14 juillet 2016 - fête nationale

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Discours du consul général

Dear Lord Provost,
Ladies and Gentlemen,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis et chers compatriotes,

On this, the National Day of France, I hope you will allow me to share with you a few words of gratitude and some reflections and to do so in French and English in turn, following the consistent fashion of Canadian diplomats in international fora.

First of all, I thank you, Lord Provost, for your kind welcome and for the splendid hospitality of the City of Glasgow this evening.

My job as consul general of France in Edinburgh and Glasgow, our ambassador’s representative in Scotland, is twofold : protecting the interests of French nationals, residents and visitors alike, and nurturing co-operation between France and Scotland in every possible dimension.

Friendship is the first bond that comes to mind, very much the foundation stone for every imaginable joint endeavour. And Scotland is a friendly place for the French. Glasgow, its main city and powerhouse, is celebrating the tenth anniversary of its successful twinning with Marseille, and this is the story of a developping friendship.

Friendly relationships help trade and investment. Two of the biggest French investors in Scotland have been kind enough to offer us their generous support for the organization of today’s events. Total has inaugurated last May the Laggan-Tormore gas plant in West Shetlands. It represented the biggest contruction project in the United Kingdom since the London Olympic games, and a £3.5 billion landmark development, a boost to the UK’s economy as well as its energy security.

Air France opened up in March a new daily direct link between the fast developping Glasgow airport, also a partner for tonight’s reception, and the Paris-Charles-de-Gaulle hub, the most powerful air traffic hub in Europe. This service meets the needs of growing business between Scotland and France.

These are only two examples but they are impressive in their dimensions and impacts. Friendship yields concrete fruits in the hearts but also in the lives of people. But if we can be, and are, friends across borders, what do national communities mean and what is the point in celebrating our national community on a day like today ?

Sur ce sujet de ce que signifie la communauté nationale, je voudrais me tourner plus particulièrement dans un premier temps vers vous, mes chers compatriotes. Nous avons en commun, au sens strict du terme, d’abord une nationalité, un passeport, des droits et des devoirs attachés à un pays et à ses institutions, la France.

Cela ne veut pas dire que tous nos amis sont Français, ni même nécessairement que nos intérêts principaux, comme on dit en droit fiscal, sont en France. Mais cela implique qu’une partie de nous-mêmes, de notre bien-être et de notre potentiel, où qu’il se développe, est tributaire du bon fonctionnement de notre société, de notre économie et de notre régime politique, des liens que la France tisse avec ses voisins, de sa place dans le monde.

Lorsqu’après les attentats de novembre 2015, comme après ceux de janvier, les fleurs ont afflué par centaines aux portes de notre consulat à Edimbourg, sous nos drapeaux en berne, l’émotion était immense car c’est tout ce que chacun d’entre nous place dans son rapport intime à son pays qui était ébranlé. On avait l’impression d’être en deuil de la France, comme d’un lieu sûr, d’un certain point fixe du vivre ensemble.

Ce que la France a su démontrer alors et depuis, et face à une menace qui n’a pas faibli un seul instant, c’est que la violence aveugle et les centaines de victimes n’allaient pas nous pousser les uns contre les autres. Contre le réflexe du repli et de la vengeance, celui encore plus vital de la cohésion sociale a été plus fort. On ne l’a pas assez dit mais l’organisation des championnats d’Europe de football qui viennent de s’achever, certes avec la défaite en finale de notre équipe, a constitué un défi à peine croyable pour la France dans la situation sécuritaire dans laquelle elle se trouve.

La cohésion sociale est une force, un trésor que nous devons tous et toujours défendre et travailler à renforcer. Quel signe plus beau, vivant et plein d’espoir que cette Homeless World Cup qui se déroule en ce moment même sur George Square et où les couleurs françaises sont vaillamment défendues par l’équipe féminine qui nous fait l’honneur de sa présence ce soir parmi nous. Chaque destin individuel compte et le souci de l’autre, de tous les autres, le respect, la chaleur humaine, la disponibilité est ce qui nous fait grandir et tenir dans toute communauté, à commencer par la communauté nationale.

A national community is the sum of many bonds but it is essentially the framework where rules are set, where, through institutions, whatever they may be, we feel represented, entitled to a say in our future. I doubt whether anyone would sincerely imagine the return to some state of nature as a positive step. Laws and rules, made legitimate through democratic processes, reduce our individual and collective vulnerability.

The national community thus fundamentally relates us to the rest of the world. It enables interaction. A passport enables us to travel. As much as we need national institutions for individual women and men to thrive and accomplish themselves, our States, nation States or federal States, all depend on the quality of international co-operation, and effective regional and universal organizations, to achieve their potential.

We should be quite grateful to our forefathers that they have transmitted us a history which is not only full of dreadful conflicts but also comprises an international system that acts as a powerful, if not absolutely effective, antidote to war, violence and greed. Although I am a diplomat I don’t want to sound in any way complacent about this system but it is my deepest belief that the world would be terribly worse off without the United Nations, the European Union and other international endeavours to nurture peaceful and virtous relations among nations.

The principle of subsidiarity, as is currently practised within the international system, does not imply adding bureaucratic layers one on top of the other. It is intrinsically sound : it means sharing, reducing complexities and uncertainties, achieving efficiencies, saving time and energy for positive action.

