La salle du thé et son infusion méticuleuse font partie intégrante du succès d’un laboratoire : lieu d’échange, l’heure du thé est le moment privilégié pour partager les informations. Le eScience project, nommé myTea (‘mon thé’), pourrait révolutionner la méthode de partage des données entre les scientifiques au sein des laboratoires de chimie.
Des chercheurs de l’Ecole d’Electronique et d’Informatique de Southampton et de l’Université de Manchester élaborent actuellement la meilleure architecture d’organisation qui soit adaptée aux besoins d’un environnement de chimie. Ainsi il sera possible de partager en temps réel des données d’expérimentations, de contrôler une expérimentation à distance ou d’accéder à une riche base de données du laboratoire. Inspiré d’autres projets en bioinformatique, il a déjà reçu un fond de 300 000 € de l’EPSRC (Conseil pour la Recherche en Physique et Ingénierie).
Après avoir observé au travail une équipe de chimiste de Southampton, les chercheurs ont eu l’idée d’observer comment ils préparaient le thé pour l’interpréter comme une procédure expérimentale de chimie. Ainsi ils ont pu aisément classifier les aspects importants du processus et ignorer les informations superflues. Maintenant les chimistes n’écriront plus sur le cahier d’expérimentation mais sur un support hardware, une PC tablette par exemple. L’information sera immédiatement transmise à un serveur puis classée pour être consultable par la communauté du laboratoire. Déjà utilisé en bioinformatique, le cahier d’expérience tout numérique pose paradoxalement un problème. Des centaines de fichiers sont créés pour une expérience, ce qui peut rendre parfois délicat le recoupement d’informations ; la gestion de l’information, son classement devient donc un point prépondérant. Se posent également les problèmes liés aux Bonnes Pratiques de Laboratoires, aux procédures opératoires et au cahier de laboratoire comportant le recueil des expériences. Un autre progrès en étroite relation avec IBM est le contrôle à distance de l’expérience. Le software nommé WebSphere MQ permet de paramétrer, de lire et de modifier à distance des capteurs. Ainsi, par exemple, on peut voir la température de sa solution en cours à partir du réseau interne, d’une page internet sécurisée ou même de son smartphone. L’installation d’un Grid, puissante organisation de calcul informatique, comme dans l’Université de Manchester est aussi en projet.
Auteur : Yacine Touati
Sources : www.mytea.ecs.soton.ac.uk & www.smarttea.org & www.mygrid.org.uk