En moins de dix jours, entre fin novembre et début décembre, le gouvernement britannique a fait trois annonces marquant une nouvelle fois sa volonté de soutenir l'innovation dans des domaines où l'industrie est déjà très compétitive et dans d'autres qui s'annoncent prometteurs et dans lesquels le Royaume-Uni pourrait devenir un acteur important.
Ce fut un été particulièrement difficile avec les émeutes à Londres début août ainsi que dans d'autres grandes villes d'Angleterre, la crise des pays de la zone Euro et des banques avec les incertitudes qu'elle génère sur la reprise, la résistance des grandes banques à s'engager dans la réforme structurelle qui leur est demandée, les difficultés rencontrées par les industries de service qui représentent 70% du PIB, une inflation qui atteindra 5% en 2011 et une croissance revue à la baisse, passant de 1,8% à 1,3% cette année. Bref, si la priorité absolue du gouvernement de coalition est bien de réduire les déficits, il reste que l'autre objectif, celui de créer de la richesse pour en distribuer les fruits le plus largement possible, est pour l'instant en panne. Une deuxième récession ne serait plus à écarter pour un nombre croissant d'analystes, toujours sans plan B à l'horizon. Une éclaircie tout de même : le succès de la révolution libyenne annonçant la fin des opérations militaires sur ce théâtre.
La mise en place de la politique du gouvernement de coalition est entrée dans une phase gestionnaire : la consolidation budgétaire reste la priorité absolue alors que la reprise économique reste encore fragile. Les indicateurs demeurent préoccupants : la croissance a été nulle entre octobre 2010 et mars 2011 et ne devrait pas dépasser 1,7 % cette année avec une inflation prévue de 5 %, tandis que le chômage devrait monter à 8,2 % en fin d'année, valeur élevée pour ce pays.
Comme plusieurs pays de l'Union Européenne, le Royaume-Uni a commencé la préparation du programme qui succédera au 7e PCRD pour la période 2014 - 2020. Tradition anglo-saxonne oblige : consulter d'abord des acteurs susceptibles d'être intéressés par ce programme, sous la forme d'un appel national à manifestation d'intérêt (call for evidence) qui s'est déroulé du 13 octobre 2010 au 4 janvier 2011. Les résultats publiés le 1er avril par le BIS (Department for Business, Innovation and Skills - Ministère des entreprises, de l'innovation et des compétences) serviront à préparer le document de position que le gouvernement britannique transmettra à la Commission en mai sur sa vision du futur financement de la recherche et de l'innovation de l'UE.
A l'occasion de la 3e réunion annuelle, en février, de l'association Government Science & Engineering qui regroupe 3.000 scientifiques et ingénieurs fonctionnaires, Sir John Beddington, le conseiller scientifique en chef du Premier Ministre, a dénoncé très sévèrement la mauvaise utilisation des résultats scientifiques faite par les groupes de pression et les journalistes, tendant à discréditer des conclusions fondées sur l'observation des faits.
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