The world needs an organization and the political willingness to make it work. It needs responsible behaviours and commitment. A responsible and engaged actor, that is what France has always wanted to be, throughout its 15 century long history. Even when it collapsed almost totally during Nazi occupation, the Free French, who sought refuge in Great Britain, and Scotland in particular, upheld the honour of the national community and fought to rebuild the world on the basis of peace, justice, human rights and the rule of law.

That same spirit must live on in these our tumultous times. Selfish national communities will achieve no gains. Terrorist and organized crime groups aim at failing national and international institutions, disintegrating societies and disoriented economies. This is the very soil on which they prosper and that we must deny them, everywhere, in Europe, in the United Kingdom and France, just as much as in the Middle East, Central and Northern Africa, and elsewhere on this planet.

Pour notre communauté française d’Ecosse, la nouvelle organisation des services consulaires, avec le rôle pivot désormais dévolu au consulat général de Londres pour tout le pays a suscité des inquiétudes, que les résultats du référendum britannique sur l’appartenance à l’Union européenne ont encore alourdies.

D’un point de vue administratif, cette réforme, qui avait été décidée et annoncée depuis longtemps, qu’il m’a appartenu de mener à bien depuis mon arrivée en septembre dernier et qui est entrée en vigueur au début de ce mois, est le ressac local d’un vaste mouvement d’adaptation. S’adapter, au vu des enjeux globaux que je viens d’évoquer, est loin d’être illégitime, même si humainement, cela a un coût. Je voudrais en ce jour rendre un hommage appuyé à ceux de nos collègues qui ont dû quitter leur emploi et vous ont tous servi avec dévouement et engagement. Ils ont très honorablement représenté la France ici.

L’ensemble de l’administration française au Royaume-Uni travaille main dans la main, sous l’autorité de Madame l’ambassadeur, qui était à Aberdeen il y a quelques semaines, pour développer des services pratiques et adaptés à nos administrés, en tirant le meilleur parti de toutes nos ressources qu’il ne faut pas sous-estimer : téléadministration en plein essor, consulat de Londres, un des tout premiers de notre réseau mondial, en taille comme en performance, et présence active consolidée à Edimbourg.

Les transformations sont autant de défis. Mais je crois, et c’est le premier bilan que je tire après un an à votre service et au service des relations franco-écossaises, que nous entrons dans une phase qui peut être une phase de développement. Compte tenu de l’histoire et de la densité de nos relations, mais encore plus de la qualité des membres de cette communauté que nous formons, de ses talents, de son énergie, qui sont pour moi la raison d’être et le gage de succès de notre action, il me semble que nous avons toutes les raisons d’espérer et de faire en sorte que le choc du 23 juin ne se traduise pas par un recul de notre engagement dans ce pays.

Dans cette perspective, j’ai décidé de mettre en place un conseil économique, comme cela existe auprès de l’ambassadeur à Londres. Il s’agit de renforcer notre réseau et de mieux nous coordonner, entre secteurs privé et public, en s’adaptant aux caractéristiques si riches de nos acteurs économiques : multinationales, PME-PMI, artisans, consultants, experts pour que tous puisse y trouver leur compte et pas seulement moi qui ai tout à apprendre de vous. Pour ce faire j’ai besoin que chacun se signale car il n’existe pas de « registre » des acteurs économiques français à l’étranger comme il existe un registre des Français établis hors de France (auquel il faut aussi s’inscrire d’ailleurs ! en ligne depuis le 15 juin).

De même l’institut français d’Ecosse, à Edimbourg, comme l’Alliance française à Glasgow, se veulent des maisons de la France où vous pouvez vous retrouver, vous rencontrer et construire des projets. C’est le sens de toute notre programmation culturelle. Là aussi il faut penser à s’inscrire en ligne pour recevoir nos lettres d’information et notre programme dont la colonne vertébrale, au fil de l’année, est constituée de rendez-vous ouverts (la série des « parenthèses ») pour, sur une multitude de sujets, prendre conscience de la richesse et de la performance des talents français.

And if the perspective, which is now open, of the United Kingdom abandoning the European Union, is the source of deep worries and will no doubt lead to many reassessments of individual or collective plans, let us be at the forefront of the construction rather than the deconstruction of bonds and institutions. Our friendships and talents qualify us for that vital endeavour. It is better not left to diplomats alone and I find myself in a privileged position, with access to so many people, communities, walks of life and structures, to testify to the strength of that creative spirit of commitment.

And it is also our duty to think about the bilateral relationship as working in both directions. The French who are living, studying and working here today will no doubt inspire more British and Scottish nationals to think about flying this hour-and-a-half-long journey to start something creative and positive somewhere in our country. To begin with, I think it would only be fair if substantially more Scottish students were studying in French universities and colleges in the years to come than is currently the case. I am sure, and we already have many examples bearing witness to it, that the spirit of generous commitment to the community, which prevails here, enhances social justice and cohesion and economic performance whenever it is transplanted on French soil. It is obvious, and I’d like everybody to take this home as my 14th of July message, that the necessary ressources to keep our ties alive and effective across these momentary rifts of doubts and sad interrogations are very much there.

Je vous remercie de votre accueil, de votre soutien et de vos initiatives.

Thank you all for your attention.

Emmanuel Cocher
consul général de France à Edimbourg et Glasgow

Programme de la journée

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publié le 04/11/2016

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