Les fêtes de fin d’année sont propices aux abus en tous genres et donc aux réveils douloureux... La Royal Society of Chemistry démontre à ce sujet sa volonté de rendre la chimie plus proche du grand public en exposant les mécanismes (et les cures potentielles) de la « gueule de bois ». Elle s’appuie en cela sur l’ouvrage rédigé par John Emsley, un de ses membres, et intitulé « Consumer’s Good Chemical Guide ». Selon la société savante, « la chimie du remède est le meilleur moyen d’annuler la chimie de la gueule de bois ».
Quel est le mécanisme de la gueule de bois ? Le corps humain convertit l’alcool qu’il ingère en acétaldéhyde (CH3-CHO). C’est cette molécule qui serait la cause des maux de tête, des nausées voire même des vomissements symptomatiques d’une « gueule de bois ». Celle-ci disparaît lorsque l’acétaldéhyde est lentement converti en produits chimiques moins toxiques (en acétate puis en gaz carbonique et en eau). La Royal Society of Chemistry propose donc les astuces suivantes pour éviter des lendemains douloureux :
boire un verre de lait au préalable : le lait ralentit l’absorption de l’alcool ce qui réduit par conséquent la quantité d’acétaldéhyde dans le corps ;
se « contenter » de gin and tonic ou de vodka : le gin est purifié deux fois par distillation et sa concentration en méthanol est peu élevée, ce qui est également le cas de la vodka ; il convient également d’éviter les breuvages de couleur sombre qui contiennent des composés chimiques naturels dont l’effet peut être désastreux ;
boire régulièrement une boisson sans alcool : l’alcool accroît les pertes hydriques et la déshydratation augmente les effets de la « gueule de bois ». Il convient donc de modérer sa consommation d’alcool et de boire de temps en temps une boisson sans alcool ;
boire un grand verre d’eau avant le coucher et ceci également afin de combattre la déshydratation.
Malgré toutes ces précautions, il est possible que la « gueule de bois » se produise tout de même !
Selon l’auteur, le temps constitue le seul remède car il faut attendre l’élimination de l’acétaldéhyde. Toutefois, il est possible d’accélérer cette élimination en absorbant des fluides. Le meilleur petit déjeuner serait alors constitué de toasts au miel (ou à la mélasse) qui fournissent au corps le sodium et le potassium (afin de remplacer les électrolytes perdus) et aussi le fructose (qui accélère la dégradation de l’alcool) dont il a besoin...
Sources : The Royal Society Chemistry, 21/12/06 ; Dr John Emsley
Auteur : Dr Anne Prost