
Londres, 12 novembre 2011
Le 12 novembre à l’occasion de la commémoration de l’armistice, signée le 11 novembre 1918, une petite cérémonie présidée par l’ambassadeur Emié a eu lieu sous l’ombre de la statue du Maréchal Foch à Victoria, Londres. Ce fut l’occasion de commémorer les morts de la Grande Guerre, mais aussi de rendre hommage à quelques-uns de nos braves militaires en action aujourd’hui.
Discours prononcé par Monsieur l’ambassadeur Bernard Emié :
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Monsieur le Consul Général,
Mesdames et Messieurs les Conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger, Officiers et sous-officiers, officiers marins, marins, soldats, scouts, Mesdames et Messieurs,
Il est symbolique pour l’Ambassadeur de France au Royaume-Uni de présider la commémoration de l’armistice du 11 Novembre 1918 ici, aux pieds de la statue d’un très grand chef militaire français, le Maréchal Ferdinand Foch. L’Histoire nous rappelle en effet l’Union sacrée qui a rassemblé la France et la Grande Bretagne pendant toute la durée de la « Grande Guerre ». Une fois la paix revenue, Foch commandant en chef des armées alliées a été fait Maréchal de Grande Bretagne. Il fut le premier et restera sans soute le seul Français à recevoir une telle dignité. La dimension et la portée du geste sont à l’aune de cette guerre, la grande Guerre. "Grande", cette guerre le fut par sa démesure. Elle a en effet dépassé toutes celles qui l’ont précédée : en violence, en durée, en extension géographique, en nombre de victimes. Celle qui suivra sera peut-être pire encore car elle introduira la notion de guerre totale et les principes d’anéantissement des peuples et de génocide comme but et moyen de vaincre. Mais avant la Grande Guerre jamais les hommes ne s’étaient entretués sur une telle échelle.
Alors quel soulagement lorsqu’à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de cette année 1918 ont retenti ces quelques notes imposant silence aux armes déchaînées depuis quatre ans. Le monde et nos deux pays sortaient vainqueurs mais exsangues d’un conflit dont nul n’avait pu prévoir ni la durée, ni la violence dans la terrible stérilité de l’enlisement tactique et stratégique d’innombrables armées. Le monde et nos deux pays en retinrent que plus jamais ils n’entreraient en guerre "la fleur au fusil" selon l’expression consacrée.
D’aucuns soutinrent même que la guerre est chose trop terrible pour qu’on la conserve dans le champ des possibles. D’où les utopies de la Société des Nations et du pacte Briand Kellog. D’où les renoncements lors de la remilitarisation de la Ruhr en 1936 puis ceux de la conférence de Münich en 1938. L’histoire a montré tout au long d’un vingtième siècle douloureux et d’une première décennie d’un vingt et unième siècle qui l’est tout autant mais différemment que la guerre reste une donnée à part entière des relations internationales et qu’il y a autant de risques à refuser d’y recourir qu’à en abuser. Ce qu’ont fait récemment nos deux pays en Libye, avec d’autres partenaires, est le résultat d’une prise de conscience par nos démocraties que la Force reste le pendant du Droit. Ce conflit juste en Libye visait à empêcher le massacre d’innocents et à promouvoir nos valeurs et celles de la communauté internationale. Mais pensons aussi, comme hier à l’arc de Triomphe, à ces jeunes gens, morts pour la France, en Afghanistan. Pensons à leurs familles, à leurs enfants, à leurs camarades de combat.
Etre sous l’ombre du Maréchal Foch m’honore et m’émeut. Cela m’honore car cette statue d’un officier Général français fait Maréchal de Grande Bretagne est la preuve éclatante de la grandeur d’âme de ce très grand pays. Cela m’émeut par et pour l’exemple que nous a donné cet homme qui a su conduire nos armées réunies vers la victoire et vers la paix.
Enfin, je remercie tous les participants à cette cérémonie qui se tiennent à mes côtés pour exercer notre devoir de mémoire.
Je salue tout particulièrement nos anciens combattants, comme toujours fidèles au rendez-vous, et je suis heureux que des élèves du Lycée Charles-de-Gaulle soient ici ce matin. Alors que nos derniers poilus nous ont quittés, il est important que les jeunes générations continuent à entretenir le souvenir et le sens des sacrifices de nos combattants et de nos morts et mesurent ce qu’ils doivent, la paix, aux générations qui les ont précédées. Le Président de la République, hier, à Paris a annoncé son souhait que le 11 novembre soit désormais la commémoration de la Grande guerre mais aussi de tous les morts pour la France : Rappelons-nous que depuis 10 ans, 158 soldats sont morts sur des théâtres d’opérations extérieures. Méditons ce message et sachons ensemble et toujours conserver et honorer la
mémoire de ceux qui ont consenti le sacrifice de leur vie pour notre pays./.
Discours de Monsieur l’ambassadeur à l’honneur du Capt. Jérôme Grivelet qui reçoit les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur
Discours de Monsieur l’ambassadeur à l’honneur du Colonel Alain Bayle qui reçoit l’insigne d’Officier dans l’Ordre National du Mérite
Toutes les photos de cette cérémonie sont accessibles sur notre page flickr