicule et l’usure des pneus. Un prototype est déjà en fonctionnement pour une campagne de test. Les trois essieux arrières du semi-remorque sont indépendants, activés hydrauliquement et contrôlés électroniquement. En cas de problème, les essieux sont bloqués automatiquement. Ce prototype possède une centrale hydraulique alimentée par le tracteur et des capteurs d’angle de conduite et de vitesse sur les roues. Il y a des freins à disque sur chaque essieu, permettant un freinage différent sur chaque roue. Les tests critiques sont effectués à l’aide d’un robot développé par Anthony Best Dynamics. Ce robot est équipé d’un système GPS provenant d’Oxford Technical Solutions et a une précision de déplacement de 2 cm.

JPEG - 10.3 ko
Crédit : CVDC

Les efforts du CVDC se concentrent maintenant sur les parties matérielles et logicielles de l’électronique embarqué. Elles sont déterminantes pour la performance et la fiabilité du système mais aussi pour son coût qui doit rester raisonnable.

Parmi les prochaines applications du « active multi-axle steering », il y a notamment les ensembles routiers longs, c’est-à-dire les camions composés d’un tracteur et de deux ou trois semi-remorques, avec plusieurs articulations.

Auteur : Mathieu Daoudi


Sources : The Engineer, press release, 08/05/06, www.theengineer.co.uk ; CVDC, www.cvdc.org